Monsters: au delà des apparences

Publié le par Leon9000

 

Curieux objet d'étude que ce Monsters désigné fréquemment comme se situant dans la lignée de l'excellent District 09. Il est vrai que l'oeuvre apporte également un soin particulier au réalisme et à la crédibilité de son univers prenant comme cadre d'action un Mexique devenu bien malgré tout le terrain de guerre entre une race extraterrestre et les forces militaires américaines. A nouveau, le film adopte une représentation très proche du documentaire, de part son héros photographe chargé d'immortaliser cette réalité improbable et le soucis du détail grâce auquel le spectateur est plongé dans un monde cohérent et proche du notre. Mais cette assimilation avec District 09 se limite simplement au contexte et au réalisme opéré sur cette Rencontre du Troisième Type, car au delà de ces éléments, Monsters est avant tout une romance complexe et non avouée entre deux individus, un voyage initiatique pour trouver à nouveau une signification à son existence.

Le récit adopte un point de vue remarquablement intimiste et focalise ainsi son attention sur ses deux protagonistes errant dans ces paysages dévastés. Les monstres qui donnent leurs noms au film font davantage de la figuration et sont avant tout présents pour dresser une métaphore à plusieurs niveaux. Premièrement, celles des deux amants eux mêmes qui se rendent compte durant leur voyage du vide qui pèse dans leur vie mais qui demeurent incapable de s'avouer leurs sentiments mutuels. Ensuite, la métaphore de la peur de l'Amérique envers ce qu'elle ne connait pas et n'essaie pas de comprendre, préférant se barricader derrière ses murs impénétrables pour empêcher ces civilisations extérieures d'entrer en contact avec elle.

SND

Malheureusement en dépit de cette métaphore sentimentale et politique tout à fait pertinente, il apparaît rapidement évident que le récit n'a pas grand chose à raconter et que le film n'osera pas dépasser la simple mise en place de ce contexte audacieux. Malgré la durée assez réduite du film, l'ennui est malheureusement présent, pas en raison du caractère intimiste du film qui demeure intéressant mais du vide de plus en plus consistant de l'intrigue. Et ce n'est pas la soudaineté du dénouement qui vient atténuer ces impressions mitigés, Monsters est non seulement un film dont le titre est affreusement trompeur et maladroit mais qui au bout du compte n'est pas capable d'aller plus loin que son contexte initial. L'originalité de son atmosphère et de son propos, davantage que la richesse de son intrigue, peuvent ainsi faire de ce Monsters un objet intriguant de curiosité mais le film n'a pas assez de richesse et de contenu pour rester dans les mémoires ni même prétendre rivaliser avec la qualité et l'ingéniosité de District 09.



Publié dans Films vus en salles

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christophe 09/02/2011 15:21

Moi, j'ai beaucoup aimé. Et je suis assez d'accord : arrêtons la comparaison avec District 9. De plus, j'en ai un peu assez de voir cette référence ressortir à chaque nouveau film d'Aliens. District 9 était effectivement très bien, mais ce n'est pas non plus la référence absolue...

score 07/12/2010 01:39

j'attendais beaucoup mieux de ce film...