Spiderman 3: c'est l'heure de la retraite pour tous les super héros, l'homme araignée a définitivement pris leur place

Publié le par Leon9000

De tous les héros de la série Marvel, Spiderman était en bande dessinée le héros le plus connu et le plus admiré. Son adaptation cinématographique l’aura définitivement placer loin devant tous ses partenaires aux supers pouvoirs et super costumes. Le premier film réalisé de main de maître par Sam Raimi retranscrivait parfaitement toutes les thématiques de la bande dessinée mais son aspect grand public ne faisait pas de lui un chef d’œuvre. C’est pour cela que Spiderman 2 avait suivi : Raimi surprend et fascine, le réalisateur livre un film beaucoup plus intimiste que prévu en accordant une part minoritaire aux scènes d’actions tout en livrant des effets spéciaux d’anthologie, et qu’il s’agisse de la mise en scène, du scénario et de la narration ou du jeu d’acteurs, tout paraît beaucoup plus relâché, drôle, naturel, humain et de ce fait efficace. Dés sa sortie, Spiderman 2 s’imposait largement comme la plus grande œuvre née d’un super héros aussi beaucoup se demandaient : comment le troisième volet pourrait t-il surpasser son illustre prédécesseur ? La réponse survient dés la première image livrée de ce troisième opus : l’affiche présentant Spiderman en costume maléfique fait l’effet d’une bombe, sans doute jamais une simple image n’aura provoquée un si grand bouleversement.

 

Celui ci était annonciateur du phénomène que créerait le film, pendant des années des millions de fans attendent cette œuvre au budget titanesque, bien des rumeurs circulent sur l’identité des adversaires de Spiderman, la révélation de leur nom ne fera que décupler l’enthousiasme autour de l’œuvre. Aujourd’hui le film est sorti, les médias et la publicité lui ont consacré une part majoritaire dans leur actualité, le film dresse déjà une liste impressionnante de records historiques au box office, les salles de cinéma sont remplies à n’importe quelle heure, voilà assurément ce qu’on appelle un événement cinéma. Un succès jugé largement mérité à la vision de l’œuvre tant le réalisateur offre tant de choses au public, Spiderman 3 est plus riche qu’un livre de contes, plus merveilleux qu’une fable. C’est une immense preuve d’amour de Sam Raimi envers son super héros fétiche qui dépasse les plus grands rêves qu’avaient pu faire les fans de l’homme araignée. Voilà un film qu’on ne voit qu’une fois en bien des années, une œuvre qui nous dit que les rêves sont possibles et nous pousse à aller aussi loin qu’il est humainement possible dans leur accomplissement, aussi loin que vole Spiderman, tissant éternellement sa toile à travers les générations et les cœurs.

 

 

 

Gaumont Columbia Tristar Films

Pikabou!!!

 

 

 

Précisons d’abord que le film a été visionné en ayant limiter le plus possible les spoilers. Ce ne fut guère aisé car à l’image de ses films de sagas cultes comme le dernier volet de Starwars ou les Harry Potter, la publicité est (trop) massive et les bandes annonces afin de livrer le plus possible d’images spectaculaires au public et d’attirer son regard ont vite fait de résumer la moitié de l’histoire de l’œuvre et de livrer maintes révélations, normalement faites tardivement dans le film. Aussi, nombre d’éléments du film étaient déjà connus lors de son visionnage comme l’identité des adversaires de l’homme araignée ou la connaissance de quelques éléments clés, mais globalement le film a été vu avec un maximum de surprise sans savoir vraiment les circonstances de l’intrigue et son évolution.

 

Les premières minutes du film inquiètent un peu. Le traitement semble moins subtil que dans le deuxième volet et le personnage de Peter Paker apparaît à la limite de la caricature. Cela ne dure fort heureusement que quelques instants et la vision de l’œuvre générale, il s’agit peut être d’un moyen employé par Raimi pour débuter le film dans une ambiance très sereine, contrastant avec la gravité des séquences à venir. Très vite, l’esprit décontracté du deuxième film et son ambiance de bonne humeur marquée néanmoins d’une certaine lucidité refont surface. Une part importante du film est donc consacrée à l’humour, surtout grâce à ces séquences prenant complètement à contre sens l’image symbolique et héroïque du super héros en présentant un Peter Parker-Spiderman très naturel et de ce fait très sympathique, en ironisant même sur le statut d’icône du super héros . La psychologie du personnage est à nouveau au premier plan du film ainsi que ses relations avec les autres personnages évoluant au sein d’un scénario très travaillé et très crédible, valorisant ainsi l’une des grandes forces de la bande dessinée et du film : la représentation toujours très humaine de Peter Parker favorisant son rapprochement avec le spectateur malgré sa double identité de super héros.

 

Toutefois, là où le deuxième volet accordait une place prioritaire à l’intrigue et aux sentiments des personnages, le troisième opus accentue toujours ce point mais en créant un équilibre avec les scènes spectaculaires du film. On peut regretter cela à la base mais à la vision des acrobaties de l’homme araignée, tous les regrets s’effacent pour laisser placer à la fascination pure et simple. Spiderman 3, s’il n’est peut être pas le dernier volet de la série(le débat est ouvert), est sans doute le dernier volet réalisé par Sam Raimi. Celui ci en avait sans doute conscience et pour son dernier travail sur l’homme araignée il a visiblement décidé d’offrir le maximum au public. Le résultat saute aux yeux : le deuxième volet avait déjà marqué une prouesse visuelle stupéfiante mais Spiderman 3 s’impose comme le plus grand spectacle offert par le cinéma. La séparation entre le réel et le virtuel, matérialisée autrefois dans Matrix, est désormais révolue. L’immersion est totale, le spectateur est complètement emporté aux côtés de Spiderman, il frémit autant que le héros lors de ses acrobaties incroyables, le tout grâce à des effets spéciaux irréprochables et une mise en scène extraordinaire mettant le spectateur au premier rang des exploits de l’homme araignée, la magnificence de ces actes héroïques dans l’immensité du vide étant encore plus impressionnants sur grand écran. Et le plus réussi dans tout cela est que ces scènes d’action ne sont pas en décalage avec l’intrigue du film, chacune d’elles contribue à renforcer l’ambiance adéquate aux différents moments de l’œuvre, elles sont nécessaires pour le déroulement de l’histoire et s’inscrivent ainsi parfaitement dans le film.

 

La première partie de Spiderman 3 est donc un plaisir absolu, dans tous ces domaines, le film excelle au point qu’on en vient à se demander avec malice : « quand on pense qu’on classe les X-Mens,Batman ou Superman dans la même catégorie que ce film ». L’art de Raimi est de créer l’équilibre parfait entre la valeur spectaculaire de l’œuvre pour le tout public et la part d’originalité du film rehaussant considérablement l’ensemble, les deux éléments se mélangeant sans cesse et chacun d’eux n’en ressortant que plus efficace et splendide. L’exemple du traitement de l’homme sable est marquant : ses scènes d’action sont incroyablement spectaculaires et pourtant, plusieurs séquences autour du personnage sont magnifiques. Puis, tandis que Raimi a d’ores et déjà élever son œuvre bien au delà des autres adaptations de super héros, survient le tournant au côté obscur où l’homme araignée empli de justice prend le costume de la vengeance et tisse une toile de ténèbres.

Thomas Haden Church. Gaumont Columbia Tristar Films

L'équilibre entre spectaculaire tous publics et traitement original et humain de l'oeuvre est parfait.

 

 

 

 

Tout d’abord, Peter Parker enfile son costume maléfique beaucoup plus tardivement que l’on aurait pu le penser dans le film. La faute aux bandes annonces et à la publicité excessive autour du film montrant au premier plan le costume noir comme si celui ci allait apparaître tout le long de l’œuvre. Fort heureusement, Peter Parker ne passe pas du mauvais côté du jour au lendemain, et le chemin qu’il emprunte pour arriver à cette triste fin est détaillé et extrêmement travaillé, de ce fait lorsque le symbiote prend possession de Spiderman, l’attrait éprouvé par le héros pour ses instincts maléfiques est parfaitement crédible et justifié. Mais qu’apporte vraiment l’apport de ce costume au delà du fait qu’il faut bien l’admettre, Spiderman a bien plus la classe en noir ? Le film prend bien évidemment une orientation plus sombre, les actions et les paroles de Spiderman sont dures voir violentes, et Sam Raimi n’hésite pas à aller assez loin pour perturber l’image de son héros, retranscrivant ainsi toute la tourmente de l’homme araignée. Mais l’œuvre ne montre également pas un Spiderman passer d’un coup de l’ombre à la lumière ou inversement et Peter Parker ne devient pas un fou furieux sanguinaire au contact du symbiote. Ainsi même lorsqu’il aura porté le costume noir, le film le montrera oscillant régulièrement entre son agressivité et sa compassion pour autrui, prouvant une nouvelle fois de plus la subtilité de l’œuvre parvenant à obtenir un traitement très humain et crédible du tiraillement de son personnage central, beaucoup plus réussi que ne l’avait été celui d’Anakin Skywalker- Dark Vador dans la Revanche des Sith.

 

D’autant qu’à nouveau Sam Raimi surprend et fascine, car au lieu d’accorder une touche majoritairement dramatique au sombre côté du super héros, le réalisateur traite souvent le sujet avec beaucoup d’humour, montrant un Peter Parker en Bad Buy totalement décomplexé et sûr de lui où la qualité de la prestation de Tobey Macguire y est encore plus appréciable. La mise en scène y est encore plus relâchée qu’au second volet et ces séquences constituent la preuve ultime de l’originalité de l’œuvre et du traitement décidément indépassable de Spiderman par Sam Raimi. Toutefois, l’issue de tout ceci ne pouvait être que néfaste et la dernière partie de l’œuvre constitue en une tentative du super héros de racheter ses pêchés et de regagner le cœur et l’estime du public.

 

Gaumont Columbia Tristar Films

Les possibilités offertes par le costume noir sont parfaitement maitrisées et apportent une touche supplémentaire d'obscurité, d'originalité et d'humanité à l'oeuvre.

 

Spiderman tente de reconstruire tant bien que mal son image mais l’impact de ses fautes ne cesse de se rappeler à lui. Pour redevenir le héros de jadis, son épreuve finale sera à la hauteur de l’importance de ses erreurs, l’ultime moment de bravoure de l’homme araignée est sans aucun doute l’un des plus grands moments d’héroïsme de l’histoire du cinéma terni toutefois par un aspect négatif en la personne de Venom. Beaucoup espéraient la présence de cette figure mythique de la saga Spiderman mais celle ci semble visiblement de trop dans le film. Le personnage souffre de la comparaison avec les deux autres adversaires de l’homme araignée du film, qu’il s’agisse au niveau du traitement beaucoup plus classique du personnage ou de l’interprétation de l’acteur moins convaincante que celle des deux autres interprètes de bandits du film. Le mieux aurait certainement été de se limiter au costume noir de Spiderman et de consacrer Venom dans un quatrième film mais cet opus était sans doute la dernière fois que Raimi travaillait sur l’homme araignée, aussi le réalisateur a sans doute t-il voulu se faire plaisir et offrir cet ultime cadeau aux fans.

 

Dans la mesure où Venom participe grandement à la réussite de l’affrontement final, la déception autour du personnage n’est pas si grave. Ainsi, après cet ultime épreuve qui marque la réhabilitation de l’homme araignée et enterre définitivement les autres supers héros six pieds sous terre, la trilogie s’achève et Spiderman dit au revoir au public…d’une manière maladroite. Les séquences finales constituent en effet le plus lourd défaut de l’œuvre. Il a été précédemment parlé de « réhabilitation de l’homme araignée », mais en réalité le spectateur ne peut pas croire à la fin à une vraie réhabilitation du super héros, Raimi n’ayant pas hésiter à aller assez loin dans les actes de Spiderman, ce qui avait parfaitement crédibiliser le personnage. Mais sur la fin, le réalisateur semble vouloir s’en tenir à une vision qui satisferait le grand public et offre un dénouement un peu trop optimiste et classique, contrastant avec l’originalité dominante dans l’œuvre qui appelait une conclusion plus amère. La fin reste même assez ouverte mais dans la mesure où Venom a déjà été traité dans le film, l’hypothèse d’un quatrième volet semble peu probable.

 

 

 

 

 Gaumont Columbia Tristar Films

Malgré quelques maladresses dans la conclusion de l'oeuvre, le film offre l'un des plus grands exploits héroiques jamais offerts par le cinéma.

 

Bien sûr, ce dénouement un peu décevant n’est rien comparer à l’immense grandeur de l’œuvre mais il joue peut être dans la comparaison avec le deuxième volet que certains pourront préférer pour son caractère plus intimiste tandis que d’autres soutiendront davantage le troisième opus pour son originalité étonnante et son extraordinaire contenu. Quoiqu’il en soit, Sam Raimi achève sa trilogie d’une manière admirable, les fans de l’homme araignée verront leurs rêves d’enfants sur grand écran et même ceux qui ne connaissent rien des bandes dessinées seront transportés presque par magie aux côtés de l’homme araignée. Spiderman s’est hissé définitivement dans le cœur de millions d’êtres et le plus heureux parmi eux doit sans doute être Stan Lee : après avoir créer l’un des plus grands héros de comics de tous les temps , voilà son personnage fétiche transporté dans un monument du cinéma à sa gloire. Voilà ce qui s’appelle assurément la concrétisation d’un rêve.



Publié dans Films vus en salles

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Spazmatazz 09/05/2007 22:45

Pour moi le meilleur épisode de la série truffé de scènes d'action complètement délirantes et d'une pointe d'humour appréciable. :)