24h Chrono saison 4: Jack Bauer contre le super terroriste

Publié le par Leon9000

Kiefer Sutherland & Kim Raver. Twentieth Century Fox Film Corp.

"J'ai besoin de savoir, Jack...Combien de personnes tu as tué? -Euh cent, cent-cinquante, trois cents quand je suis en forme..."

On pourrait croire qu'après tous ces attentats échoués et ces arrestations musclées par Jack Bauer, les terroristes auraient finis par laisser tomber et que les américains n'auraient plus qu'à se soucier de la montée des prix du pétrole. Mais pourtant ils persistent et envoient leur champion du monde détruire les États Unis. Habid Marwan, c'est son nom, est en effet un génie qui plutôt que prévoir un seul plan diabolique pour attaquer les USA, a opté pour une avalanche d'attentats censée ramener les États Unis à l'âge préhistorique. Face à une telle menace, même Jack Bauer finit par s'arracher les cheveux.

Si vous ne l'aviez pas compris avec cette petite présentation, sachez alors que la cohérence dans 24h chrono (un concept devenu de plus en plus flou au fil des saisons) a ici complètement disparue. Mais il ne s'agit pas du seul problème de cette quatrième saison loin de là. Le récit commence avec un sacré coup de nettoyage dans la CTU puisque mis à part Jack Bauer et un personnage secondaire, aucun visage connu de 24h chrono n'apparaît durant les premiers épisodes. La série nous fournit à la place un nombre impressionnant de nouveaux protagonistes, plus ou moins charismatiques, mais qui ont du mal à faire oublier tous les anciens piliers de 24h.

Cette saison commence dans la même lignée que la saison 3 en suggérant que beaucoup d'évènements se sont déroulés durant la dernière saison afin d'attirer l'attention du spectateur. Si le principe fonctionnait très bien dans la saison 3, on se retrouve un peu débousollé, voir carrément perdu, au milieu de toutes ces nouvelles têtes. Mais fidèle à la tradition, le récit ne perd pas une seconde avant d'entrer dans le feu de l'action et dés la première heure, Jack nous entraîne à nouveau dans ces aventures incroyablement dynamiques et superbement mises en scène. Un constat s'impose toutefois rapidement: le récit avance beaucoup plus vite que dans les autres saisons. Les précédentes saisons avaient généralement comme fil conducteur de confronter Jack Bauer à des premiers adversaires qui révélaient finalement, vers la moitié de la saison, l'existence d'une menace supérieure qui occupait Jack jusqu'à la fin de la saison. Mais cette quatrième saison semble déjà avoir fait la moitié du chemin, à peine arrivé au quart des épisodes, et il en résulte quelques inquiétudes sur la suite des évènements.

Ces craintes se font momentanément oubliées vers le premier tiers de la saison, où tandis que plusieurs personnages cultes de 24h refont enfin leur apparition, les nouveaux protagonistes commencent eux aussi à affirmer leur place dans la série. Plusieurs excellents épisodes au suspense efficace et qui manient ingénieusement le rebondissement final rehaussent l'intérêt pour cette saison dont on finit par croire qu'elle pourrait surpasser la troisième. Malheureusement, les inquiétudes déjà évoquées reviennent rapidement au devant de la scène et plombent une bonne partie du reste de la saison. La quatrième saison de 24h chrono applique en effet un principe extrêmement maladroit où chaque nouvelle menace ne semble avoir pour but que d'en relancer une autre, même quand Jack Bauer et son équipe parviennent à la contrecarrer. Lorsque pour la quatrième fois, la saison nous fait le coup d'un nouveau complot terroriste découvert à la dernière seconde mais qui pourrait bouleverser l'équilibre mondial, la lassitude commence sérieusement à intervenir tandis que la cohérence s'enfonce dans l'oubli. Certes on apprécie toujours le dynamisme de l'ensemble, le suspense haletant de la série et l'envie de décrocher de 24h n'est jamais présente, mais il est indéniable que la série nous avait habitués à davantage d'intelligence et beaucoup plus d'ingéniosité dans sa construction.

James Morrison & Kiefer Sutherland. Twentieth Century Fox Film Corp.

Rien n'arrête Jack Bauer, à tel point que les scénaristes ne savent plus quoi inventer pour maintenir le suspense. Il faut parfois savoir s'arrêter et prendre le temps de souffler un peu. 

Pour sortir de cet enlisement de l'intrigue, les scénaristes n'ont alors pas d'autre choix que de proposer des rebondissements de plus en plus incroyables. Bien que leur efficacité soit réelle, ces rebondissements extraordinaires témoignent néanmoins d'un certain manque d'inspiration des scénaristes qui donnent parfois l'impression de plus savoir quoi mettre dans leur intrigue. Fort heureusement, le dénouement de la saison rehausse le niveau et les derniers épisodes sont particulièrement chargés en intensité et en émotion (comme souvent dans les finals de 24h Chrono). Le plaisir est garanti mais on ne peut s'empêcher de regretter que cette saison accumule autant les maladresses comparer à ses aînées. Il est étonnant que la saison où n'apparaît pas Kim Bauer, considéré par maints fans comme le boulet de la série, soit finalement la moins réussie de 24h. Même si le personnage avait de quoi lasser, Kim avait au moins le mérite de varier un peu le récit qui ne se consacrait pas exclusivement à son père. Contrairement aux trois saisons précédentes, cette saison 4 s'intéresse beaucoup (trop) aux péripéties de l'agent Bauer et empêche ainsi la diversité de s'installer, en s'obligeant à inventer toujours de nouvelles épreuves pour Jack.

Le récit de cette quatrième saison s'épuise d'ailleurs à tel point que les derniers épisodes sont principalement centrés sur l'ouverture à la saison 5, considérée comme la meilleure de la série. Il est certain que le final de cette quatrième saison offre beaucoup de perspectives pour la suite, espérons que la cinquième saison saura mieux exploiter l'immense potentiel de 24h que la saison 4. Mais malgré toutes ces réprimandes, il faut admettre 24h Chrono continue à s'imposer comme la meilleure série qui ait jamais vu le jour sur petit écran, à tel point qu'on peut dire qu'il y a 24h Chrono d'un côté et les autres séries de l'autre. Même avec ces faiblesses, Jack Bauer continue donc à régner.



Publié dans Séries

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