The Clone Wars: Starwars pour la récréation

Publié le par Leon9000

Si Starwars avait déjà eu droit aux honneurs d’une adaptation en dessin animé réalisé par Genndy Tartakovsky qui reste encore à ce jour l’une des meilleures créations dérivées autour de cet univers, The Clone Wars constitue malgré tout la véritable incursion sur le long terme de Starwars dans le milieu du petit écran. A présent que la saga d’Anakin Skywalker s’est achevée au cinéma, Georges Lucas est conscient que pour conquérir un nouveau public c’est vers le secteur de la télévision qu’il doit se tourner. C’est ainsi que la série d’animation The Clone Wars voit le jour. Disposant d’un budget des plus imposants et affichant de grandes ambitions avec plus d’une centaine d’épisodes d’ores et déjà prévus, cette série sera vraisemblablement le visage principal de Starwars pendant les années à venir, en attendant la future série live également annoncée pour 2010. Après le premier aperçu offert par le film d’animation sorti en été 2008 présentant un sympathique divertissement mais manquant clairement d’originalité et s’apparentant davantage à un simple produit commercial, The Clone Wars arrive enfin dans nos écrans de télévision afin d’explorer l’univers inépuisable de Starwars. Un univers d’ailleurs tellement vaste que la série ne semble d’ailleurs pas toujours savoir comment l’exploiter de la meilleure manière.

Que la fête commence!


Pour mieux comprendre la création de The Clone Wars, il est important de savoir que Georges Lucas désirait initialement obtenir un produit semblable aux séries d’animation japonaises. Une démarche compréhensible dans la mesure où les mangas sont en train de sérieusement concurrencer les comics américains et que le jeune public devient de plus en plus friand de Dragon Ball ou Naruto, au détriment d’autres Batman et X Mens. Les mangas ayant comme avantage non négligeable de plaire à plusieurs publics d’âges divers, Lucas espère certainement conquérir le plus large public possible avec The Clone Wars. La production de la série misa finalement sur un compromis entre les influences américaines et japonaises pour obtenir un résultat assez unique en son genre. Sur le plan visuel, les décors et autres vaisseaux bénéficient d’un travail assez impressionnant pour une série télévisée, les séquences spatiales de The Clone Wars étant généralement les scènes les plus remarquables visuellement. En parallèle, les personnages de la série, protagonistes légendaires et moins connus de la saga, bénéficient donc d’un design japonisant appréciable mais sont malheureusement très marqués par des images de synthèse de qualité inégale, créant ainsi un décalage parfois désagréable entre les décors magnifiques et des personnages semblant parfois provenir d’un ancien jeu vidéo, d’autant que l’animation des personnages n’est pas toujours un exemple de fluidité. La mise en scène, globalement de bonne qualité, insuffle beaucoup de rythme aux scènes d’action et offre de nombreuses prises de vues spectaculaires, malheureusement le montage ultra dynamique, omniprésent durant toute la série, ne permet pas d’apprécier pleinement la réalisation ni de s’attarder sur tous les éléments de l’intrigue.

Loin de la réussite visuelle du dessin animé de Genndy Tartakovsky qui, avec son ambiance épique et chevaleresque parsemée d’influence cinématographique, avait livré une réalisation beaucoup plus ingénieuse, The Clone Wars offre néanmoins un spectacle visuel assez divertissant mais qui ne marque pas les esprits. Néanmoins c’est davantage du côté de l’intrigue que la série avait un immense potentiel, l’univers de Starwars pouvant enfin être dépeint durant plusieurs épisodes de vingt minutes. Mais dans ce domaine également, le constat est partagé.

Leçon numéro six du Jedi: savoir prendre la pose.

En essayant de toucher un large public, The Clone Wars accumule plusieurs maladresses discréditant la série. Malgré la gravité du conflit dépeint, une gravité que la série tente plusieurs fois de mettre en avant, l’esprit général de The Clone Wars est globalement enfantin. Les répliques bon enfant et les séquences naïves se succèdent, alors que parallèlement plusieurs épisodes mettent en scène des intrigues sombres et des scènes d’une violence inattendue, créant une fois de plus un étrange décalage au sein de la série. Ahsoka Tano, padawan d’Anakin Skywalker et personnage inédit inventé pour la série, incarne parfaitement ce décalage désagréable : visuellement introduit pour que le jeune public s’identifie à un personnage, Ahsoka commente sans arrêt la guerre des clones à la manière d’une gamine en train de faire un voyage scolaire. Malgré ces enfantillages assez gênants, l’ambiance de The Clone Wars ne comporte toutefois pas que de mauvais côtés. Bien au contraire car la série s’inspire souvent très fortement de la trilogie originale, les clins d’oeils à la saga de Luke Skywalker parsemant sans cesse le récit. L’esprit original d’aventure et de quête interstellaire renaît ainsi dans The Clone Wars et c'est finalement une certaine émotion nostalgique qui se fait ressentir au fil des épisodes. Tout comme le film l’avait laissé présager, il est surprenant de constater que les personnages emblématiques de la saga sont bien plus charismatiques en animation que dans les derniers films de Lucas, plusieurs épisodes proposant d’ailleurs de superbes hommages aux icônes de Starwars. C’est ainsi que The Clone Wars propose finalement une certaine magie que la seconde trilogie cinématographique avait grandement délaissée, offrant de ce fait au fan déçu des précédents films une certaine consolation.

Malgré tout même le fan nostalgique peut difficilement faire preuve d’indulgence à l’égard de l’immense inégalité de la série entre ses différents épisodes. En effet selon le personnage auquel l’épisode s’intéresse ou bien tout simplement de la qualité de l’intrigue proposée, The Clone Wars passe d’un extrême à l’autre en terme d’intérêt, un excellent épisode pouvant être directement suivi d’un autre sincèrement médiocre. De plus, la narration de la série qui enchaîne les épisodes (certains étant autonomes ou d’autres constituant une trilogie) sans toujours beaucoup de logique n’aide pas vraiment le spectateur à retrouver des repères dans tout cet entremêlement.

Cela rappelle quelques souvenirs...


L’inégalité est bel et bien le fil conducteur de The Clone Wars. Les inégalités s’accumulent tant sur le plan visuel, sur le degré de gravité de l’ambiance ou bien sur la qualité des intrigues proposées à tel que la série semble cruellement souffrir de l' absence d’une véritable harmonie le long du récit. A croire que le manque de limites budgétaires et les possibilités créatrices infinies dans l’univers de Starwars ont fait tourner la tête à la production de la série qui semble perpétuellement chercher ses orientations. Il ne faut pas oublier dans le même temps que la période de la guerre des clones, située entre les épisodes II et III, implique également la contrainte de la fidélité envers les films, l'incohérence avec le mythe original étant un risque permanent durant la série, ce qui oblige les scénaristes à explorer d’autres horizons tout en faisant preuve de prudence. Bref, les défauts de The Clone Wars sont nombreux et le parcours de la série est assez chaotique et complexe.

Néanmoins, il est indéniable que malgré l’inégalité exaspérante de la série, The Clone Wars offre un divertissement plaisant et que la série conserve un potentiel réel. Si The Clone Wars est très clairement destinée aux fans nostalgiques et à un jeune public, la série pourra obtenir une meilleure approbation dans ses prochaines saisons si elle parvient enfin à acquérir plus de régularité et de rigueur entre ses saisons, voir également plus de profondeur et de noirceur. Les jeunes spectateurs, qui ne sont pas vraiment gâtés par les productions actuelles destinées à la jeunesse, trouveront peut être pour leur part dans The Clone Wars un certain équivalent aux anciens Dragon Ball Z, Albator ou Chevaliers du Zodiaque.



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