Le serpent: Clovis Cornillac conduit Yvan Attal en enfer.

Publié le par Leon9000

Pour ce premier film de l'année 2007, pour une fois, le hasard a décidé de la salle obscure fréquentée. Puisque le dernier film vu en 2006 avait été "Ne le dis à personne" ambitieux drame psychologique, il était possible de faire confiance à nouveau au cinéma francais et de tenter sa chance avec une nouvelle oeuvre crée dans nos contrées. Et bien, si le cinéma francais continue à évoluer de la sorte, toutes les distances qui avaient pu être mises vis à vis des oeuvres cinématographiques francaises pourraient bien voler en éclats, comme en témoigne ce thriller psychologique coup de poing qui ne laisse guère indifférent.

Yvan Attal. Wild Bunch Distribution

Il y a vraiment des jours où la poisse vous colle à la peau.

Reprenant le principe courant du thriller psychologique basique à savoir un homme ordinaire se retrouvant du jour au lendemain pris dans une machination infernale, un principe utilisé récemment dans "Ne le dis à personne", le "Serpent" est une oeuvre insistant davantage sur la noirceur, la brutalité et la folie de l'intrigue. Photographie trés élégamment sombre, réalisation trés efficace se basant surtout sur les émotions des deux protagonistes principaux, succession de plans trés rapides afin de retranscrir la perte de repères du personnage principal,  le Serpent est un film qui réussit son pari. Une oeuvre souvent stressante, parfois effrayante, elle illustre avec efficacité un univers machiavélique souvent à mi chemin de basculer dans les pires horreurs émotionnelles, le film n'hésite d'ailleurs pas à se montrer trés violent d'un point de vue sentimental, sans pour autant verser dans la violence à outrance. L'intrigue se basant sur un duel psychologique entre deux individus, la performance des acteurs est pour beaucoup dans la réussite du film, Yvan Attal est trés convaincant mais c'est surtout Clovis Cornillac qui impressionne, flippant à souhait, il incarne avec merveille un personnage pourtant trés différent de ses rôles habituels.

Clovis Cornillac. Wild Bunch Distribution

Clovis Cornillac, méconnaissable, est le fil conducteur d'une intrigue machiavélique à souhait et magnifiquement mise en scène.

L'originalité du roman de base qui servit d'inspiration au film était que l'intrigue mettait en valeur le bourreau et tournait plutôt en disgrâce le héros. De l'aveu même des scénaristes, le film n'ose pas aller jusque là et montre un Yvan Attal plus ferme, défendant avec ardeur sa position face à son ennemi. Toutefois, l'intrigue du film atteint tout de même une certaine spécificité par le fait que le héros devient aussi impitoyable que son ennemi et se met également à échafauder de son côté de sombres plans amenant l'intrigue à passer trés rapidemment d'un niveau supérieur dans la folie. Il est cependant un peu regrettable que le film n'ait pas pris le parti de tourner lui aussi en avantage le bourreau, cela aurait peut être empêcher l'intrigue du film se trainer en longueur et de diminuer d'intensité. Malgré cela, le Serpent reste un excellent thriller psychologique, témoin d'une évolution certaine de la qualité du cinéma francais, et qui marque la montée en puissance d'un réalisateur de génie. Il est à noter que si le film finit par perdre de sa vigueur vers la fin de l'intrigue, la séquence finale du duel psychologique entre les deux adversaires est extraordinaire; la réalisation du film y devient magistrale, et par son allure fantastique, la séquence semble souvent être la représentation visuelle d'un véritable cauchemar.



Publié dans Films vus en salles

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Mitch 28/01/2007 14:26

Un très chouette film même si la fin est décevante