Bilan et classements de l'année 2006

Publié le par Leon9000

L’année 2006 est finie. Joyeuse année 2007 à vous tous, qu’elle soit riche et prospère, et bien sûr que l’actualité cinématographique soit toujours importante. En parlant de cela, l’heure est donc enfin venue de faire le bilan de l’année 2006, en terme de cinéma, un tableau général depuis longtemps préparé et qui se devait de figurer comme premier article de l’année 2007 de ce Blog, consacré au cinéma.

 

Si vous avez suivi avec un peu d’attention l’évolution de ce Blog au cours de cette année passée, vous avez pu constater que mon opinion sur l’actualité cinématographique de l’année 2006 ne fut guère des plus élogieuses à maintes reprises. Absence de véritable poids lourd cinématographique ainsi que de films suscitant une attente particulière, avalanche de projets à l’ambition quasi inexistante, regroupant pour la plupart des remakes, des suites inutiles ou des adaptations en tout genres ; des œuvres médiocres envahissant tellement le marché cinématographique qu’elles en excluaient des salles des films audacieux et acclamés par la critique, les raisons qui peuvent pousser à tirer un bilan plus que mitigé de l’année 2006 sont nombreuses et justifiables. Cette année connût en effet durant l’été, période généralement propice, un vide d’intérêt cinématographique astronomique au point où l’on était en droit de se demander si on ne pouvait pas faire une croix sur le cinéma pendant quelques temps , une impression qu’annulaient fort heureusement quelques très bonnes surprises trop rares, tels Little Miss Sunshine.

 

La fin d’année, elle, fut bien plus satisfaisante, et rehaussa fortement la qualité générale de cette année cinématographique de 2006, qui aurait autrement eu un aspect peu reluisant à l’heure de ce bilan. Un bilan qui ne tend pas vraiment à partir vers les éloges sans pour autant crier haut et à fort au désastre. Si en raison de ce niveau cinématographique à la qualité aléatoire, le cinéma ne tiendra pas cette année une place importante dans les grandes découvertes de l’année 2006 ( voir article suivant) on peut espérer que lors de l’année 2007, le cinéma offrira des expériences plus intenses et surtout sur un rythme beaucoup plus régulier ( l’intérêt de la fréquentation des salles obscures passait quasiment d’un extrême à l’autre en 2006). Compte tenu du grand nombre d’affiches prometteuses pour 2007, on peut penser que ce sera le cas, mais ne nous attardons pas trop vers le futur et revenons un instant vers l’année 2006 et à son bilan cinématographique qui commence avec le traditionnel classement des meilleurs films de l’année, un classement qui ne comprend cette année que quinze films, un nombre un peu faible mais il est à l’image du niveau global de cette année cinématographique. Ce classement contient toutefois de véritables petites perles de cinéma qui méritaient largement qu’on leur fasse honneur en ce début d’une nouvelle année cinématographique.

 

CLASSEMENT DES QUINZE MEILLEURS FILMS DE L’ANNEE 2006

 

1.MUNICH

 Affiche teaser américaine. Universal Pictures

 

Ce film sortit quelque temps avant la création de ce Blog, et à la suite de quelques erreurs de manipulation de clavier qui firent pousser de grands hurlements de rage, Munich n’a pas encore eu droit à une critique complète sur ce Blog. Cette œuvre est pourtant de loin le meilleur film de l’année 2006. Dressant une véritable réflexion sur l’humanité, dépassant largement le cadre du conflit Israelo-Palestinien, Spielberg s’est autant investi dans ce film qu’il l’avait fait avec la Liste de Schindler et signe une œuvre poignante sur la violence éternelle et sans fin.

 

2.NAUSICAA DE LA VALLEE DU VENT.

Buena Vista International

 

L’un des meilleurs films de l’année 2006 est un film âgé déjà de plus de vingt ans mais qui ne nous est arrivé qu’en 2006 dans nos contrées. Qu’importe, les œuvres de Miyazaki, odes au voyage, à la rêverie et à la poésie, sont éternelles et Nausicaa fait honneur à la réputation du grand Maître, regroupant toutes les qualités narratives du réalisateur dans un cadre plus centré vers la science fiction que d’ordinaire, ce film est un conte écologique merveilleusement envoûtant et tellement immersif que l’on souhaiterait qu’il ne s’achève jamais.

 

3. V POUR VENDETTA

Hugo Weaving. Warner Bros.

 

Une œuvre vraiment incroyable, au scénario à l’intelligence généralissime et mettant en scène l’un des héros les plus charismatiques de l’histoire du cinéma, porté par une réalisation efficace et une ambition visible à tout point de vue.

 

4. LITTLE MISS SUNSHINE.

Toni Collette, Abigail Breslin, Alan Arkin, Paul Dano, Steve Carell et Greg Kinnear. Twentieth Century Fox France

 

La meilleure surprise de l’année, ce road movie aux formes de critique sociale, débordant d’émotion et de bonne humeur, mettant en scène sur un ton trés réaliste les péripéties d’une famille en pertes de repères. Avec une scène finale de danse aussi hilarante que le final musical du premier Retour vers le futur.

 

5.LE PRESTIGE.

Christian Bale et Hugh Jackman. Warner Bros. France

 

Christopher Nolan affirme une fois de plus sa touche visuelle sombre et élégante à travers un duel machiavélique mené par un scénario en béton multipliant les rebondissements jusqu’à la dernière minute du film. Hugh Jackman livre une prestation étonnante et efficace et son jeu se révèle bien plus construit qu’on aurait pu le penser. Christian Bale est fidèle à lui même et son charisme sombre est plus percutant que jamais.

 

6. SILENT HILL

Radha Mitchell. Metropolitan FilmExport

 

Un film qui a des allures de messie pour tous les amateurs de jeux vidéos qui trouvaient enfin une œuvre de renom adaptée avec intelligence et passion par Christophe Gans, un admirateur de ce jeu vidéo horrifique étrange et perturbant. Mais cette œuvre présente également un intérêt pour les cinéphiles, par son univers marqué par la folie à l’extrême mais qui cache derrière une violence sans limites, la marque de la sauvagerie de l’être humain. Un univers qui offre tellement à découvrir qu’on ne souhaite plus qu’une chose : qu’une suite soit mise en chantier immédiatement.

 

7. MEMOIRES DE NOS PERES.

Adam Beach, Ryan Phillippe et Jesse Bradford. Warner Bros. France

 

Reconstitution incroyable de la mentalité de toute une société à l’époque de la seconde guerre mondiale, Mémoires de Nos Pères porte la marque visuelle du soldat Ryan de Spielberg et l’humanisme coutumier du grand Clint Eastwood. Bien que se déroulant du côté américain, cette œuvre se démarque d’un grand nombre de films de guerre par son exploration de toutes les facettes d’un conflit, bien au delà du champ de bataille. Le prochain film sur ce thème, prévu en 2007 , devrait se révéler encore plus percutant qu’il montrera une société Japonaise rarement mise en scène et encore plus rarement avec l’ingéniosité dont fait preuve Clint Eastwood dans Mémoires de nos Pères.

 

8. CASINO ROYALE

Daniel Craig. Gaumont Columbia Tristar Films

 

Un mythe renaît, plus flamboyant que jamais. Tous les éloges sont possibles pour Casino Royale, qui donne un nouveau souffle à la saga James Bond tout en respectant les sources du mythe, permettant ainsi une redécouverte de la légende. Daniel Craig est le symbole de cette nouvelle prouesse accomplie par la saga et s’impose comme un interprète majeur de James Bond dans l’histoire de l’espion 007. Si les suites arrivent à développer avec la même efficacité l’entreprise couronnée de succès de Casino Royale ( le film se place comme le James Bond ayant reçu le plus de succès et le mérite largement), c’est tout le mythe James Bond qui va prendre une dimension nouvelle et va accéder à un niveau de qualité bien supérieur à ce à quoi on était habitué auprès de l’agent secret le plus célèbre de la planète.

 

9. LORD OF WAR.

Nicolas Cage. Lions Gate Films Inc.

 

Oeuvre au message politique percutant, ce film, en dévoilant quelques uns des aspects politiques les plus sournois et les moins médiatisés de notre monde, ne laisse pas indifférent et les maux sur lesquels il lève le voile sont impossibles à oublier. Ce ne sont guère les sujets qui manquent, mais les films comme Lord of War sont rares. Espérons qu’un jour, ce ne sera plus le cas.

 

10. LES FILS DE L’HOMME

Clive Owen. United International Pictures (UIP)

 

Alfonso Cuaron confirme son talent et dresse le portrait d’un monde plongé dans un chaos innommable et ce parce que des bases qui paraissent naturelles à l’homme et qui consolident nos sociétés se sont effondrés. Les fils de l’homme marque par son réalisme troublant et renvoie à la situation actuelle de notre planète et à son équilibre plus instable qu’il semble être.

 

11. LA JEUNE FILLE DE L’EAU

Bryce Dallas Howard et Paul Giamatti. Warner Bros. France

 

Si ce film reste une déception en raison des messages étranges et souvent hors propos du réalisateur qui nuisent souvent à l’intrigue, le talent de M Night Skyamalan reste incontestable et le revoir à l’œuvre est toujours source de grand plaisir. Ce qui aurait pu être un très grand moment de cinéma, est finalement seulement une nouvelle démonstration d’un talent inépuisable, et c’est déjà cela.

 

12. LA SCIENCE DES REVES.

Alain Chabat et Gael Garcia Bernal. Gaumont Columbia Tristar Films

 

Michel Gondry nous plonge avec émotion dans l’esprit d’un grand rêveur et de sa difficulté de concilier ses rêves et sa vie de tous les jours. L’immersion dans la tête de Stephane Miroux est réussie et l’on a aucun mal à comprendre les difficultés que traverse cet homme à l’imagination débordante, de même qu’on comprend aisément le décalage qui l’éloigne des autres. Une œuvre émouvante, qu’apprécieront encore plus particulièrement les grands rêveurs qui s’y retrouveront peut être.

 

13. NE LE DIS A PERSONNE.

François Cluzet et Kristin Scott Thomas. 2005 - Jean-Claude Lother - Les Productions du Trésor - EuropaCorp - Caneo Films - M6 Films

 

Un film audacieux, au scénario à la profondeur rare et aux personnages à la psychologie recherchée peu courante.  L’œuvre n’est guère parfaite, et accuse des maladresses qui auraient pu être évitables, mais le sentiment général qui ressort du film reste son ambition d’autant plus louable qu’elle n’est guère courante dans le cinéma français.

 

14. PARIS JE T AIME.

Elijah Wood. Victoires International

 

Un projet très original, et qui se retrouve être très réussi pour un premier essai. Certains courts métrages sont de vrais petits bijoux et si les autres tentatives de ce genre arrivent à faire évoluer intelligemment le concept ( en diminuant le nombre de réalisateurs mais en leur accordant un peu plus de temps par exemple), on pourrait bien se retrouver avec de futures œuvres d’anthologies.

 

15. LE SECRET DE BROKEBACK MOUNTAIN.

Heath Ledger et Jake Gyllenhaal. Pathé Distribution

 

Un film qui fait preuve d’audace en traitant de cette romance homosexuelle entre deux cowboys mais qui finalement dépasse le simple cadre de l’homosexualité pour dresser le portrait de deux vies parallèles, touchantes, émouvantes et crédibles. Le film doit beaucoup à l’immense talent des deux interprètes Jake Gyllenhall et surtout Heath Ledger.

 

LES PIRES DECEPTIONS.

 

Les déceptions, cette année, furent un peu trop nombreuses malgré une sélection rigoureuse. Aussi, voici les deux œuvres qui ont été le plus placées sous le signe de la déception.

 

 

RENAISSANCE.

 

Pathé Distribution

Très loin d’être un mauvais film, cette œuvre n’est pourtant pas à la hauteur de ce que prétendait le réalisateur du film, revendiquant que l’histoire du film était digne de la révolution visuelle de l’œuvre. Si visuellement le film est magnifique, cela ne met que davantage en relief la pauvreté de l’intrigue qui exploite très faiblement un potentiel pourtant certain.

 

SUPERMAN RETURNS

Brandon Routh. Warner Bros.

 

Lui, par contre, le qualifier de bon film est un peu trop excessif. Disposant d’un budget formidable, mené par un réalisateur passionné et talentueux, et en plus incarné par un nouvel acteur, digne successeur de Christopher Reeves, ce nouveau Superman avait tout pour convaincre. Mais c’est oublier la pauvreté catastrophique du scénario, ne renouvelant en aucun aspect la saga de l’homme d’acier, et se contentant au contraire de reprendre les scènes et les répliques cultes de l’opus original, avec un tel excès que l’on finit par se demander si l’on ne se trouve pas plutôt devant un remake non assumé que devant une suite. Un tant soit peu de recherche dans le scénario aurait suffi à ce que ce nouvel envol de Superman soit mémorable…mais il faut croire que si on peut réunir des centaines de millions de dollars dans un film, créer une bonne histoire est un peu trop demander.

 

LES PLUS REGRETTES.

 

Chaque année, des films ne bénéficient pas de la vision d’un large public, en raison d’une distribution trop courte ou quasi inexistante. Cette année, ce fut une nouvelle fois le cas, et de manière assez forte, je ne compte plus les films que je n’ai pu voir avant qu’ils quittent les salles obscures, tandis que pendant de longues périodes, le spectacle qu’offrait ces mêmes salles obscures ne valait guère le déplacement. Voici donc, parmi tant d’autres, les deux films principaux que je regrette de n’avoir pu admirer, et qui auraient eu beaucoup de chances de figurer dans le classement figurant plus haut.

 

LE VENT SE LEVE.

Cillian Murphy, Liam Cunningham et Padraic Delaney. Diaphana Films

 

Est ce qu’avoir une palme d’or à Cannes signifie encore quelque chose ? Est ce qu’être acclamé par les critiques a encore un sens ? On répondrait sans doute oui à cette question, et pourtant comment expliquer alors que le film de Ken Loach qui a reçu bien des éloges, bénéficie d’une distribution si faible ? C’est en soit déjà révoltant, mais il suffit de voir qu’un film comme Pirates des Caraibes 2 restera pendant plus de trois mois dans les salles majeures des cinémas pour se mettre à crier au scandale.

 

BABEL

Brad Pitt. Mars Distribution

 

Même exemple pour Babel. Est ce donc si difficile que ça que de diffuser un tant soit peu un film en VO ? On ne pouvait certes donner une version française à un film traitant de la difficulté de communiquer entre les différents pays du globe. Et pourtant, même le fait que Brad Pitt, star internationale, soit en tête d’affiche de ce film événement n’a pas suffi à ce qu’il soit distribuer comme il le méritait. Qu’on me rassure, les sorties DVD de ces films ne sont quand même pas annulées, n’est ce pas ?

 

PIRE FILM DE L ANNEE 2006.

 

UNDERWORLD 2.

Kate Beckinsale. Société Nouvelle de Distribution (S.N.D.)

 

Est ce vraiment utile de souligner ce film puisqu’il représente la seule œuvre vraiment catastrophique qu’il m’ait été donnée de voir en cette année 2006 ? Il aurait pu figurer dans le classement des pires déceptions si j’en avais attendu quoique ce soit, mais le premier opus avait déjà été un tel sommet de désespoir devant les attentes futiles que j’avais dressé autour de lui, qu’espérer quelque chose de ce second volet aurait poussé à l’absurdité. Et pourtant, c’était le printemps du cinéma, quelques vagues rumeurs parlaient d’une certaine amélioration depuis le premier opus chaotique…je me suis laissé tenter. Et bien, il convient tout de même de féliciter les scénaristes qui sont parvenus à créer un scénario encore plus lamentable que celui du premier, c’était difficile mais ils y sont arrivés avec brio. Il paraît qu’il y a un troisième opus prévu, mais si je suis amener à le voir, ce sera sans doute bâillonné et ligoté.

 

 

 

 

 

 

 

Passons maintenant à des classements portant sur des points plus précis.

 

MEILLEUR ACTEUR

 

Heath Ledger dans Brokeback Mountain

 

MEILLEURE ACTRICE

 

Bryce Dallas Howard ( fille du cinéaste Ron Howard) dans la jeune fille de l’eau.

 

MEILLEURE BO

 

MEMOIRES D’UNE GEISHA de John Williams. Le grand compositeur de Starwars et des œuvres de Spielberg signe une musique envoûtante et accompagnant un cadre sur lequel le compositeur n’avait guère souvent travaillé. Pour le film en lui même, il fait preuve d’une beauté esthétique et visuelle remarquable, et témoigne d’un véritable respect de la poésie de la culture Japonaise. Dommage que la fin verse si inutilement dans le cliché, et se retrouve être à l’opposé de tout le reste du film.

 

 

MEILLEURS EFFETS VISUELS 

 

Superman Returns ( on ne va pas lui enlever cela, les séquences de vol du super héros sont visuellement superbes)

 

 

MEILLEUR MONTAGE

 

LE PRESTIGE et V POUR VENDETTA.

 

 

MEILLEURE PHOTOGRAPHIE

 

LE PRESTIGE, A BITTERSWEET LIFE, QUARTIER DE LA MADELAINE REALISE PAR VINCENZO NATALI AVEC ELIJAH WOOD DANS PARIS JE T’AIME

 

 

MEILLEUR SCENARIO

 

Mémoires de nos Pères de Clint Eastwood.

 

 

MEILLEUR REALISATEUR

 

Steven Spielberg pour Munich

 

 

 

MEILLEURE REPLIQUE

 

„On estime à 500 millions, le nombre d’armes à feu en circulation sur le globe. Autrement dit, il y a un homme sur douze, armé sur cette planète. La seule question c’est…comment armer les onze autres ? »

Nicolas Cage dans Lord Of War.

 

 

SEQUENCE LA PLUS MEMORABLE DE CETTE ANNEE 2006

 

La séquence finale de l’attentat de Munich.

 

 

 

 

Voici donc la fin de ce classement de l’année 2006, place maintenant au présent avec une nouvelle année cinématographique qui débute, pleine de promesses et de surprises en perspective.

 

Joyeuse année à tous et vive le cinéma !

 



Publié dans Classements

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