Gantz (version dessin animé) : comment gâcher une bonne adaptation...

Publié le par Leon9000

Généralement, les Mangas et leurs adaptations en dessins animés sont réunis dans un seul article mais dans le cas de Gantz les deux oeuvres apparaissent suffisamment différentes pour être distancier. Non pas que l'adaptation soit une énième version abracadabrantesque de l'oeuvre originale comme c'est souvent le cas dans les dessins animés. Le dessin animé Gantz est fidèle à l'oeuvre originale mais sa conception et son évolution l'éloignent beaucoup de son modèle de papier.


Le passage en couleurs est assez réussi


Le premier épisode impressionne pourtant beaucoup. En effet, sur la base, on se demande comment un dessin animé pourra égaler les dessins et la mise en scène exceptionnelle du manga et il n'aurait guère été étonnant de se retrouver avec une adaptation clairement à la traîne vis à vis de l'oeuvre originale. Point de ceci avec Gantz. Si le passage à l'animation a conduit à un changement parfois assez brusque de design, celui ci reste réussi et fidèle au manga. La réalisation quant à elle impressionne, le budget de l'animé est visiblement important et la mise en scène tout comme l'animation ont une qualité presque cinématographique. On remarque déjà que le réalisateur insiste grandement sur l'un des aspects du manga, à savoir la dénonciation de la société. Le but de l'animé sera clairement de montrer avec efficacité la sauvagerie de l'être humain. La scène du métro devient donc encore plus malsaine que dans l'oeuvre originale. De plus, l'excellent doublage original (la version française est assez désastreuse hélas) rajoute encore plus de tension à l'ensemble. La musique ne se compose pas vraiment de thèmes particuliers mais accompagne l'action d'un son stressant et désagréable. Bref l'introduction du dessin animé est du coup plus percutante que celle du manga, ce qui laisse présager du meilleur pour la suite.


Le premier obstacle du dessin animé apparaît toutefois vite et est assez étonnant car il concerne la censure. La censure de Gantz n'est pas en soit étonnante avec ses scènes d'hémoglobines ou d'érotisme seulement elle provient de la version télévisée japonaise où les dessins animés ont la réputation d'être sensiblement violents et y compris ceux destinés à un jeune public (rappelez vous les litres de sang déversés par les chevaliers du zodiaque) . Si même le Japon censure le dessin animé, c'est que celui ci doit être vraiment difficile à regarder et en effet Gantz montre une fois de plus que le sang est beaucoup plus facile à regarder en manga qu'en dessin animé, et les scènes de violence du manga original sont du coup plus difficiles à supporter en couleurs et en mouvement. Toutefois la censure va trop loin, car si vous additionnez toutes les scènes coupées, vous vous retrouvez avec deux épisodes en moins de la première saison, ce qui inclut évidemment que l'intrigue n'est pas vraiment facile à comprendre. Aussi, tachez de vous trouver une version non censurée de la première saison (l'édition française en dvd est non censurée) même si vous vous retrouverez du coup avec des séquences du manga qu'on aurait bien préférer oublier. Il s'agit bien évidemment des scènes de sexe, le dessin animé étant resté très fidèle au manga, il n'a pas eu l'intelligence de limiter ces séquences peu passionnantes, et du coup vous vous retrouverez comme pendant un long moment dans le manga à vous ennuyer ferme pendant quelques épisodes.


Animation impeccable et grande fidélité au manga pour le meilleur comme pour le pire


Toutefois, là où le manga se développait et atteignait les sommets dans les volumes suivants, le dessin animé lui n'aura pas cette chance. En effet l'adaptation de Gantz n'ira pas plus loin que la troisième mission imposée par la sphère noire. Cela ne vous rappelle rien? C'est en effet à partir de ce moment là que le manga décollait mais l'animé lui n'ira pas plus loin. L'adaptation partait pourtant sur une bonne lancée mais peut être par manque de budget (l'animation est assez impressionnante rappelez vous) ou parce que le projet a été lancé trop tôt (à peine deux ans après le début du manga au succès foudroyant) elle n'aura pas l'occasion de retranscrire la vraie force du manga et du coup sa qualité générale en est assez diminuée.


Dommage car la troisième mission de Gantz, malgré un certain manque de dynamisme, est assez percutante avec ses couleurs étranges et sa sauvagerie et l'impact est, si ce n'est plus fort, similaire à celui du manga. Le problème ne s'arrête malheureusement pas là car le dessin animé plutôt que de s'arrêter à cette mission (comme il aurait mieux fallu finalement) crée sa propre version du dénouement de Gantz. Achever le manga à un stade si peu avancé est déjà risqué et la manière dont le dessin animé s'y prend n'est pas vraiment exemplaire. Même si l'idée de base est assez intéressante car elle accentue l'aspect dénonciateur des maux de la société très marqué du dessin animé, son traitement est assez calamiteux. Les épisodes finals sont extrêmement plats et sans fougue, ils traînent en longueur et sont très mal dirigés. Et même si les propos du dessin animé sont très percutants et de surcroît réalistes, le dénouement de l'oeuvre est vraiment trop lent et manque d'envergure comparer à l'oeuvre originale. De plus, si la fin reste très ouverte, le message qu'elle porte, bien qu'étant en accord avec les propos de l'animé sur l'individu et la société, est une version vraiment trop simplifiée du mystère de Gantz qui a du mal à passer quand on connaît l'intégralité du manga.


La troisième mission de Gantz est réussie mais le dessin animé n'ira pas plus loin et se contentera d'une fin un peu simple.



Il est donc plus que conseillé de découvrir Gantz dans son support original qu'en dessin animé. Si celui ci semblait avoir tout pour être à la hauteur du manga, il se révélera finalement bien moins percutant pour ne pas avoir mener son projet jusqu'au bout et s'être limité à un dénouement un peu simpliste. Les fans du manga trouveront toutefois de l'intérêt à voir leur univers fétiche en mouvement mais ils regretteront amèrement que les plus grands moments du manga n'aient eu droit eux aussi à un passage en dessin animé plutôt qu'une nouvelle fin trop simpliste.



Publié dans Mangas

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