Lara Croft Tomb Raider Legend: la traversée du désert est finie, direction l'Alaska.

Publié le par Leon9000

Son passe temps favori est de rechercher des tombes remplies d’araignées géantes en Egypte ou de jouer avec des Yetis en Himalaya. Elle saute de cinq étages sans élastique pour prendre son petit déjeuner Spécial K Minceur et n’a pourtant pas pris une ride en dix ans (normal, elle a volé le Saint Graal au petit fils d’Indiana Jones). Elle se balade toujours pour faire ses courses avec deux revolvers aux munitions tellement nombreuses qu’elle pourrait faire sauter la muraille de Chine avec et elle a tellement voyager dans le monde qu’elle est la cliente favorite d’Eurocard Mastercard. Elle a provoquer une pénurie de mercenaires à travers le monde et a vu tellement  de choses étranges qu’elle travaille aussi à mi temps  au service de renseignements de X Files. Enfin, elle a été associé aux titres les plus illustres du jeu vidéo et l’un des navets les plus abominables du cinéma. Tout le monde aura compris qu’il ne s’agit pas de Mary Poppins mais de Lara Croft, héroïne de la saga Tomb Raider, considéré comme l’une des séries d’aventure majeures de l’histoire du jeu vidéo. Toutefois l’héroïne connut une traversée du désert plutôt longue après de longues années de gloire mais la voici qui revient dans un opus qui non content de réconcilier les fans de Tomb Raider s’attire lui aussi les grâces de nombreux allergiques à Lara Croft.

 

Dix ans déjà... En voilà une qui va avoir du mal à accepter la retraite.

Pour comprendre la position particulière de Tomb Raider Legend dans la saga et ce qui fit son succès à son sortie, voici l’heure du rappel historique. A leur sortie, les premiers opus de Tomb Raider créèrent rapidement une communauté de fans importante et obtinrent une notoriété internationale dans le monde des jeux vidéos. La série s’imposa d’emblée comme l’une des évolutions majeures de la simulation d’aventure en proposant une quête extrêmement attractive de pillages de tombes et d’exploration de sites anciens. Bien que le choix d’une héroïne (au lieu du personnage masculin initialement prévu) ne fut guère anodin dans le succès de l’œuvre, la réalisation technique de qualité joua également pour beaucoup dans l’immersion de Tomb Raider. Toutefois lorsque beaucoup adhéraient aux décors majestueux et au souffle d’aventure de Lara Croft, nombreux étaient également ceux qui étaient repousser par un gameplay assez rébarbatif par ses acrobaties ultra millimétrées et son manque de plaisir à prendre en main.

 

La suite de l’histoire n’allait pas être brillante pour Lara Croft. Alors que les soucis de gameplay se perpétuèrent le long des titres, l’univers de Tomb Raider commença à sérieusement perdre de sa superbe et de son impact. Le peu de nouveauté à chaque nouveau titre de même qu’une réalisation qui commençait à être à la traîne aboutirent à un cinquième volet aberrant de manque d’originalité et confirmant que le potentiel de la saga commençait à être épuisé en raison d’une forte répétitivité. La réputation de Lara Croft restait tout de même stable même si l’enthousiasme des premiers jours avait disparu. Entre temps  était sorti le premier volet cinématographique tiré de la saga, de qualité plutôt médiocre mais constituant un divertissement honorable surtout grâce au choix idéal de Miss Brad Pitt pour incarner Lara Croft.

 

Puis la Playstation 2 arriva et beaucoup espérèrent du nouveau titre de la saga. Sentant que les joueurs étaient lassés du manque d’originalité de la saga, ils tentèrent un coup de poker qui aurait pu se révéler réussi. Le nouvel opus intitulé « l’ange des ténèbres » plongeait le joueur dans une chute aux enfers de Lara Croft, pourchassée pour le meurtre de son mentor, dans les sombres rues de Paris, bien loin des tombeaux et sites archéologiques habituels. Ce choix artistique divisa le public, certains regrettèrent l’esprit d’aventure de la saga, d’autres apprécièrent l’élégance de l’univers et la complexité de l’intrigue. Seulement tous les joueurs furent d’accord pour reconnaître que si le titre tentait de faire évoluer la saga dans son ambiance, la réalisation était elle parfaitement calamiteuse. La maniabilité de ce Tomb Raider était des plus énervantes, Lara Croft étant aussi aisé à contrôler qu’un gorille perdu en pleine ville, au point qu’on en venait à passer trois heures à vouloir sortir d’une pièce et à jeter Lara Croft dans le vide pour se défouler un peu. Rajoutez à cela, de nombreux problèmes de caméra ainsi que de fréquents bugs, des systèmes de jeu plutôt mal pensés, et des graphismes assez médiocres, cet opus de Tomb Raider était tout sauf plaisant à jouer. Aussi, si le jeu trouva son public grâce à son univers particulier dans la saga, l’échec critique de « l’ange des ténèbres » fut retentissant et semblait être le coup de grâce pour une saga déjà en perte de vitesse. Et comme si cela ne suffisait pas, le deuxième opus cinématographique de Lara Croft sortit dans les salles et en plus d’être une honte vis à vis du jeu vidéo, ce film était aussi une belle injure lancée au cinéma proprement dit. Il semblait bel et bien que la fin était venue pour Tomb Raider et tandis que beaucoup creusaient déjà la tombe de Lara Croft, Eidos, le studio producteur de la série décida d’employer les grands moyens afin de sauver sa franchise fétiche.

 

-Bon, les gars, si on se plante encore, c'est foutu, faut donner le paquet là. - Ok!

Tout d’abord, Core Design, développeur de « l’ange des ténèbres » et qui comptait faire une trilogie basée sur cette période de la saga, fut tout simplement viré dés l’énorme déception provoquée par le premier opus. Pour le remplacer, Eidos fait appel à Crystal Dynamics un talentueux développeur de jeux vidéos qui venait justement d’achever en beauté sa série phare, la très respectée saga «Soul Reaver ». Puis, Toby Gard, le créateur de Lara Croft est appelé à la rescousse pour éviter la catastrophe. Les développeurs annoncent d’ores et déjà que le prochain titre reprendra l’ambiance d’aventures et de quête de la série en la développant encore davantage. Le septième opus de la saga Tomb Raider intitulé Tomb Raider Legend sort après une très longue campagne de marketing. Le moins que l’on puisse dire est que le jeu est un triomphe pour Eidos et Crystal Dynamics, le succès est autant critique que public et parfaitement mérité. En effet, une fois le jeu entre les mains, l’ambition des développeurs de proposer l’aventure Lara Croft la plus riche et de reconquérir le cœur du public est frappante au point que même ceux qui s’étaient toujours éloignés des Tomb Raider peuvent se laisser tenter par cet ultime opus.

 

 

En premier lieu, pourquoi Tomb Raider Legend parvient t-il à séduire là où beaucoup d’autres opus de la saga avaient échoué ? En quelques mots, le fun et l’accessibilité. Crystal Dynamics a visiblement prêter une grande attention aux critiques lancées contre la saga, et cet opus est avant tout un moyen radical de faire taire toutes les mauvaises langues. L’ambiance de la série Tomb Raider est donc de retour avec ses explorations et ses cascades vertigineuses, seulement lorsque cela signifiait autrefois des recherches pouvant s’éterniser sans fin afin de progresser dans le jeu, dans Tomb Raider Legend cela prend la tournure de l’aventure au premier sens du terme avec courses poursuites effrénées, pièges à éviter, décors majestueux à traverser, monstres énormes à décimer etc etc Tout le titre est fait pour une prise en main rapide et agréable afin de conférer le maximum de plaisir au joueur. Une évolution radicale qui rappelle celle majestueuse du grand Resident Evil 4, l’un des plus grands jeux vidéos de tous les temps  qui avait également complètement renouveler la saga de Capcom en perte de vitesse et dont ce Tomb Raider doit beaucoup.

 

Les phases de plate forme, elles, font appel à une autre grande saga, celle des Prince Of Persia dont Tomb Raider Legend reprend le spectaculaire et la maniabilité excellente en y rajoutant des animations réalistes et réussies. La modélisation de l’héroïne est en effet extrêmement convaincante dans sa gestuelle et ses déplacements, un véritable travail graphique a été effectué afin de convaincre le public, laissant derrière lui le retard visuel des anciens Tomb Raider. Les décors ne sont pas délaissés et au contraire impressionnent par leur variété et leur élégance, rendant encore plus agréable les phases de plate forme. La progression dans le jeu est aisée (peut être trop diront certains) et garantit une évolution rapide et agréable du joueur au sein des différents environnements visités.

 

Les combats disposent eux aussi d’un tout nouveau système de gameplay, extrêmement efficace et agréable à utiliser. Les affrontements, bien que n’étant pas réalistes pour un sou, mettent en avant les acrobaties vertigineuses de Lara Croft et font appel à des milliers d’explosions et de détonations de balles. Les deux revolvers ainsi que les autres armes utilisables seront très souvent amenés à être utilisés ainsi que des éléments du décor grâce à des actions contextuelles, la gestion de la gravité du jeu sans être impressionnante étant tout de même assez poussée, de même que dans les énigmes. De plus, une nouvelle fonction du gameplay vous permet de prendre appui sur les ennemis afin de vous élancer dans les airs au ralenti et de rivaliser avec Néo en utilisant le bullet time. Des phases à moto sont également présentes et bien qu’un peu longues, sont également extrêmement fun et spectaculaires. Enfin, le jeu fait intervenir à maintes reprises dans les cinématiques et dans les parties de nombreuses actions contextuelles, reprises de Resident Evil 4, dont l’efficacité de ce système (très à la mode dans les jeux vidéos actuels) est toujours exemplaire.

 

 Les graphismes du jeu sont superbes  (les effets de lumière, repris de Prince Of Persia, sont toujours aussi éblouissants) malgré une modélisation des autres personnages notamment des ennemis assez médiocre, les développeurs s’étant visiblement concentrer davantage sur l’héroïne . La bande son dans un registre très épique est également une réussite. De plus, alors qu’on aurait pu penser à une intrigue sans importance, celle ci est tout de même assez complexe et ingénieuse par son utilisation intelligente du mythe du Roi Arthur, malgré quelques dialogues un peu ridicules. Ainsi c’est un véritable plaisir de contrôler Lara Croft à travers ses niveaux sublimes et ces affrontements d’anthologie, la volonté et l’ambition des développeurs étant vraiment visible et le plaisir de jeu très immersif. L’œuvre est donc une réussite assez remarquable, compte tenu de l’évolution magistrale qu’elle apporte dans la saga Tomb Raider, bien qu’elle reste perfectible en bien des points.

 

Exploration agréable dans des décors variés et superbes...

 

Gunfights d'anthologie...

Courses poursuites d'enfer, Lara Croft fait tout ce qu'elle peut pour reconquérir son public et ça marche.

Tout d’abord, la maniabilité du jeu, bien que généralement excellente, est assez maladroite dans les affrontements contre les boss, dont le jeu aurait gagner à faire intervenir davantage les actions contextuelles, comme le troisième volet des Prince Of Persia. De plus, la facilité de jeu n’égale pas celle de Prince Of Persia en raison de quelques problèmes de caméra qui amènent souvent à sauter dans le vide par erreur. Mais le défaut le plus regrettable du jeu est sa durée de vie assez limitée, d’environ une dizaine d’heures, soit deux fois moins que dans les autres opus de la saga. Le titre paye son accessibilité par l’évolution rapide du joueur dans le jeu, les missions n’étant finalement pas extrêmement longues ni nombreuses, bien qu’elles sont très diversifiées et offrent un plaisir de jeu certain. Pour pallier cette durée de vie faible, le titre propose quelques solutions assez efficaces. En premier lieu, l’éternel Manoir des Croft, lieu récurrent de tous les opus de la saga, mais superbement modélisé ici sur celui des films.  Le Manoir constitue une sorte de niveau à part entière que vous pouvez explorer à tout moment dans le jeu pour faire une pause entre deux explorations et découvrir de nombreux secrets de la grande demeure de Lara dont les médaillons en bronze, en argent et en or. Ces médaillons sont également présents dans tous les niveaux et une fois le jeu terminé, vous pourrez revisiter chaque lieu de l’aventure dans les moindres détails afin de trouver toutes les reliques, ce qui demandera des heures supplémentaires de recherche. Dans le sens contraire, un autre mode de jeu nommé « contre la montre » vous demandera de traverser le plus vite possible les niveaux en un temps record, requérant ainsi une parfaite connaissance du terrain parcouru.

 

Puisque Lara Croft est un titre très plaisant, l’idée de parcourir à nouveau les niveaux vient d’elle même mais le faire avec un nouveau challenge est encore plus agréable, et augmente ainsi le temps  passé sur le titre, bien que l’on aurait souhaiter davantage de niveaux supplémentaires. A noter que les récompenses de ces épreuves en cas de réussite ( à part les biographies, croquis du jeu et améliorations habituelles) constituent principalement de nouvelles tenues pour Lara Croft dont la garde robe est assez considérable, d’autant que le look de l’héroïne est souvent excellent à travers les nouvelles tenues.

 

 La quête de ces médaillons augmentera la durée de vie faible du jeu, si vous voulez relooker Lara Croft à votre façon, vous avez intérêt à tous les trouver.

Malgré sa faible durée de vie et quelques points perfectibles, Tomb Raider Legend reste tout de même une belle démonstration de savoir faire et de renouvellement dans une saga si illustre du jeu vidéo. L’immersion et le plaisir de jeu sont réels et d’autant plus remarquables qu’ils surviennent après un long passage à vide pour la série. Tomb Raider Legend devrait convaincre tous ceux qui espèrent jouer à un excellent jeu d’aventure moderne et a certainement considérablement agrandi la communauté des fans de Lara Croft auxquels se sont ralliés bien des anciens détracteurs de la saga (dont celui qui écrit cet article en faisait partie). Pour l’heure, sachez que la série compte bien profiter de ce renouveau de popularité et enchaîne derechef pour le dixième anniversaire de la série,  avec le remake très attendu du premier opus de la saga, le plus daté et le moins connu aujourd’hui. Crystal Dynamics est toujours logiquement aux commandes et semble vouloir offrir une version très fidèle au jeu original avec des graphismes réadaptés aux technologiques actuelles et une refonte du gameplay et de la bande sonore. Un troisième volet de la saga est également prévu au cinéma, mais ça inutile sans doute d’en espérer beaucoup. Lara Croft n’a donc pas fini d’explorer de nouveaux mystères et de s’imposer comme l’équivalent de James Bond dans le monde des jeux vidéos.

NOTE: 15/20.



Publié dans Jeux vidéos

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Commenter cet article

lili 20/06/2007 14:05

Darkyyyyy, mais où t'es passé? =/