Predators: les rastas maudits

Publié le par Leon9000

 

Cette affiche n'aurait pas paru décalée dans Grindhouse

Plus de 20 ans après sa sortie, le premier Predator continue de faire vibrer le coeur des amateurs d'action, de science fiction et de nanars. Le film avait été le premier succès public du réalisateur John McTiernan, devenu un cinéaste culte de films d'action durant le début des années 90 (Piège de Cristal, A la poursuite d'Octobre rouge, Une journée en enfer) mais tombé en disgrâce durant la fin du siècle précédent et ne donnant plus beaucoup de signes de vie depuis, un peu à l'image de John Carpenter. Le Predator aura finalement suivi un chemin assez similaire à celui de son créateur. Doté d'une suite mitigée qui fait encore débat parmi les fans et de deux crossover avec la saga Alien qui mettent tout le monde d'accord sur leur médiocrité, l'extraterrestre le plus rasta de l'univers semblait être voué à finir une bonne fois pour toutes au placard. C'était sans compter sur la motivation de l'infatigable, l'inépuisable, l'indéfinissable Robert Rodriguez qui parmi sa trentaine de projets quotidiens avait livré son propre script d'une suite au premier Predator il y a dix ans. Bien décidé à redorer le blason de la licence, Robert Rodriguez et son studio Trouble Makers se chargent de la production pendant que le réalisateur Nimrod Antal promet que le film reviendra aux sources de la saga et à la gloire du Predator. Malheureusement, une bonne volonté ne fait pas toujours tout.

 

Le début du récit fourmille pourtant de bonnes idées. Plutôt que de tenter d'égaler Arnold Schwarzenegger alias Gouvernator, Rodriguez a eu la bonne idée de se reposer sur une équipe entière de tueurs menés par un Adrian Brody qui trouve ici son premier rôle d'homme d'action prenant à contrepoids toutes les prévisions en la matière. Le film est indéniablement influencé par l'oeuvre originale, que ce soit dans sa mise en scène ou dans sa narration, se focalisant sur les protagonistes en proie au doute face à ce Prédateur invisible et menaçant. Malheureusement, malgré une première apparition réussie des Predators, le film semble oublier ses promesses initiales et manque de créativité durant sa deuxième partie. L'apparition de Laurence Fishburne dont le rôle amoindrit et discrédite quelque peu le film, sonne le départ de la chute. Le scénario emprunte soit des chemins maladroits voir ridicules ou se contente de recopier bêtement l'oeuvre originale. Le spectateur finit même par se demander pourquoi le film s'est donné la peine de déplacer l'action sur une autre planète si c'est pour avoir toujours l'impression d'être en Amazonie, il est difficile de dire que la direction artistique du film a fait un travail titanesque en la matière.

Adrien Brody. Twentieth Century Fox France

Je l'avais dit que je reviendrais!

 

 

L'ensemble finit par manquer d'intensité et d'action (un comble vu la référence) et le film fait l'erreur de trop se prendre au sérieux, en véhiculant une critique sur la monstruosité des humains (les véritables Predators du film) là où l'œuvre originelle se contentait simplement de le suggérer et adoptait un ton plus léger et adéquat. Quant au récit, il témoigne au fur et à mesure de nombreuses failles jusqu'à un dénouement raté laissant une porte de dix kilomètres grande ouverte vers une future suite dont on se demande s'il faut vraiment l'espérer. C'est d'autant plus regrettable que les promesses de la première partie étaient sincèrement alléchantes et que le mythe du Predator pourrait gagner à être exploité et enrichi. Mais il faut croire qu'à l'inverse de la saga Alien, le Predator semble ne jamais pouvoir retrouver son prestige dans ses suites, peut être aurait t-il dû effectivement rester dans la tombe creusée par Schwarzy à la fin du premier film... Quant à l'ami Robert Rodriguez, plutôt que d'investir autant d'argent et d'énergie dans un remake mitigé et maladroit d'un film culte, peut être aurait t-il pu enfin commencer à travailler sur Sin City 2, une suite qui pourrait elle apporter quelque chose de nouveau et de rafraichissant dans le paysage des blockbusters.

 

 

PS: il est de surcroit fort probable qu'entre Shrek 4, Toy Story 3 et bientôt Inception et le Dernier Maitre de l'Air, le film soit un échec retentissant au box office.

 

PPS: la bande annonce du film doit présenter l'une des plus grandes escroqueries de l'année en montrant comme climax de la bande annonce Adrian Brody pointé par une vingtaine de faiseaux lasers des Predators, alors que le nombre de créatures est bien plus réduit dans le film et que cette scène n'existe tout simplement pas!

 

Louiz Ozawa, Adrien Brody, Alice Braga, Danny Trejo, Mahershalalhashbaz Ali, Topher Grace et Walton Goggins. Twentieth Century Fox France

Nimrod Antal et Robert Rodriguez. Twentieth Century Fox France



Publié dans Films vus en salles

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