Munich: "Oublions la paix pour le moment. Nous devons montrer notre force."

Publié le par Leon9000

Eric Bana et Ayelet Zurer. Universal Pictures

"N'oublie pas ma voix, mon coeur."

Incontestablement l'une des oeuvres les plus réussies du grand Steven Spielberg. En tant que Juif, batîr une oeuvre sur le conflit Israelo-Palestinien fut un véritable défi pour le cinéaste de part la complexité de l'histoire et ses répercussions qui se ressentent encore aujourd'hui. Prenant le choix de ne prendre aucun parti pris ni d'apporter une solution au conflit, Spielberg se focalise davantage sur le drame humain déclenché par le cycle éternel de la violence et offre un récit incroyablement humain et dénué de tout stéréotype déplacé. Il en résulte une oeuvre teintée d'amertume où la répétition inlassable de la haine conduit aux désillussions et aux tueries incessantes. La violence y est içi présentée dans tout son paradoxe, à la fois l'outil de défense et également la source de tous les problèmes.

La complexité démente du conflit y est parfaitement retranscrite à tel point que les personnages eux mêmes sont en constante perte de repères et n'ont plus d'autre solution que de pleurer sur le triste sort du monde. A travers cette histoire, Steven Spielberg a sans doute trouvé une de ses plus grandes sources d'inspiration et d'implication personnelle, la plus importante sans doute depuis la Liste de Schindler. L'incroyable talent du cinéaste crève l'écran; appuyé par une photographie magnifique mettant en relief la sobriété du film, la réalisation de Spielberg enchaîne les prouesses de génie et accentue au paroxysme toute l'absurdité, la cruauté et le drame du récit. Le film est également l'oeuvre la plus internationale du cinéaste, compte tenu des nombreux lieux de l'action et de la multiplicité des acteurs présents ( l'un des meilleurs castings des films de Spielberg).

Il est également intéressant de noter que la musique de John Williams joue içi un rôle beaucoup moins important que dans les autres films du réalisateur, l'intensité du récit étant souvent suffisante pour se dispenser d'un accompagnement musical. Si l'on pourra reprocher au film une certaine répétition dans le récit (un élément obligatoire compte tenu du thème abordé et du cycle permanent de violence qui en découle), il est indéniable que Munich figure au panthéon des oeuvres de ce grand cinéaste. Spielberg a fait face à la complexité de sa tâche avec tout son génie et son ingéniosité et a offert un formidable drame humain mais également un constat poignant sur l'histoire et l'absurdité de la violence.



Publié dans Films du jour

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