Harry Potter et la coupe de feu, quatrième livre, quatrième adaptation, troisième réalisateur, première adaptation vraiment réussie: ben c'est pas trop tôt.

Publié le par Leon9000

Harry Potter, le jeune garçon aux lunnettes rondes, à la cicatrice en forme d'éclair, aux cheveux ébouriffés, et aux yeux verts (bleus dans le film) le plus connu du monde, aprés avoir conquis des millions de fans à travers le monde, a eu droit, comme toute oeuvre extèrieure au cinéma ces temps ci, à une adaptation cinématographique. Si les livres, merveilles de la littérature, tableaux d'un des univers les plus attractifs qui existe (j'abuse sans modération des superlatifs quand il s'agit de parler de ces livres), font l'unanimité, les adaptations sont loin d'avoir reçu le même accueil. Aprés deux adaptations des deux premiers volets par Chris Colombus jugées bien trop académiques par les détracteurs (j'en fais parti) et l'adaptation de Alfonso Cuaron du Prisonnier d'Askaban beaucoup critiquée pour les libertés du réalisateur vis à vis de l'oeuvre d'origine (qui soit dit en passant a créer un débat monstrueux parmi les fans où il n'est guère facile d'être partisan de Cuaron et je parle en connaissance de cause) , c'est Mike Newell, réalisateur du culte Quatre mariages et un enterrement, qui s'occupa de l'adaptation du quatrième volet de la saga Harry Potter: la coupe de feu, de loin le volet le plus cinématographique de la série. Newell a t-il su maîtriser le potentiel du livre? Dés le début du film, la réponse est claire et affirmative.

Maintenant, on passe aux choses sérieuses.

Vous connaissez sans doute tous l'histoire de ce volet, mais au cas où vous auriez eu la sotise de ne pas encore avoir lu le bouquin, voici un rapide résumé: Harry Potter arrive pour sa quatrième année à Poudlard aprés de graves évènements arrivés durant la coupe du monde de Quidditch. Cette année, Poudlard accueille un évènement légendaire: le Tournoi des Trois Sorciers, un tournoi opposant trois élèves des trois écoles les plus resplendissantes du monde. Seul un élève de moins de 17 ans peut s'inscrire au Tournoi, mais malheur, alors que les champions vienne d'être désignés par la coupe de feu, celle ci crache un nouveau nom: celui de Ron Weasley! Bon, non c'est celui d'Harry Potter tiens, et à cause de cela le Ron Weasley en question va faire la gueule à Harry ainsi que tout le reste de l'école. Harry quant à lui va devoir affronter des taches extrêmement difficiles dont la plus dure sera sans aucun doute d'inviter une fille au bal de Noel ( et oui Harry Potter est anglais mais ça en fait pas un James Bond pour autant). Toutes ces épreuves le mèneront jusqu'à affronter en combat singulier Lord Voldemort, une surprise pour tous ceux qui avaient lu le roman, mais quelque chose que tout le monde savait avant d'avoir vu le film, aucun article de presse ne s'étant donné la peine de conserver le suspense.

Enfin bon, passé ce petit résumé euphorique, comme je le disais précedemment, dés le début du film, on sent que le résultat qu'on a à l'écran est beaucoup plus satisfaisant que tout ce qu'on avait pu avoir dans les adaptations précédentes. En effet, on a enfin un réalisateur talentueux qui utilise son savoir faire pour retranscrir les émotions du livre à l'écran. J'entend par là qu'auparavent, Chris Colombus a fait preuve d'une fidélité exemplaire par rapport aux livres mais sa mise en scène était extrêmement classique et au bout du compte, on se retrouvait avec les évènements du livre mais sans l'intensité si forte qu'on perçoit dans le livre. Pour Alfonson Cuaron le mal aimé, le mexicain avait démontrer un goût de l'image beaucoup plus prononcé que Colombus et lorsqu'il restait fidèle au livre, le film s'en sortait remarquablement bien, seulement ces moments n'occupaient pas vraiment la majorité, le réalisateur ayant assez réadapté le livre à son goût et s'éloignant par moment beaucoup de l'esprit du bouquin (même si au bout du compte, son adaptation restera toujours largement supèrieure à celles de Colombus hehehehe). Plus de cela avec Mike Newell.

La mise en scène du réalisateur n'est pas à proprement parler impressionante, même si elle est parfois surprenante ( en particulier lors de la troisième tache dans le labyrinthe) , mais l'important dans tout cela est qu'on sent vraiment un effort particulier de retranscrir l'émotion d'Harry Potter à l'écran, et ainsi on retrouve enfin les éléments qui ont tant fait leur charme dans le bouquin, dans un en particulier qui a été largement accentué dans ce film: le parralélisme avec notre monde qui était beaucoup trop absent des précédentes adaptations. Ainsi malgré le fait que les personnages évoluent dans un univers totalement magique et fantaisiste, ils apparaissent comme extrêmement proches de nous et ne paraîtraient pas du tout déplacés s'ils se retrouvaient dans notre monde, au point que, finalement, la seule chose qui différencie le monde des sorciers du monde des moldus est que la magie a remplacée l'électricité. Un point sur lequel Mike Newell a particulièrement réussi son adaptation, grâce à son sens de l'humour déjà maintes fois démontré dans Quatre mariages et un enterrement et qui colle à merveille avec l'univers de Harry Potter. L'école de Poudlard apparaît comme un dérivé des systèmes scolaires ordinaires (Newell avoue s'être inspiré de sa propre expérience d'étudiant) où Harry, Ron et Hermione n'occupent plus la majorité du film et laissent la place aux autres collégiens de l'école, ce qui a pour effet qu'on ressent vraiment une ambiance d'adolescents.

Emma Watson, Rupert Grint et Daniel Radcliffe. Warner Bros.

Enfin, l'ambiance de Poudlard!

Mais, car oui il y a un mais, un grand MAIS même (pardon pour la répétition) . Ce film possède un énorme handicap qui fait que l'adaptation cinématographique est encore loin, trés loin, trés trés trés (trés) loin d'être l'égal du livre d'origine. Cet handicap se résume avec des chiffres: Durée du film: 2H30. Pour un livre qui fait plus de 700 pages, la durée paraît un peu beaucoup légère et la taille du bouquin fut dés le départ une des problématiques importantes de l'adaptation, outre une hypotétique version longue, la possibilité de deux films pour retranscrir un seul livre avait été avancée. Finalement, le scénariste a trouvé le moyen de réduire l'intrigue du bouquin pour la condenser en 2H30. Un choix qui apparaît plus souhaitable que deux films (couper comme ça le récit n'aurait pas eu un effet trés positif) mais qui est quand même ridicule, la production n'a vraiment voulu prendre aucun risque en refusant une durée de 3h, une durée longue mais nécessaire pour la qualité de l'adaptation et une durée qui ne nuît pas du tout aux chiffres comme le montre le succés du Seigneur des Anneaux. Ainsi, le réalisateur s'est vu imposer cette durée minimale pour son adaptation, ce qui bien sûr a constitué un sérieux désavantage.

En soi, le scénario n'est pas mauvais. Bien que extrêmement simple comparer à celui du livre, le scénariste a su garder à l'intrigue une certaine complexité. Mais toutefois, bien que ce scénario soit vraiment simple comparer à celui du livre, Newell a toutes les peines du monde de placer les divers éléments de l'histoire en 2h30. Ainsi, les scènes ne succèdent à 200 à l'heure sans laisser le temps au spectateur de respirer, et si le film reste toujours appréciable en tant qu'adaptation, certaines scènes manquent énormément d'intensité comparer au livre. La faute à cette durée trop courte, qui fait que tandis que dans le livre le temps nécessaire est pris pour instaurer la tension et l'ambiance nécessaires à l'impact des évènements, dans le film aucun temps mort n'est permis, il faut boucler le film en 2h30. Ainsi, certaines scènes ont beaucoup moins de temps qu'elles n'auraient du en avoir, et la force qu'elles dégagent se révèle bien moins développée que dans le livre. Et il faut avouer qu'on assiste aussi à une vraie sélection des scènes, Newell ayant visiblement décidé de se consacrer davantage à certains passages comme le bal de Noel (de loin, la partie la mieux adaptée et la meilleure du film) au détriment d'autres séquences qui méritaient beaucoup plus d'attention vis à vis du livre et les exemples ne manquent pas: le début du film est assez désastreux dans le genre, avec des scènes qui prennent au mieux une minute, et les deux premières taches sont elles aussi assez vite réglées.  

Ensuite, beaucoup d'éléments ont été supprimés et des personnages récurrents des bouquins ont içi que trop peu d'importance voir sont totalement supprimés. En principales victimes citons: la coupe du monde de Quidditch (PARTEZ et hop c'est fini) , les elfes de maison (adieu Dobby), les Dursley (une scène qui aurait pourtant trés bien collé avec l'humour de Newell), Rita Skeeter (pourtant parfaite dans ses apparitions), Rogue (diantre si peu de cours sont montrés) et le reste de la liste est long. Enfin,le symbole absolu de cette durée trop courte est sans doute la rencontre tant attendue avec Vous savez qui, seule véritable catastrophe du film. Une scène trés cruelle dans le livre voir sadique car trés lente dans sa montée de l'horreur avec un Voldemort doucereux et démoniaque au possible. Dans le film, on se retrouve avec une scène allant à 200 à l'heure, où les évènements se succèdent les uns aprés les autres sur un rythme effréné avec un Voldemort, interpreté par l'excellent acteur Ralph Fiennes mais qui a joué Vous savez Qui comme une espèce de psycopathe dérangé excité à la cocaine, plus proche du Joker de Batman que du Tom Jedusor du livre. Et malgré un priori incantatum trés fort visuellement et superbement mis en scène, cette scène manque beaucoup trop d'atmosphère comparer au livre. Dommage, car c'était vraiment le moment que tout le monde attendait et sur lequel semblait beaucoup miser le film.

-Primo: vous placez votre nom dans la coupe de feu. Secundo: vous avez deux heures pour réaliser trois tâches et livrer un duel avec le seigneur des ténèbres. -Quoi, c'est tout? -Qu'est ce que vous croyez? On est chez Warnerbros içi, et si vous êtes pas content, on peut toujours appeller Superman.

Mais bon, même si ce défaut est trés gênant autant pour les fans du bouquin qui se mordent les doigts de voir tant de précipitation que pour les spectateurs normaux qui ont de bonnes chances de se retrouver un peu perdu dans tout ça, le film est quand même une réussite, ne serait ce que parce ce qu'elle est enfin la première véritable adaptation qui mérite pleinement d'être mentionnée avec Harry Potter, et qui laisse de l'espoir pour les futures adaptations à venir (même si pour l'ordre du phénix, je souhaite bon courage à  David Yates pour adapter un livre pareil, mais c'est une autre histoire) . Malgré sa durée minimale et le peu de temps qu'il dispose, Newell s'en sort admirablement bien, la plupart du temps et en peu de séquences il arrive à retranscrir l'émotion du livre. Il est juste regrettable qu'il n'ait pas disposer d'une durée plus longue, car le réalisateur a véritablement compris la force du bouquin et n'aurait eu besoin que de peu de temps supplémentaire pour arriver à la hauteur du livre, voir à la dépasser. Mais on ne peut pas dire qu'à part la durée, on n'est beaucoup à se plaindre, même si John Williams s'en est allé, Patrick Doyle a composé une BO des plus acceptables, les effets spéciaux ont vraiment gagner en qualité (autant ceux des autres films étaient vraiment limites, autant là on a du grand spectacle) et les acteurs ont vraiment progresser dans l'interprétation de leurs personnages et ont bien saisi ce qui faisait leur particularité, si ce n'est Ralph Fiennes dont on peut espérer qu'il se corrigea par la suite. Tout comme on peut espérer que Newell reprendra l'adaptation d'un autre livre Harry Potter, avec, espérons le, une durée suffisante cette fois ci. La voie lui est en tout cas grande ouverte, car en peu de temps il a su retranscrir l'univers de Harry Potter avec beaucoup plus de puissance et de justesse qu'auparavant.

Quand une baguette magique rencontre un sabre laser



Publié dans Films du jour

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capucine 19/08/2008 16:47

c' EST LA FINc'est un des film des livres préféré que j'aime avec les autres mais c'est bientôt fini dans 3 ans c'est film et c'est livre ne serons plus connu malheureusement c' est triste mais faut un jour que ce sois la fin sa fait 7 ans que sa existe