Babel: le monde est à la fois beau et cruel mais surtout terriblement vaste

Publié le par Leon9000

Brad Pitt. Mars Distribution

Rinko Kinkuchi. Mars Distribution

Babel avait été l'un des films en meilleure position pour obtenir la palme d'or du 59ème festival de Cannes, une récompense qui était finalement revenu à le Vent se lève de Ken Loach. Voici une oeuvre totalement ancrée dans notre époque où tout comme la métaphore biblique du titre le laisse entendre, le thème principal est la difficulté de communiquer entre les peuples et même au sein d'une même population. A travers ce récit où un coup de feu tiré au Maroc bouleverse la vie de plusieurs individus à travers le monde, le réalisateur met en scène avec une grande ingéniosité l'écart incroyable entre les différentes cultures, chacune marquée par ses propres malaises.

L'accumulation de petits détails, l'excellente interprétation des acteurs (dont la plupart sont non professionnels, ce qui rajoute au naturel du film), et l'intelligence de la narration permettent l'élaboration d'un portrait réaliste et humain de notre monde, une image dénuée d'artifice et de stéréotype présentant la société dans ses aspects les plus froids, vulgaires et tristes. Même si cette exploration du mal être à échelle planétaire pourrait basculer dans un pessimisme exacerbé, le cinéaste laisse néanmoins échapper quelques notes d'espoirs tout en livrant un constat amer: dans notre monde gagné par la surpopulation où les hommes n'ont jamais été aussi nombreux, la solitude est le premier refuge de la tristesse et notre entourage peut aussi bien être notre bourreau que notre sauveur. Un film incroyablement humain et l'un des portraits les plus convaincants de notre époque.



Publié dans Films du jour

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