Le Livre d'Eli: une messe ratée

Publié le par Leon9000

Denzel Washington. Metropolitan FilmExport

I am a poor lonesome cowboy

Pour débuter dans l'originalité et la subtilité cette année 2010, voici la présentation du Livre d'Eli, film retraçant le voyage spirituel du possesseur du dernier exemplaire de la Bible dans un monde ô surprise apocalyptique et dévasté où l'homme peut ainsi exprimer ses impulsions primaires. Certes, voir un Denzel Washington monstrueux de charisme marcher en ralenti dans des contrées arides et désertes constitue toujours un agréable moment, mais l'avalanche de films exploitant une humanité brisée au bord de l'anéantisement est devenue une chose si courante que toutes les oeuvres à ce sujet finissent par se ressembler. Le contexte du film n'est guère l'occassion de pencher vers le réalisme désespéré de la Route mais plutôt de fournir un bon prétexte à des scènes d'action, assez réussies il faut l'admettre notamment dans leur choix de montrer les affrontements en séquences ininterrompues au lieu de l'habituel montage dynamique-épileptique de ces dernières années.

Même si le spectateur s'attend presque à une rencontre entre Eli et le John Connor de Terminator Renaissance, le moine guerrier ne combat pas içi Skynet mais ses propres semblables menés par un tyran local qui donne l'occassion à Gary Oldman de retrouver avec plaisir un rôle de pourriture qu'il avait quelque peu délaissé. Tout cela semble à priori bien plaisant mais dés que le film tente de dépeindre autre chose que de l'action, le récit est proche du néant absolu. L'intrigue tente d'apporter une touche d'humanité et d'émotion à travers le personnage féminin principal qui constitue un monumental désastre à tous les niveaux, ne cessant d'allourdir le film à chacune de ses apparitions. Et comme cela était malheureusement prévisible, le Livre d'Eli n'échappe pas à une métaphore biblique de plus en plus mise en avant tout le long du film. Le récit s'achève avec une leçon religieuse aussi ridicule que banale et qui ne cesse de s'étirer sur un dénouement trop long où le réalisateur semble vouloir à tout prix transmettre la foi au public. Si les premières minutes du film laissent espérer un sympathique film d'action sans grande prétention, la dimension religieuse trop accentuée du récit confère au Livre d'Eli une lourdeur absurde dont le spectateur se serait bien passé. Le réalisateur aurait dû se rappeller que le cinéma n'est pas une église.



Publié dans Films vus en salles

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Darkskywalker 23/01/2010 21:38

Ah il ne faut absolument pas attendre beaucoup de ce film, même moi j'avais trés peu d'exigeances en allant le voir, juste envie de voir un honnête divertissement mais même en la matière le film a du mal à convaincre. C'est le genre de film à voir avec ces potes un samedi soir autour d'une pizza mais pas en payant une place de ciné lol

Sinon j'ai encore mes derniers examens dans la semaine qui arrive, j'ai eu un mois trés chargé du coup j'ai même pas fini l'article de psychopathe que j'ai écrit sur Avatar, je devrais le mettre en ligne la semaine prochaine normalement, en espérant avoir aussi le temps de faire quelques vidés.

A un de ces 4!

lili 23/01/2010 12:29

Ah nan, ne me dis pas ça, j'avais de grandes espérances dans ce film !! :o

Je ne sais pas si j'irai le voir au ciné, du coup^^
Peut-être que je vais attendre un peu...
Ou alors, rien que le fait que Gary Oldman y joue un de ses rôles de prédilection me fera me bouger pour aller voir ça de moi-même :p

Aller, à bientôt ;)
(J'espère que tu vas bien ! pas trop d'exams en ce moment ?)