Sunshine: le soleil est la destination de ce chef d'oeuvre de la science fiction.

Publié le par Leon9000

Le cinéma a toujours tiré parti des grands évènements catastrophiques ayant lieu sur notre planète, et pour les temps  qui courent, ce n’est pas ce qui manque. Réchauffement planétaire, guerre nucléaire avec bien sûr futur apocalyptique, dérives sur la génétique et sur les machines, voilà qu’à toute cette liste de joyeux évènements s’en ajoute un nouveau : le soleil qui s’éteint, provoquant ainsi un refroidissement de la planète. Si on pourra dire qu’on va pas non plus se mettre à avoir peur là dessus aussi, parce que y a des problèmes un peu plus urgents à régler et que sinon autant signer tout de suite l’arrêt de l’humanité, cela n’empêchera certainement pas de trouver que Sunshine est un grand film de science fiction car loin d’être un film catastrophe sur la fin de l’humanité ou un Armageddon like comme le laissait croire la honteuse bande annonce (encore une fois) , l’œuvre est un fantastique voyage spatial digne de 2001 l’Odysée de l’espace.

 

 

 

 

 Twentieth Century Fox France

Qui a dit que prendre un bain de soleil faisait du bien?

 

Les qualités de Sunshine sont nombreuses et grandes, dés le début du film, l’œuvre s’impose rapidement comme un film majeur dans le cinéma de science fiction. En premier lieu, la réalisation extraordinaire surprend et impressionne. Les plans en eux mêmes sont extrêmement travaillés mais il se dégage d’eux une ambiance particulière, témoignage de films qui garderont une empreinte vivace dans la postérité. L’héritage de Stanley Kubrick se fait fortement sentir dans ces larges plans magnifiques et très longs sur l’immensité de l’espace. Sunshine est un film qui prend son temps  pour raconter son histoire et la mettre en valeur, la lenteur de plusieurs séquences permet l’instauration d’une atmosphère lourde et pesante à travers plusieurs scènes spatiales où la faible taille de l’individu apparaît en contraste avec l’immensité de l’univers, traduisant ainsi le défi fou de l’équipage du vaisseau tentant de ramener la lumière au soleil et devant affronter le soleil lui même face auquel l’homme n’est que poussière. A cela, s’ajoute un autre élément majeur de la fabuleuse réalisation : l’excellent jeu de couleurs. Le soleil est à la fois le but, l’adversaire et le personnage majeur du film, aussi l’œuvre met constamment en valeur les reflets rouge or du soleil face à la forme noire et mécanique du vaisseau. L’immense lumière émanant du soleil et éclairant l’infini espace contraste encore une fois avec l’obscurité des couloirs étroits, métalliques et confins du vaisseau, d’où cette sorte de fascination qu’éprouvent les héros pour le soleil, celui ci étant à l’opposé de l’univers froid et mécanique de leur lieu de vie. La réalisation fait également preuve d’un étonnant jeu de couleurs dans bien d’autres aspects.

 

 

Chaque scène de l’œuvre semble avoir été travaillée pour créer une touche de couleur particulier, un peu à l’image de la cîté interdite, mais là où le dernier chef d’œuvre du cinéma chinois mettait en valeur l’incroyable débauche de luxe contrastant avec la pourriture rongeant les habitants du palais, les couleurs de Sunshine donnent un ton plus bizarre et fantasmagorique, plus proche de la science fiction étrange. Ainsi, par cet étonnant jeu de couleurs et de contrastes, Sunshine ne fait pas que prendre la relève de 2001 l’Odysée de l’espace, il va au delà de lui en proposant une ambiance encore davantage saisissante dans un univers où se mêlent la vision extrêmement réaliste et crue de l’aventure et le regard métaphysique porté sur le soleil et la puissance de l’étoile, quasiment comparer à celle de Dieu.

 

 

 

Twentieth Century Fox France

La mise en scène, le jeu de couleurs, les décors, les effets visuels: tous les éléments du film témoignent d'un travail artistique remarquable.

 

La réalisation de Sunshine est d’une si grande qualité qu’elle mériterait une analyse bien plus approfondie notamment par son usage d’effets de flous accroissant la confusion du spectateur en même temps  que celle des personnages, ou encore de l’utilisation d’images subliminales. Mais en clair, retenez que la mise en scène de Sunshine va signer l’envol de réputation pour Danny Boyle qui a clairement réaliser une immense performance. Sur le plan technique, le film est donc un chef d’œuvre, la précision dans les détails visuels ne trompe pas sur l’objectif du film de créer une ambiance inoubliable (le choix par exemple de la couleur or pour les tenues de cosmonautes, contrastant avec le noir de l’espace et ressortant soudainement face à la lumière du soleil, n’est pas anodin) et le pari est largement réussi : certaines séquences sont tellement magnifiques qu’on pourrait bien en faire un article pour elles seules.

 

Sur le fond, Sunshine se défend aussi très efficacement, si l’intrigue est traitée avec lenteur pour assurer une ambiance puissante et présente, le scénario n’en contient pas moins nombre de rebondissements efficaces qui font que l’intérêt du spectateur pour l’œuvre ne baisse guère d’intensité jusqu’à la fin du film. Le choix des acteurs est également ingénieux, en particulier Cillian Murphy, excellent acteur au demeurant et recrue idéale pour incarner son personnage et jouer dans ce genre de films. La musique soutient également fort honorablement l’ensemble avec ces accents assez tragiques et mystiques.

 

 

 

 

 

 Twentieth Century Fox France

C'est ce qui s'appelle de l'art, assurément.

 

 

 

Au final, rien de vraiment négatif ne ressort de Sunshine si ce n’est quelques légers délires sur la fin, mais le film s’impose bel et bien comme un grand chef d’œuvre cinématographique où il est plus que bon de voir, qu’avec la large part de spectaculaire accordée par les films de science fiction actuels, certains n’aient pas oublier que la vraie force d’une œuvre de science fiction réside dans son ambiance et dans sa part artistique, et de ce point de vue là, Sunshine surclasse largement les autres films de science fiction des dernières années alors si vous voulez vous rappeler de la grandeur de la vraie science fiction, vous savez quel voyage prendre.



Publié dans Films vus en salles

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harry 01/05/2007 16:54

Décidement, tout ce que j'ai vu de Danny Boyle releve du génie ! C'est un grand réalisateur, qui malheuresement n'a pas un nom aussi celèbre qu'un spielberg ou un Kubrick.
En tout cas tout ce qu'il touche se transforme en or, que ce soit dans la satire social, l'horreur ou la SF il s'impose a chaque fois !