Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal: les années passent et l'aventure continue

Publié le par Leon9000

Il est enfin de retour, ce vieux vaurien! L'inénarrable, l'inimitable, l'indétrônable Indiana Jones revient enfin dans les salles obscures après des années d'espoirs et d'attentes. Si la prudence serait en théorie de rigueur devant un retour si tardif, la joie de retrouver Mr Jones fait fuir toute logique et on attend les premières secondes du film avec une impatience et un enthousiasme débordants. Et au bout du compte, quelles sont les émotions à la sortie de ce film? Doit t-on craindre une dénaturalisation du mythe comme dans une certaine galaxie lointaine, très lointaine? Ou bien assiste t-on à un retour en fanfares du plus célèbre des aventuriers?

Harrison Ford. Paramount Pictures

Non sa place n'est pas dans un musée!


Au cours de la séance, les impressions alternent le chaud et le froid et l'émerveillement succède à l'agacement. Après une introduction extrêmement déroutante et qui fait craindre le pire pour la suite, cet Indiana Jones souffrira de quelques défauts non négligeables. En premier lieu vient l'exagération exacerbée de certaines scènes. Nous sommes, certes, dans un Indiana Jones et la saga n'a jamais mis en avant son côté réaliste mais il y a néanmoins une limite dans l'invraisemblance et de ce point de vue là, cet épisode ne se montre pas aussi bien ficelé que la Dernière Croisade et rappelle quelques peu les excentricités regrettables du Temple Maudit. Paradoxalement, le film souffre également de longues séquences explicatives ayant tendance à traîner en longueur et nuire au rythme du récit. Néanmoins, ces quelques critiques sont t-elles suffisantes pour crier à la trahison et vouer Spielberg et compagnie à la damnation éternelle? Fort heureusement, il n'en est rien car au bout du compte, ces quelques réprimandes finissent par s'estomper et c'est avec une joie non dissimulée que l'on s'aperçoit que l'esprit de la saga est toujours là.

L'humour, le dynamisme, l'auto dérision et l'action effrénée indissociables d'Indiana Jones sont eux aussi de retour et c'est avec un enthousiasme évident que Spielberg et son équipe nous emmènent dans une quatrième aventure où le monde a changé et où Indiana Jones évolue dans un contexte bien différent de la pré seconde guerre mondiale. La guerre froide sert ici de décor à l'action et si le film n'est pas dénué d'un double regard sur cette période, celle ci fournit, avec une merveilleuse efficacité, de multiples prétextes à l'aventure. Cela faisait longtemps que l'on n'avait pas assisté à un tel déferlement de péripéties et de rebondissements en tout genre, oui vraiment trop longtemps. On en finit par se demander pourquoi avoir autant attendu avant le retour d'Indiana Jones tant il est évident qu'Harrison Ford et Karen Allen retrouvent avec une immense joie leurs personnages. Quant à Cate Blanchett, son immense talent d'actrice lui permet de s'imposer comme le meilleur adversaire qu'ait eu à affronter Junior. On regrettera néanmoins la prestation en demi teinte de Shia LeBeouf qui, malgré le potentiel de son rôle, a bien du mal à insuffler du charisme à son personnage.

Si l'ensemble du film n'est guère parfait, l'ambiance de la saga a été rendue avec beaucoup de fidélité et d'émotion; et de la même manière qu'Harrison Ford n'a aucun mal à s'imposer à l'écran malgré son âge avancé (il est temps d'enterrer toutes ces critiques sur sa capacité à incarner Indy tant elles paraissent dérisoires à présent) la magie de la saga n'a aucun mal à opérer et l'on finit surtout par regretter de ne pas voir plus souvent l'utilisation du fouet ou du magnum. Quant à l'orientation science fiction tant crainte par maints fans, elle s'insère finalement plutôt bien dans le récit même si elle n'apporte pas la même fraîcheur chevaleresque que les reliques anciennes des premiers films. Cette nouvelle orientation de même que le nouveau contexte de l'action ont le mérite d'apporter de l'innovation et de l'originalité au récit et bien que cet Indiana Jones se repose beaucoup sur les bases de ses aînés, il n'en demeure pas moins un épisode particulier, avec ses qualités et ses défauts spécifiques.

Shia LaBeouf, Harrison Ford et Karen Allen. Paramount Pictures

Indiana Jones ce n'est pas qu'un personnage, c'est aussi un univers d'aventures et de péripéties. Fort heureusement, tous ces éléments sont de retour et dés que la magie fonctionne, à quoi bon s'attarder sur les défauts?


S'il est très loin de pouvoir prétendre au titre de meilleur épisode de la saga (la palme semblant être éternellement destinée à la Dernière Croisade) , cette quatrième aventure d'Indiana Jones réussit son pari et malgré les maladresses du film, c'est avec une immense joie que l'on retrouve ce bon vieux parfum d'aventure et d'héroïsme qui rejaillit à l'écran avec une intensité délicieuse. Au bout du compte, il n'y a plus à se poser la question du temps passé, de la vieillesse de l'archéologue, de l'intérêt de ce retour...Confortablement installé, on se contente de regarder ce nouveau voyage d'Indiana Jones et qu'est ce qu'Indiana Jones? C'est de l'aventure à l'état pur, un divertissement de qualité tel qu'on n'en avait pas vu depuis longtemps, un film qui se regarde avec des yeux d'enfants, c'est...

Harrison Ford. Paramount Pictures

Tout simplement magique.

Merci à Spielberg, Harrison et tous les autres pour avoir relever ce défi en nous offrant une nouvelle aventure incroyable et s'ils veulent retenter leur chance pour un cinquième et dernier volet...Ils seront accueillis les bras ouverts, pas vrai Junior?



Publié dans Films vus en salles

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Darkskywalker 22/05/2008 21:00

Personnellement, j'ai toujours eu un peu de mal avec le Temple Maudit. Même si j'avais grandement apprécié la cultissime course poursuite en Wagons, je n'avais pas trop aimé l'atmosphère du film tantôt enfantine (Demi Lune, la fille qui passe son temps à hurler etc) mais aussi parfois violente (les rites sataniques etc).

Ce mélange contradictoire nuisait à l'intensité du film et d'ailleurs, Spielberg et Lucas sont heureusement partis dans la direction inverse pour le troisième film en reprenant les bases beaucoup plus efficaces des Aventuriers de l'Arche Perdue.

Cela fait néanmoins un moment que je n'ai pas vu ce second Indiana Jones, je serais peut être moins critique à son égard si je le revoyais maintenant.

Palilia 21/05/2008 23:13

mercitu es le second à le résumer de cette façon et il me tarde d'aller le voir. Curieusement, je suis la seule parmi plusieurs personnes autour de moi à préférer le second Indiana Jones. On a bien besoin d'un peu d'aventure