Splinter Cell: Pandora Tomorrow.

Publié le par Leon9000

En ces jours de chaleur, il est souvent préférable de rester à l’ombre. Toutefois, pour certains, rester dans l’ombre est un métier, et ce quelle que soit la saison. Pas étonnant lorsqu’on est un agent surentraîné lâché seul dans de vastes terrains inhospitaliers occupés par des hordes de terroristes. De qui je parle ? Certainement pas de James Bond qui fait tout pour se montrer avant de réduire au silence les terroristes à coups de poing et de flingues, mais Sam Fisher, dont le nom ne vous dit peut être pas grand chose, mais dont la silhouette vous est sans doute familière puisqu’elle est devenue l’une des icônes du jeu vidéo.  Cet agent secret, tout de noir vêtu et portant des lunettes de vision nocturne à trois yeux verts le faisant ressembler à un monstre mythologique, est en effet le héros de la série Splinter Cell, fruit des studios français Ubisoft ( et ouiap, pour ceux qui ne le savaient pas, les français cartonnent dans les jeux vidéos et dans l’animation en général) , qui a totalement remis au goût du jour l’infiltration comme thème des jeux vidéos qui, jusqu’à alors, privilégiaient davantage l’action pure et dure. Cela n’a rien d’étonnant car la série fait preuve d’un nombre de qualités exemplaire et le sentiment d’être un vrai espion de l’ombre devient presque naturel. Pour cette deuxième aventure de l’agent secret intitulée Pandora Tomorrow, Sam Fisher doit lutter contre un dangereux groupe terroriste indonésien dirigé par un sosie de Che Guevara qui a pris une ambassade américaine en otage. Infiltrer l’ambassade sera la première mission de Fisher qui va découvrir que l’envergure du complot est un peu plus grande que prévu et qu’il va devoir faire plusieurs voyages à travers le monde, avant de pouvoir rentrer tranquillement chez lui retrouver sa fille.

 

 

 

 

 

 

 

 

Qu’il soit à Paris ne change rien : Sam Fisher n’est pas en vacances et doit rester dans l’ombre.

 

 

Alors, attention, que ceux qui ont tendance à rapidement paniquer sur des jeux vidéos au point de lâcher leurs manettes, fuient ce jeu comme la peste. L’immersion de Splinter Cell est en effet telle, qu’on peut rapidement paniquer dés qu’on se fait repérer par un garde, ou qu’on s’aperçoit qu’on est dans un endroit un peu trop visible. Car les terroristes et autres mercenaires que vous aurez à affronter ne vous rateront pas si vous commettez la moindre erreur, qu’il s’agisse de marcher un peu trop vite ou de passer trop prés d’eux si vous n’êtes pas dans l’obscurité. Un certain sang froid sera donc nécessaire ainsi qu’au préalable une bonne dose de patience, vu que vous aurez sans doute à refaire plusieurs fois le même chemin avant de pouvoir trouver l’astuce pour éviter de vous faire repérer. Un aspect du jeu qui pourra en lasser certains et qui constitue au fond son seul gros point noir mais qui est également indispensable car sans cette difficulté à franchir chaque étape, le jeu aurait beaucoup perdu en réalisme. Passer outre ces quelques contrariétés, on peut se plonger rapidement dans l’ambiance du jeu qui est remarquablement captivante. Tout d’abord, mis à part le fait que personne ne réagit lorsque trois yeux verts apparaissent subitement dans le noir , le réalisme est assez poussé et se traduit dans le nombre important de possibilités dont dispose Sam pour réussir à bien ces missions. Votre meilleur allié sera bien sûr l’obscurité, et en cela la lumière tient une place centrale dans Splinter Cell, vous disposerez même d’une « jauge d’obscurité » qui vous indiquera à quel point vous êtes visible ou non. La discrétion restera toujours votre meilleure arme, et ce même si vous aurez à pas mal de reprises l’autorisation de tuer, aussi vous pourrez augmenter vos chances en tirant sur les lumières avec votre silencieux pour plonger la pièce dans l’obscurité, un geste qui deviendra vite une habitude de même que se servir des nombreux éléments utilisables du décor et de siffler pour attirer les gardes dans l’ombre afin de les prendre par derrière et leur filer un sacré coup dans la nuque pour les assommer.

 

Mais attention à ne pas laisser traîner les corps n’importe où ! Vous devez cacher les corps des gardes assommés (ou tués) dans l’ombre et en dehors du chemin sinon leurs collègues les trouveront et sonneront l’alarme. A ce sujet, si dans plusieurs missions, votre aventure se termine dés qu’on vous repère, plusieurs autres objectifs se rempliront avec une « jauge d’alarmes », autrement dit dés qu’on vous repère, une alarme s’enclenche, le niveau de vigilance des gardes et leur résistance augmente mais le jeu ne s’arrête pas, et vous pouvez réduire le niveau d’alarme en étant le plus discret possible, en sachant qu’à la troisième alarme, la mission est terminée. Fort heureusement, outre les capacités physiques digne de Van Damme de Sam Fisher, l’agent secret dispose également de gadgets que ne renierait pas son collègue James Bond, et de la balle électrique aux fumigènes en passant par la grenade aveuglante, vous aurez de nombreux choix pour accomplir vos missions, sans oublier bien sûr les lunettes de vision nocturne et à vision thermiques, bien pratiques pour se déplacer dans la nuit. Ce grand nombre de possibilités d’actions appuyé par une réalisation impeccable assurent une immersion immédiate dans l’univers de Sam Fisher. Toutefois, le principe de jeu aurait pu se révéler légèrement rébarbatif si seules les actions avaient été variées, fort heureusement tout le reste du jeu va dans ce sens.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tous les moyens sont bons pour réussir vos missions.

 

 

 

 

Là où le jeu est particulièrement louable, c’est dans la variété qu’il propose dans les environnements et dans les situations proposées. Les niveaux sont tous impeccablement modélisés et témoignent d’une véritable volonté des développeurs de proposer un maximum de sensations différentes au joueur. Aussi, des rues de Jérusalem au train entre Paris et Nice en passant par l’aéroport de Los Angeles, l’aventure de l’agent secret deviendra rarement monotone et il est à souligner que beaucoup de niveaux proposent différents chemins pour accomplir les missions, suffisamment nombreux pour qu’on puisse les remarquer. Cette vaste étendue de différents chemins accroît encore plus l’immersion dans le jeu, car on a réellement le sentiment de traverser des lieux vivants et crédibles.

 

 

 

 

Israel, France, Indonésie, Timor Oriental…en bon agent secret qui se respecte, Sam Fisher voit du pays et c’est tant mieux !

 

 

En ce qui concerne le scénario, le jeu fait partie de la licence Tom Clancy, un écrivain que je n’ai jamais beaucoup aimer, et la trame du jeu correspond à beaucoup des œuvres de Clancy que j’ai pu lire, à savoir une intrigue assez bien ficelée sur fond d’esprit américain à deux balles et autres clichés en tout genre. Toutefois, il faut bien admettre que les rebondissements de l’intrigue sont très efficaces et accentuent encore plus le réalisme du jeu, dans la mesure où les missions se déroulent rarement comme prévu. Question graphismes, si le jeu est moins beau que ce que j’avais espérer (il faut dire après Resident Evil 4, je vais avoir du mal à être impressionner, et après tout Pandora Tomorrow  n’est que le deuxième volet d’une série qui comptera bientôt quatre épisodes), le jeu dispose d’effets de lumières très agréables qui mettent en évidence l’importance de l’obscurité dans le jeu. Pour la bande son, la musique remplit honorablement son rôle et est capable de vous mettre la pression en une seconde. Les doublages sont réussis avec en prime la voix du doubleur d’Arnold Schwarzenegger  pour Sam Fisher, en version française.

 

 

 

 

 

 

 

Complot politique une fois de plus remis à l’ordre du jour. La routine chez Tom Clancy, quoi…

 

 

 

 

 

Au final, Splinter Cell : Pandora Tomorrow fait preuve d’une réalisation excellente et d’une variété fort importante qui assurent une immersion immédiate dans l’univers de Sam Fisher. Le jeu est difficilement critiquable sur bien des aspects, il y a juste cette difficulté qu’on peut ressentir à entrer dans le jeu. Au bout de vingt essais, on commence à en avoir marre de cette connerie de ruelle de Jérusalem et de ce garde qui veut pas quitter la lampe sous laquelle il surveille la ruelle. Un aspect qu’on peut difficilement enlever sans rendre le jeu trop facile et qui n’est pas trop développé non plus au point de dégoûter les joueurs, les points de reprise dans le jeu étant très nombreux. La seule chose que peuvent faire les développeurs est d’améliorer encore et encore tous les autres aspects du jeu afin de faire oublier complètement cette difficulté délicate et inévitable. A ce titre, le quatrième volet de la série qui sortira prochainement sur toutes consoles (d’ailleurs, les développeurs ont eu la bonne idée de sortir régulièrement des Splinter Cell sur toutes les consoles, comme ça tout le monde peut s’essayer à l’infiltration) semble être une véritable merveille dans la mesure où l’ambiance du jeu a considérablement gagner en profondeur. En effet, Sam Fisher étant devenu un agent double chargé d’infiltrer une organisation terroriste, le joueur aura à de nombreuses reprises la possibilité d’influer sur le scénario du jeu, comme c’était déjà un peu le cas avec Pandora Tomorrow. Avec des sorties de jeu régulières et une prochaine adaptation cinématographique qu’on espère qui ne sera pas encore un massacre, Splinter Cell s’est crée une solide communauté de fans qu’il mérite amplement. En effet, on a rarement autant été emporté dans des jeux d’infiltration, et même si c’est au prix de quelques éléments gênants pour que le réalisme du jeu existe, on retient avant tout le plaisir qu’on a à jouer les agents secrets de l’ombre purs et durs. Avec Metal Gear Solid et Hitman, Splinter Cell va laisser pendant un sacré bout de temps son empreinte dans l’univers du jeu vidéo.

 

 

 

 

 

 Note: 16/20.



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nifferson 14/08/2006 15:27

C'est interessant. je suis asset d'accord avec toi...