Bienvenue dans l'univers de Johnny Smith et de ses visions apocalyptiques mais cette fois sur la télévision!

Publié le par Leon9000

 

Aprés cette critique de Dead Zone par Cronenberg, autant profiter de l'occasion pour rester encore un peu aux côtés de Johnny Smith en s'intéressant à la série du même nom. Ayant débuter depuis un bon moment et comptant actuellement quatre saisons (la cinquième étant en préparation) , la série a connu un succès fort mérité. Suivant la même trame que le livre de Stephen King et du film, le portage de Dead Zone à la télévision s'est toutefois fait accompagner de nombreux changements qui touchent de nombreux aspects de l'oeuvre de King, qu'il s'agisse de son scénario ou de son ambiance. Des changements, qui ne seront peut être pas acceptés par tous, mais qui ont beaucoup apportés à la qualité de la série.

 

  De nouveaux arrivants, d'anciens personnages qui ont changé: l'univers de Stephen King subit de nombreuses modifications.

 

Ce qui frappe bien sûr d'entrée de jeu dans la série Dead Zone, vis à vis du livre de Stephen King, ce sont les très nombreuses modifications et ajouts à l'intrigue du roman. Outre les fréquentes intrigues secondaires, qui bien sûr ne figurent pas dans le livre, la trame principale de l'oeuvre subit de nombreux rajouts à travers l'apparition de nouveaux personnages et de nouveaux éléments ainsi que des modifications puisque entre le livre et la série, la situation des personnages peut être assez différente. Ces nombreuses retouches de l'intrigue du livre sont généralement positives puisqu'elles ajoutent une note supplémentaire de complexité et d'émotion à l'histoire, toutefois il faut bien admettre qu'elles agissent également sur l'ambiance de la série.

L'atmosphère de Dead Zone, tout en restant souvent dans l'esprit macabre de Stephen King, est tout de même beaucoup plus grand public que à titre de comparaison le film de Cronenberg. Les personnages sont plus émouvants et les intrigues portent par moments sur des éléments de la vie de tous les jours, ce qui a pour conséquence positive d'accroître l'aspect humain de l'oeuvre et donc les principes moraux du livre(déjà très présents dans le roman et dans le film) , mais aussi, hélas, de diminuer l'aspect fantastique teinté d'horreur des oeuvres de King. De ce fait, l'ambiance du film de Cronenberg était clairement plus marquante que celle de la série. Cette diminution de la noirceur dans l'intrigue est notamment traduite par le personnage de Johnny Smith plus charismatique et bienveillant que dans le film (mais non moins tourmenté). Toutefois, à l'image de Anthony Mickael Hall qui joue avec autant de conviction son personnage que Christopher Walken, la série assume totalement ce choix dans l'ambiance et celle ci paraît parfaitement crédible et réaliste. De plus, le côté horrifique du livre est tout de même très loin d'avoir été effacé puisque Johnny Smith croisera à de nombreuses reprises sur sa route des psychopathes en tout genre et de manière générale la patte de Stephen King se fait clairement sentir dans la série, qui garde tout de même une atmosphère sombre et parfois angoissante.

 

 Anthony Michael Hall & Brian Markinson. Paramount Pictures

Même si l'ambiance de la série est moins sombre que dans le livre ou dans le film, l'empreinte de Stephen King est tout de même clairement visible.

 

Il est maintenant temps de s'intéresser au grand point fort de la série, ce qui la démarque clairement de ses concurrentes: sa réalisation. Certains pourront lui reprocher un aspect un peu trop spectaculaire, toutefois la mise en scène de la série réussit particulièrement son pari sur un point: l'immersion dans les visions de Johnny Smith. On sent, tout le long de la série, un réel effort pour que le spectateur soit aux côtés du médium lors de ses prémonitions et l'effet obtenu est remarquable. A de très nombreuses reprises, la série réalise de véritables prouesses en terme de mise en scène qui dépassent totalement tout ce qu'ont pu réaliser de nombreuses adaptations télévisuelles et cinématographiques des romans de Stephen King. Et d’ailleurs, lorsque la série avait débutée, autrement dit avant l’arrivée d’une nouvelle vague de séries à la réalisation de grande qualité (parmi lesquelles entre autres FBI : Portés Disparus, les 4400, Lost etc etc…) , Dead Zone était assurément l’une des séries les mieux réalisées qui circulaient sur le marché et même encore aujourd’hui la série peut toujours se vanter de son excellente réalisation.

A côté de cela, le reste de la série tient également très bien la route. Si l’on peut regretter que la musique ne tienne pas une place très importante dans Dead Zone, les acteurs sont largement assez doués pour faire passer de l’émotion par leur propre jeu, car ils incarnent tous leurs personnages avec beaucoup de conviction et de naturel. Quant à l’intrigue de la série, elle apparaît d’autant plus ingénieuse lorsqu’on connaît le livre d’origine car on peut alors vraiment apprécier l’intelligence des rajouts et des modifications de l’histoire. Dead Zone est donc une excellente série, à la réalisation impeccable et qui arrive à se démarquer du livre de Stephen King tout en lui restant constamment fidèle. Bien sûr, certaines histoires autour d’assassins étant totalement dans le style angoissant de l’écrivain, la série pourra en choquer certains mais après tout l’univers de Stephen King est tout de même fascinant à l’écran, à condition qu’il soit bien traité et non tourné en ridicule, ce qui n’est bien sûr guère le cas pour Dead Zone. Enfin, presque… Malgré toute l’affection qu’on peut porter à cette série, ce test est hélas dans l’obligation de se finir sur une note très négative. Ce qui a été précédemment dit sur les qualités de la série était vrai, mais cela ne concernait malheureusement que les trois premières saisons de Dead Zone.

Anthony Michael Hall & Craig March. Paramount Pictures

Si seulement toutes les adaptations de Stephen King pouvaient être de la même qualité que cette série...

Pendant les trois premières saisons, la série continue son excellent parcours, et gagne de plus en plus en intérêt à mesure que l'intrigue se complexifie. La troisième saison est d'ailleurs une réussite sur de trés nombreux points et laissait présager du meilleur pour la suite. Et là, arrive la quatrième saison... Bon mieux vaut être franc, lorsque la série Dead Zone atteint sa quatrième saison, l'ensemble est tout bonnement catastrophique. Il convient d'insister particulièrement sur ce point, malgré tous les regrets qu'on peut ressentir à critiquer ainsi ce qui reste une excellente série dans les trois premières saisons, mais tout de même, malgré le fait que les séries de qualité sont de plus en plus nombreuses, aux qualités spécifiques et aux parcours assez différents pour la plupart, on n'a jamais vu à ce point une série diminuer en intérêt dans le passage d'une saison à une autre. La faible qualité de cette quatrième saison est incompréhensible tant les premières étaient réussies et tant la diminuation en terme de qualité a été soudainement aussi grande. Toutes les qualités de la série, precédemment citées, tombent totalement en ruine dans cette saison: la réalisation devient banale et sans grande originalité à des années lumières de l'ambition qui caractérisait la mise en scène des premières saisons, le scénario devient inintéressant et perd complètement de la saveur des débuts de la série, les personnages deviennent caricaturaux et l'atmosphère Stephen King n'est plus par moments qu'un lointain souvenir. Une chute spectaculaire de qualité où finalement ne subsistent plus que le charisme du personnage principal, quelques épisodes assez bien ficelés et l'intrigue principale qui devient vraiment le seul grand centre d'intérêt de la série. Mais à aucun moment au cours de cette saison, la série ne tente de se relever et dans tous ses aspects elle fait preuve d'une faiblesse scandaleuse aprés la qualité des premières saisons. Une faible qualité qui atteint son paroxysme dans un épisode final, limite suicidaire pour les fans de la série, qui réussit le pari de réunir tous les clichés américains possibles et imaginables en un épisode, ce qui est totalement en décalage avec le réalisme et la dure réalité des premiers épisodes de la série.

Entre les trois premières saisons de Dead Zone et la quatrième, il n'y a pas un fossé mais carrement un vide interstellaire, une immense différence d'intérêt qui est visible au premier coup d'oeil, dés que vous comparez n'importe quel épisode des trois premières saisons avec n'importe lequel de la quatrième saison de Dead Zone. Une telle chute de qualité est vraiment à peine croyable. A l'image de Johnny Smith qui dans le premier épisode de la quatrième saison jette sa canne dans un fleuve, la série semble avoir voulue jeter elle aussi par dessus bord tout ce qui avait fait le charme et la qualité des trois premières excellentes saisons. Pour tout dire, la chute a été si brutale qu'on avait peine à croire qu'on puisse tourner une cinquième saison aprés cela, mais aparemment c'est bel et bien le cas. On ne peut pas en être mécontent car la série a un énorme potentiel et vu qu'il reste encore à traiter la partie la plus captivante du roman de Stephen King, on peut espérer que cette cinquième saison rattrapera l'échec impressionant de la quatrième. En tout cas, c'est vraiment la seule chose que l'on peut souhaiter à la fin de la quatrième saison.

Ben Foster, Nicole DeBoer, Derek Hamilton & Anthony Michael Hall. Paramount Pictures

Une trés faible quatrième saison caractérisée entre autre par des intrigues secondaires sans grand intérêt.

Que cette dernière note trés négative ne vous fasse toutefois pas oublier que les trois premières saisons de Dead Zone sont des réussites. Il est dur d'apprécier autant une série et de la voir effectuer une chute si vertigineuse, elle n'est pas la première dans son cas mais une telle diminution de qualité comparer aux premières saisons de la série a été rarement aussi forte. On ne peut qu'espérer que la cinquième saison prendra un virage totalement à l'opposé de celui de la quatrième et reviendra à ce qui avait fait la gloire des premières saisons de la série, car Dead Zone a un énorme potentiel, un potentiel qu'on a déjà pu largement constater dans les trois premières saisons mais qui pourrait encore donner quelque chose de grandiose qui surpasserait tout ce que la série aurait pu mettre en scène. Il ne reste donc plus qu'à espérer que le résultat sera finalement au rendez vous dans la cinquième saison, c'est le genre de situations où les pouvoirs de Johnny Smith pourraient justement apporter une réponse rapide, ce qui n'est guère le cas de nous autres, pauvres mortels.



Publié dans Séries

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