Le Parrain: "un homme qui ne prend pas soin de sa famille n'est pas un véritable homme"

Publié le par Leon9000

Marlon Brando. Paramount Pictures

"Papi, je vais te faire une offre qu'on ne refuse pas. -Il me plaît ce petit."

 

Il s'agit là d'un de ces chefs d'oeuvres du cinéma dont il y a tant à dire qu'on ne sait plus par où commencer. Chaque séquence est dirigée avec une telle maestria que le film donne envie de citer chaque scène de l'oeuvre et d'en analyser les ingrédients qui en font sa réussite. Dés le commencement du film, le spectateur se retrouve immédiatement plongé dans une atmosphère d'extravagance où il assiste incrédule à plusieurs mises à mort par un Marlon Brando serein discutant tranquillement des contrats à venir pendant une réunion familiale. Ici, tout se joue dans l'ambiance. Le pouvoir accumulé par les chefs des mafia est d'autant plus extraordinaire qu'ils le traitent comme s'il s'agissait d'une gestion familiale avec ses codes et ses rituels. C'est ainsi que le film s'attache à la question de l'héritage familial où le vieux chef de famille décidant que son temps est venu lègue ses pouvoirs et son savoir à ses enfants (Coppola parlera d'un roi et de ses trois fils). L'attachement aux personnages comme s'il s'agissait d'une famille ordinaire n'en est ainsi que plus effrayant.

 L'action du Parrain est lente mais accumule une tension à travers une succession de complots et de conflits personnels éclatant en des scènes de violence brèves et d'une haine disproportionnée. La famille reprend ensuite ses activités normales et tente de continuer à vivre malgré les tragédies passées. Malgré sa durée longue de trois heures, l'ennui n'a pas de place dans le Parrain. Le spectateur est transporté irrésistiblement dans cet univers à la fois semblant si éloigné et pourtant si proche. Mise en scène extraordinaire du grand Francis Ford Coppola, musique envoûtante, interprétation majestueuse (mythiques Marlon Brando et Al Pacino) : le Parrain accumule les qualités lui permettant de dresser un portrait saisissant et incroyablement réaliste d'une autre vision du rêve américain. Voilà assurément ce que l'on appelle couramment un classique du cinéma.

Anecdote amusante: le bébé dont Al Pacino devient le parrain à la fin du film (une scène pleine de symboles) n'est autre que Sofia Coppola, la propre fille du réalisateur, et qui sera plus tard la réalisatrice de Virgin Suicides, Lost In Translation et plus récemment Marie Antoinette.



Publié dans Films du jour

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