Porco Rosso: la passion des airs

Publié le par Leon9000

Le Studio Ghibli

Miyazaki exprime içi à son paroxysme l'un des principaux thèmes récurrents de ses oeuvres à savoir l'évasion par les airs ou comment le ciel fait oublier les tourments terrestres. Les séquences aériennes ne sont pas rares dans les Miyazaki et dégagent souvent un sentiment de liberté, d'aventure et de fascination. Dans Porco Rosso, le ciel constitue le principal cadre de l'action, de même que la véritable maison du héros. Cette fascination pour les airs y est même assimilé, dans une scène magistrale, à la tentation du Paradis où des centaines d'avions de guerre formant une voie lactée s'élèvent de plus en plus haut dans le ciel. Car la guerre est une fois de plus omniprésente dans l'oeuvre de Miyazaki et le ciel est à la fois objet de rêve mais également le théâtre des combats.

Sans atteindre la maturité de ses oeuvres futures, Miyazaki marquait déjà un certain pas en avant avec Porco Rosso bien qu'il n'abandonnait pas l'humour touchant qui parsème ses films. Il est d'ailleurs étonnant de constater qu'au delà de son héros cochon et de ses batailles épiques, Porco Rosso est peut être le film le plus ancré dans la réalité parmi tous les Miyazaki. Ainsi lorsque le héros quitte ses nuages pour fouler le sol terrestre, il se retrouve plongé dans une Italie faschiste plongée dans la guerre et le complot. Un univers moins ancré dans l'imaginaire à l'image de son héros, qui malgré son physique, est l'un des personnages les plus cyniques et bourrus imaginés par le cinéaste. Il convient d'ailleurs de saluer le doublage français, comme toujours excellent chez les Miyazaki, où la voix de Jean Reno confère beaucoup de charisme à Porco.

Malheureusement, passée la première heure d'émerveillement, l'oeuvre retombe un peu mollement sur ses pattes. Miyazaki exploite moins le potentiel de cet univers qu'il le fait dans d'autres films et la dernière demi heure se veut beaucoup moins chargée d'émotion que dans ses chefs d'oeuvres. A cela s'ajoutent un scénario manquant un peu de consistance (on peut également y voir une volonté de laisser libre l'interprétation du spectateur) et surtout un dénouement beaucoup trop hatif et qui donne un amer goût de fin bâclée.

Même s'il figure pas parmi les plus grands chefs d'oeuvres de ce génie, un bon Miyazaki est toujours un instant de magie et d'évasion. Il s'agit en tout cas d'une oeuvre à prendre en compte dans la fascinante carrière de Miyazaki, cet incroyable génie surlequel on pourrait écrire pendant des années tant ses oeuvres sont riches et généreuses.



Publié dans Films du jour

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