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Mardi 13 mars 2 13 /03 /Mars 15:29

Je n'avais pas encore pris la peine de le préciser dans ces pages mais cela fait un bon moment que j'ai arrêté ce Blog pour en commencer un autre. Le départ forcé d'Allociné et de sa communauté ainsi que la transition assez laborieuse des articles ont achevés de me convaincre de mettre fin à ce Blog, cela faisait longtemps que l'idée me traversait la tête et je ne l'avais pas concrétisé jusqu'à maintenant étant donné l'ancienneté de ce Blog et forcément mon attachement affectif. Je garde tout de même d'excellents souvenirs des articles que j'ai pu partager, des commentaires reçus et des personnes que j'ai pu cotoyer dans ces pages depuis le commencement du Blog lorsque je n'étais encore qu'un jeune adolescent désireux de partager ses passions à travers le net (et oui le temps passe, c'est beau). Vous pourrez donc retrouver tous mes nouveaux articles ainsi que mes autres activités (vidéotests, Casts Elive) à l'adresse suivante:

 

http://pasfaux.com/wp-content/uploads/2011/01/hugh-jackman-the-fountain-572x320.jpg


http://www.gameblog.fr/blogs/leon9000/

 

 

 

A bientôt j'espère!

Par Leon9000 - Communauté : partage
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Mardi 13 décembre 2 13 /12 /Déc 21:07

 

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Shame...voilà un film qui porte bien son nom. La honte est en effet le sentiment le plus régulier de ce long métrage, pas simplement dans la psychologie du héros mais également dans ce que le cinéaste se permet de montrer à l'écran. Les images et les thèmes généralement jugés honteux pour le grand écran sont ici montrées sans pudeur, un choix qui ne laissera d'ailleurs pas indifférent et pourra faire accuser le film de basculer dans un voyeurisme primaire. Ce serait pourtant sous estimer l'intelligence de ce récit qui a l'ingéniosité de ne pas limiter et vulgariser son sujet. Ce film aurait en réalité davantage mérité de s’appeler Pain, en effet la pulsion sexuelle incontrôlable du personnage n'est qu'un départ à une exploration de la souffrance de l'individu moderne.

 

Cette douleur est construite dans une solitude permanente de part l'incapacité du héros à communiquer avec son entourage, sa maladresse pour bâtir une véritable relation humaine, sa frustration et son amertume qui se transforment en colère qu'il rejette sur sa sœur, la seule personne qui se soucie réellement de lui. Cette peinture de la solitude moderne n'est pas sans rappeler celle qui avait été dépeinte autrefois dans Taxi Driver et malheureusement toujours d'actualité (en terme d'interprétation Michael Fassbender n'a d'ailleurs pas à rougir face à un Robert de Niro). Si le récit évite déjà les pièges qui pouvaient facilement arriver avec un thème aussi délicat, il est de surcroit joliment embelli par la réalisation avec une esthétique discrète et efficace (une belle dominance de bleu) et des plans séquences intéressants mettant plus que jamais en valeur le jeu des comédiens.

 

L'addiction sexuelle...Un sujet tellement ouvert à la facilité qu'il est la porte de toutes les dérives. Mais pour traiter sérieusement d'un thème aussi tabou, il fallait un acteur suffisamment talentueux pour ne pas rendre son personnage caricatural, un récit assez intelligent pour se projeter de ce point de départ vers un regard amer sur la solitude et la difficulté des relations humaines, ainsi qu'un réalisateur avec le sang froid nécessaire pour ne pas se faire déborder par le contenu sexuel de son œuvre en oubliant d'en soigner la mise en scène. La chance a sourit à ce film qui possède ces trois qualités. Alors oui Shame dérange, le film aborde son sujet sans prendre de gants mais quand il s'agit de traiter d'un problème aussi intime, cette crudité à priori repoussante permet de crédibiliser un thème si souvent caricaturé. Shame réussit son plus grand pari, à savoir dépasser son cadre sexuel pour plonger le spectateur dans une violence psychologique où la souffrance est condamnée à être vécue dans la solitude.

 

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Par Leon9000 - Publié dans : Films vus en salles - Communauté : Le meilleur du Cinéma
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Lundi 21 novembre 1 21 /11 /Nov 17:22

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Même si l'univers de Star Wars continue à m'émerveiller et que je dois résister de toutes mes forces à l'attrait du côté obscur de The Old Republic, la série animée The Clone Wars m'a depuis longtemps laissé indifférent. Au delà du style visuel qui prête à débat, un mélange assez maladroit entre le style des animés américains et l'esthétique beaucoup plus à la mode des mangas, la première véritable série animée Star Wars aura été une déception par son inégalité et le manque de cohésion de son propos. L'atmosphère de la série n'est jamais clairement définie, alternant un humour enfantin destiné aux plus jeunes avec une violence visuelle et une noirceur surprenantes pour un jeune public. De surcroît, l'intérêt des épisodes varie d'un extrême à l'autre, dans la mesure où la série est constituée d'une succession d'arcs narratifs sans véritables rapports les uns avec les autres, The Clone Wars propose le meilleur comme le pire en terme de qualité, qu'il s'agisse de la mise en scène, de la créativité du design ou de la pertinence des intrigues. Enfin en ayant choisi de prendre comme cadre d'action la Guerre des Clones et surtout de placer les héros des films au premier plan, The Clone Wars est limité par son obligation de respecter l'intrigue des films et n'aura jamais vraiment oser s'émanciper de l'univers originel et développer sa propre personnalité. Du moins jusqu'à aujourd'hui...

 

Alors que la troisième saison avait témoignée d'un essoufflement créatif certain et d'un désintérêt d'une partie des fans, je m'étais moi même écarté de cette série ne suivant son actualité que d'un œil discret et tombant presque par hasard sur le dernier arc narratif de la quatrième saison. Et la réconciliation est venue. Composée pour la première fois de quatre épisodes, l'arc d'Umbara met en scène la difficile conquête d'une planète inconnue par l'armée républicaine. Lorsque le commandant Anakin Skywalker est rappelé sur Coruscant, son bataillon est pris en charge par le général Krell, héros de la Guerre des Clones mais commandant impitoyable et cruel. Au fur et à mesure que le conflit s'intensifie, la tension montre entre les clones et leur commandant Jedi qui rejette leur humanité et ne voit en eux que des pions de guerre.

 

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Inutile de tergiverser, l'arc d'Umbara représente ce que Clone Wars aurait dû être si la série avait osée suivre sa propre voie. Pour la première fois, les scénaristes osent une totale émancipation du modèle cinématographique et offrent de l'originalité au spectateur, le sentiment de surprise et de découverte qui faisait tant défaut à la série est enfin présent. Cela commence dés l'esthétique de la planète qui servira de cadre d'action aux quatre épisodes tranchant avec les planètes habituelles de Star Wars. Avec ses tonalités sombres parsemées de couleurs vives et affichant une nature distordue, ce décor n'aurait pas été déplacé sur des albums d'Heavy Metal. L'armée de clones n'affronte pas ici les droides playmobils issues de la seconde trilogie cinématographique mais une armée inconnue aux capacités imprévisibles. L'atmosphère heroic fantasy omniprésente dans Star Wars y est également renforcée avec le design des véhicules ennemis évoquant des monstres mythologiques.

 

Le départ d'Anakin dés le premier épisode laisse enfin la parole à des personnages inédits, qui outre la nouvelle personnalité qu'ils apportent peuvent également mourir, rendant l'affrontement plus éprouvant. Le conflit assume d'ailleurs sa violence dés le début, il n'est pas question ici d'enfantillages ou d'adoucir les combats, les affrontements s'enchainent à un rythme effréné et surprennent par leur violence visuelle mais surtout morale, la série montrant enfin la lassitude des clones et le caractère impitoyable de la guerre. Les clones formeront d'ailleurs le véritable centre de cet arc qui n'aura pas pour but narratif de montrer la victoire de la République mais de s'intéresser à l'humanité des soldats. En effet, en s'opposant à la volonté de leur commandant Jedi intransigeant, les clones mettent en avant leur personnalité et font valoir pour la première fois leur arbre arbitre. Le propos est magnifiquement illustré dans une scène émouvante où des dizaines de clones retirent leurs masques et se regardent mutuellement comme s'ils découvraient enfin les hommes derrière les soldats.

 

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Bien sûr, cette humanisation des clones est assez incohérente avec le portrait impitoyable dépeint dans les films, il est difficile d'imaginer que ces mêmes hommes qui revendiquent leur identité seront les soldats qui abattront sans hésiter leurs camarades Jedi lors de l'Ordre 66. La démarche permet néanmoins de ressentir une meilleure empathie avec les protagonistes, la série réussissant même un certain tour de force dans la mesure où les héros partagent le même visage et la même voix mais arrivent pourtant à dégager une personnalité et un attachement individuel. Et puisqu'il est question de personnalité, difficile de ne pas mentionner celle du général Krell, personnage crée spécialement pour la série et qui apparaît clairement comme le plus surprenant.

 

La série s'est enfin autorisée à développer une intrigue sur quatre épisodes formant un ensemble cohérent où l'impatience de découvrir la suite est enfin palpable. Visiblement conscient de l'ambition narrative de cet arc, l'équipe d'animation s'est surpassée et a également amenée la série vers une nouvelle maturité visuelle, la mise en scène témoignant d'une inspiration inépuisable. Que dire pour conclure après tant d'éloges ? S'il fallait porter sur cet arc un regard cynique alors la conclusion serait que la guerre d'Umbara témoigne du gachis de The Clone Wars. Même en prenant pour contexte la guerre des Clones avec les limites que le cadre impose, cette série animée aurait pu se révéler beaucoup plus pertinente si elle avait oser mettre en scène un groupe de personnages inédits qui auraient apporter de la nouveauté et une incertitude sur leur sort. En ayant pris la voie de la facilité avec l'exploitation des personnages des films mais également des comics et romans associés à l'univers Star Wars, The Clone Wars s'était limité dans sa créativité dés le départ. Pourtant il est gênant de dénigrer complètement la série quand elle témoigne d'une telle créativité et audace comme ce fut le cas avec cet arc. Faut t-il y voir le signe que l'équipe de Dave Filoni a enfin compris les erreurs du passé ? Ou bien n'était ce qu'un exemple flamboyant de ce que Clone Wars aurait pu donner mais ne signifie pas une amélioration de la série ?

 

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The Clone Wars est de toute façon plus proche de sa conclusion que de son commencement, il est peut être trop tard pour que la série change sur le long terme. Il aura en tout cas été appréciable que la série puisse offrir à Star Wars la qualité que la saga mérite en dépit de ses lacunes quotidiennes. Un spectacle d'un tel niveau, on en redemanderait inlassablement et si vous faites également partis des personnes déçues par cette série animée, accordez lui une seconde chance pour cet arc car il en vaut la peine. Parole de clone.

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Mardi 11 octobre 2 11 /10 /Oct 12:13

 

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Le petit écran fait trembler le grand ! Si la rivalité entre la télévision et le cinéma existe depuis la nuit des temps dans l'histoire cinématographique, elle n'a jamais été autant d'actualité tant les séries télévisées ont rivalisé d'ingéniosité et de créativité durant la dernière décennie pour concurrencer le septième art en terme de popularité mais également de qualité. Et le pari a été réussi. Alors que parallèlement le cinéma Hollywoodien se complaisait dans la stagnation, les programmes télévisuels ont trouvés de plus en plus écho auprès du public de telle sorte qu'il est devenu plus courant d'entendre les gens parler des dernières séries à la mode que des derniers films sortis. Il est inutile de faire un inventaire des séries qui ont le plus marquées le paysage du petit écran durant ces dernières années, ces quelques lignes vont davantage s'intéresser aux modifications générales qu'ont connues les séries télévisées et qui continuent à se développer encore aujourd'hui.

 

 

 

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L'abandon des épisodes individuels

 

 

Durant de nombreuses années, beaucoup de séries ont adoptées un schéma narratif se reposant sur des épisodes individuels. Le concept de base de la série est posé durant les premiers épisodes, par la suite les personnages évolueront dans des intrigues trouvant un début et une conclusion dans l'épisode en entier. Les épisodes n'ont généralement pas de connexion entre eux ni d'intervenants communs hormis les personnages principaux, de ce fait en étant déconnectés ils permettent d'être regarder sans avoir une connaissance totale de la série. L'objectif commercial est bien évidemment de permettre à tous les spectateurs de regarder les épisodes sans qu'ils se sentent perdus pour ne pas avoir suivi la série depuis le début, néanmoins ce procédé limitait clairement la créativité des séries télévisées et l'empêchait même d'exploiter sa principale force : sa longévité. L'exemple le plus évident en la matière est celui des séries policières qui continue à poursuivre encore aujourd'hui le même schéma, néanmoins même une série comme X Files (série emblématique des années 90) était marquée par ce procédé. En effet, sur les 201 épisodes qui composent la série, seuls 75 sont en réalité nécessaires pour la compréhension de la mythologie.

 

Durant la dernière décennie, les séries américaines auront eu l'audace de briser ces chaines et de prendre le risque d'instaurer des intrigues longues se déroulant sur toute une saison. A ce titre, il convient de saluer l'évolution apportée par la série Lost qui a été l'une des premières séries cultes à trouver un compromis en la matière. Chaque épisode est au départ indépendant des autres car il se consacre sur l'histoire d'un protagoniste en particulier, généralement au centre des évènements de l'épisode. Néanmoins en arrière fond, toute une intrigue se développe au fil des épisodes rendant indispensable le visionnage de l'intégralité de la série pour comprendre le mystère qui l'entoure. La série avait d'ailleurs jouée ingénieusement sur l'étrangeté de son univers pour inviter le spectateur à être régulier afin qu'il ne loupe aucune pièce du puzzle qui lui est présenté.

 

 

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24 H Chrono aura poussé le pari encore plus loin avec sa narration basée sur le temps réel et impliquant qu'il n'y ait aucune interruption de l'action entre les épisodes forçant le spectateur à faire preuve de régularité sous peine d'être vite perdu dans l'accumulation rapide des évènements. Ce changement d'orientation aurait pu être un désastre car le spectateur est rapidement laissé de côté s'il n'a pas suivi la série depuis le début, cela aura au contraire permis la libération et l'épanouissement des séries modernes. Il est désormais courant de voir les séries développer une longue intrigue non seulement sur une saison entière mais sur toute la série au global, il est en effet devenu impossible de comprendre la portée d'un récit télévisuel en commençant par une saison avancée.

 

Cette évolution a considérablement changée la manière dont les spectateurs perçoivent les séries, plutôt que de regarder simplement un passe temps hebdomadaire c'est tout un univers familier et qui évolue au fil des ans que côtoie le public. Cela a aussi indirectement changé la façon de suivre les séries, avec ce fil conducteur régulier il est désormais beaucoup plus appréciable pour la compréhension de l'intrigue et de la structure globale d'une série de visionner celle ci à la suite et sans interruption plutôt que quelques épisodes par intervalle où le spectateur a le temps de perdre le fil du récit et d'oublier quelques éléments importants. Ce qui explique que malgré l'engouement général des séries américaines, le piratage et le visionnage en streaming sont toujours bien plus vivaces que la programmation hebdomadaire sur les chaines de télévision.

 

Le changement n'est pas non plus totalement radical, beaucoup de séries continuent encore à perpétrer sur leurs intrigues à long terme des péripéties qui ne durent que le temps d'un épisode. D'autres séries n'ont tout simplement pas franchi le cap à l'image des séries policières, déjà mentionnées, qui se basent toujours sur le même principe (le concept de ses séries s'y prête davantage en même temps). Mais il est par exemple regrettable qu'une série pétrie de qualités commeDr House répète inlassablement un schéma narratif récurrent et se rapproche davantage sur des intrigues épisodiques que celles sur le long terme, ce qui limite sa créativité.

 

 

 

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La fin du rêve américain

 

 

 

L'évolution narrative des séries américaines ne s'est pas simplement portée sur ce changement de rythme mais également dans le ton adopté. Beaucoup de séries marquantes de ces dernières années se font fait remarquer par leur dimension sociale et critique rapprochant également le spectateur de ses propres questionnements sur la société moderne. L'un des exemples les plus marquants et inattendus en la matière est le cas de Dexter. Alors que la série est supposée raconter le quotidien d'un serial kiler, tout le propos est orienté vers une remise en question de la société superficielle américaine qui se focalise tellement sur les apparences qu'elle en rejette l'humain et ne cherche même pas à cacher sa fascination pour la violence. Malgré les actions de son héros déchiré, la série mise davantage sur le rire que la peur, Dexter analyse constamment avec cynisme et humour noir son entourage et l’obsession pour la réussite américaine.

 

Dans un contexte plus proche du spectateur ordinaire, la série Breaking Bad porte également sa critique sur le quotidien américain. Le héros, Walter White, est l'archétype du citoyen ordinaire qui a mis de côté ses ambitions et son rêve personnel pour adhérer aux conventions et obligations dictées par la société à tel point qu'il est écrasé par le monde qui l'entoure. L'annonce de son cancer incurable va le sortir de sa torpeur et l'amener de plus en plus à briser les codes moraux et de bonne conduite qui le retenaient jusqu'à alors. Même si le personnage va de désastre en désastre et ne tire finalement que peu de réussite de son entreprise, Walter White semble malgré tout ressentir un plaisir macabre à trahir cette société qui l'a condamné à la discrétion en pouvant enfin s'en émanciper.

 

 

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D'autres séries ont poursuivies cette remise en cause des conventions de la société comme Sons Of Anarchy qui prône la liberté et le désir d'Indépendance, The Shield qui voit un policier privilégier son bonheur individuel au lieu de sa conscience professionnelle. Dans un registre moins excessif, violent mais tout aussi pertinent, la série Dr House a acquis sa personnalité sur le franc parler et le cynisme de son héros. Rompant avec la représentation traditionnelle du médecin compatissant, Dr House assume clairement sa liberté d'expression quitte à en paraître antipathique en disant fréquemment tout haut ce que tout le monde pense tout bas. Si la série mise énormément sur le côté décalé du personnage, elle n'est pas dénuée d'une certaine gravité dans le portrait pathétique de son héros qui voudrait désespérément parvenir à briser les apparences sans se faire détester dans le même temps. Contrairement à beaucoup de séries au contexte similaire, le propos de Dr House dépasse ainsi largement celui du cadre médical pour se concentrer sur l'attitude quotidienne des individus dans la société et notre tentation d'outrepasser les règles de morale établies.

 

S'éloignant des personnages souvent très propres et politiquement corrects qui étaient jusqu'ici quotidiens dans les séries américaines, la dernière décennie a été le théâtre de protagonistes enfin dotés d'une véritable liberté d'expression et qui à travers leur remise en cause de la société moderne se rapprochent, malgré leur excentricité apparente, de la réalité du spectateur et de sa confrontation quotidienne avec les règles modernes.

 

 

 

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Une créativité exacerbée

 

 

Se basant sur les évolutions déjà mentionnées, les séries américaines ont commencées à gravir les échelons petit à petit et témoignent aujourd'hui d'une créativité qui a de quoi faire inquiéter Hollywood. En premier lieu, la mise en scène atteint un niveau de qualité général de plus en plus soigné à tel point qu'elle surpasse la réalisation de plusieurs films. Même si néanmoins, des inégalités se creusent et toutes les séries télévisées n'accordent clairement pas la même importance à leur réalisation, à ce sujet ma préférence personnelle va pour celle de Breaking Bad qui est l'une des rares séries à se permettre quelques moments oniriques et symboliques qui ne trouvent une signification concrète que tardivement.

 

Les acteurs vedettes de ses séries télévisées sont également un sujet révélateur, en effet beaucoup d'entre eux sont des comédiens récurrents du cinéma étant généralement limités à des seconds rôles et qui trouvent dans les séries un rôle de premier plan. L'exemple de Ron Perlman est le plus explicite, le comédien a tout de même une jolie filmographie (Alien 4, la Cité des Enfants Perdus, la Guerre du Feu, Hellboy, Blade 2 etc etc) mais pourtant son rôle dans Sons Of Anarchy est peut être celui qui le fera le plus connaître aux yeux du grand public. Plus récemment, la présence de Sean Bean éternel second rôle (Goldeneye, le Seigneur des Anneaux, Troie, The Island etc etc) en tête d'affiche de Game Of Thrones a été ma principale motivation à regarder cette série.

 

Avec cette hausse de qualité, les séries américaines ont également été le théâtre d'une multiplication des genres qui élargit ainsi le public potentiel. Si les enquêtes policières sont encore largement omniprésentes, des genres autrefois délaissés sont également revenus sur le devant de la scène avec de plus grandes ambitions comme le Western (Deadwood et bientôt Hell on Wheels), les Zombies (The Walking Dead) ou la fantasy (Game Of Thrones). L'engouement suscité d'ailleurs par cette dernière série qui, malgré ses qualités, est pourtant loin d'être le programme le plus maitrisé et abouti témoigne des attentes des spectateurs d'avoir un spectacle télévisuel de qualité dans le genre qui leur correspond.

 

 

 

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La longévité : une bénédiction et un fléau

 

 

Tout n'est néanmoins pas étincelant aux pays des séries télévisées et avec ces évolutions, les programmes télévisuels font également face à de nouveaux obstacles. En premier lieu, plus que n'importe quel autre média, le déroulement des séries est tracé suite à une logique commerciale qui incite à continuer le récit tant que les audiences sont satisfaisantes et même si la série n'a plus grand chose à raconter. Contrairement aux films où le propos doit de toute façon être condensé en quelques heures, il est beaucoup plus difficile pour une série de garantir un niveau de qualité et surtout une cohésion de l'ensemble sur le long terme.

 

Ce fut par exemple le cas avec Desperate Housewives qui avait pourtant commencé sur d'excellentes bases avec une narration et une mise en scène qui lui étaient spécifiques ainsi qu'un portrait désabusé sur la société aisée américaine. La série est finalement tombée dans son propre piège en devenant caricaturale là où elle était plus subtile tout en présentant des intrigues de plus en plus conventionnelles et invraisemblables. Par pallier à ce problème, certaines séries font preuve d'une certaine lâcheté en ralentissant le rythme des péripéties et l'évolution des protagonistes pour garder matière à exploiter durant les saisons suivantes, c'est notamment le cas de la saison 5 de Dexter qui est indéniablement celle où il se déroule le moins de choses (le héros arrive presque au même point de départ entre le début et la fin de la saison) et où pour la première fois dans la série, le sentiment de redite se fait cruellement sentir.

 

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Au delà de ses difficultés, le principal soucis des séries télévisées tient également à la pertinence de sa conclusion. En effet tout récit qui se respecte se base sur l'efficacité du dénouement de son histoire, or pour une série télévisée il s'agit de conclure des années de narration, de thèmes abordés et de personnages que le public a eu tout le temps de s'approprier. La majeure partie des séries qui ont été évoquées dans cet article n'ont d'ailleurs toujours aucune conclusion à l'heure actuelle et celle ci peut pourtant grandement influencer la vision d'ensemble d'une série. Dans ce contexte, la déception majoritaire du final de la série Lost (malgré les réels défauts de ce dénouement) n'était t-elle pas inévitable et un certain présage d'un problème qui va se généraliser pour les séries ?

 

Il faut d'ailleurs reconnaître l’honnêteté de certaines séries qui tiennent à garder leur niveau de qualité et à s'arrêter au moment venu comme Breaking Bad qui s'achèvera de toute façon à la saison 5 (même si la production lutte pour que la série se poursuive davantage). Il existe également des phénomènes inverses où une série est stoppée en plein élan sans avoir pu développer son propos à l'image de la série Rome où la saison 2 condense désespérément en quelques épisodes l'intrigue qui aurait du se développer sur deux saisons. Outre l'inégalité des saisons et la difficulté de faire un dénouement cohérent, il existe également ces séries à buzz dont tout le monde parle dés la première saison et dont l'impact retombe à une vitesse vertigineuse tel Prison Break ou Heroes.

 

 

 

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Conclusion

 

Ces dernières lignes mettent en évidence la difficulté pour les séries télévisées américaines de contrôler leur créativité, le potentiel narratif étant tellement consistant qu'il peut provoquer la réussite et l'échec d'un programme. Avec l'épanouissement des intrigues, la maturité du ton adopté, la multiplication des genres et le soin apporté à la mise en scène, les séries américaines ont déployés tous les moyens imaginables pour conquérir le public. Si leur importance auprès des spectateurs est désormais acquise, il leur reste maintenant à évoluer pour contrôler totalement leur récit, la difficulté étant toujours la dimension commerciale qui joue plus que jamais dans la balance. Néanmoins rien n'aurait prédit il y a une quinzaine d'années cette montée en puissance qu'allaient connaître les programmes télévisuels, il y a donc toutes les raisons de continuer à être optimiste envers la créativité du petit écran.

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Vendredi 7 octobre 5 07 /10 /Oct 17:51

 

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Le moins que l'on puisse dire de Michel Hazanavicius c'est qu'il a un parcours atypique. Ayant d'abord débuté comme comédien (le Régis de la Cîté de la Peur !), se spécialisant dans les détournements (Derrick Contre Superman, la Classe Américaine ce dernier faisant parti de mon panthéon comique), le réalisateur sera sérieusement entré en scène en réalisant les deux OSS 117 qui rehaussaient déjà clairement le niveau des comédies françaises. Après avoir exprimé un hommage parodique aux James Bond des années 50-60, le cinéaste remonte une nouvelle fois dans le temps pour s'intéresser ici aux années 20-30 lorsque le cinéma connut son plus grand bouleversement, le passage du muet au parlant.

 

Bien évidemment l'intérêt de l’œuvre réside dans sa mise en abîme : un film muet pour parler de la fin du cinéma muet. Néanmoins ce procédé qui pourrait paraître un peu pompeux ne doit pas dissimuler la subtilité de son traitement. Si l'humour et une certaine légèreté sont toujours omniprésents, le film porte en lui énormément de nostalgie et de tendresse véhiculant ainsi une sincère émotion. La prestation de Jean Dujardin a été louée à juste titre tant le rôle lui correspond parfaitement, qu'il s'agisse d'incarner un acteur au succès insolent et n'hésitant à vanter sa réussite jusqu'à sa désillusion et sa dépression. Toutefois, si la presse a énormément communiquée autour de l'acteur, il ne faut pas occulter l'excellence de la mise en scène qui participe tout autant à la réussite du long métrage.

 

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Le réalisateur traduit avec ingéniosité à travers la réalisation la découverte du son au cinéma et les bouleversements qu'il apporte. Il n'est pas question ici de vulgarisation, la mise en scène est extrêmement soignée et fourmille d'idées plus savoureuses les unes que les autres. Alors bien sûr, le film n'évite pas une certaine facilité avec par exemple les nombreux appels du pied lancés aux cinéphiles, le récit ne se prive pas de jouer sur la nostalgie du cinéma muet. Évidemment, on pourrait aussi pester contre les facilités du scénario. Mais parlons franchement.

 

Le cinéma français véhicule de manière globale une image médiocre, celle d'une industrie confinée dans la stagnation et limitée aux comédies populaires ou aux films intellectuels. L'idée de créer un film muet à notre époque moderne est déjà une idée suffisamment audacieuse pour attirer l'attention. Bien sûr, le premier réflexe serait ensuite de se dire qu'il s'agit d'une entreprise facile qui va certainement proposer un contenu pompeux et prétentieux. Il n'en est rien. Voilà un film sincère, drôle, attachant et surtout extrêmement maitrisé dans ses composants ne perdant jamais de vue son propos. Et voilà surtout un film populaire français qui ne sacrifie pas sa qualité et sa pertinence sous prétexte d'être mercantile. Il était temps, on commençait à désespérer et le résultat n'en est que plus merveilleux.

Par Leon9000 - Publié dans : Films vus en salles - Communauté : Webzine cinéma
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