The Artist: un désespoir muet

Publié le par Leon9000

 

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Le moins que l'on puisse dire de Michel Hazanavicius c'est qu'il a un parcours atypique. Ayant d'abord débuté comme comédien (le Régis de la Cîté de la Peur !), se spécialisant dans les détournements (Derrick Contre Superman, la Classe Américaine ce dernier faisant parti de mon panthéon comique), le réalisateur sera sérieusement entré en scène en réalisant les deux OSS 117 qui rehaussaient déjà clairement le niveau des comédies françaises. Après avoir exprimé un hommage parodique aux James Bond des années 50-60, le cinéaste remonte une nouvelle fois dans le temps pour s'intéresser ici aux années 20-30 lorsque le cinéma connut son plus grand bouleversement, le passage du muet au parlant.

 

Bien évidemment l'intérêt de l’œuvre réside dans sa mise en abîme : un film muet pour parler de la fin du cinéma muet. Néanmoins ce procédé qui pourrait paraître un peu pompeux ne doit pas dissimuler la subtilité de son traitement. Si l'humour et une certaine légèreté sont toujours omniprésents, le film porte en lui énormément de nostalgie et de tendresse véhiculant ainsi une sincère émotion. La prestation de Jean Dujardin a été louée à juste titre tant le rôle lui correspond parfaitement, qu'il s'agisse d'incarner un acteur au succès insolent et n'hésitant à vanter sa réussite jusqu'à sa désillusion et sa dépression. Toutefois, si la presse a énormément communiquée autour de l'acteur, il ne faut pas occulter l'excellence de la mise en scène qui participe tout autant à la réussite du long métrage.

 

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Le réalisateur traduit avec ingéniosité à travers la réalisation la découverte du son au cinéma et les bouleversements qu'il apporte. Il n'est pas question ici de vulgarisation, la mise en scène est extrêmement soignée et fourmille d'idées plus savoureuses les unes que les autres. Alors bien sûr, le film n'évite pas une certaine facilité avec par exemple les nombreux appels du pied lancés aux cinéphiles, le récit ne se prive pas de jouer sur la nostalgie du cinéma muet. Évidemment, on pourrait aussi pester contre les facilités du scénario. Mais parlons franchement.

 

Le cinéma français véhicule de manière globale une image médiocre, celle d'une industrie confinée dans la stagnation et limitée aux comédies populaires ou aux films intellectuels. L'idée de créer un film muet à notre époque moderne est déjà une idée suffisamment audacieuse pour attirer l'attention. Bien sûr, le premier réflexe serait ensuite de se dire qu'il s'agit d'une entreprise facile qui va certainement proposer un contenu pompeux et prétentieux. Il n'en est rien. Voilà un film sincère, drôle, attachant et surtout extrêmement maitrisé dans ses composants ne perdant jamais de vue son propos. Et voilà surtout un film populaire français qui ne sacrifie pas sa qualité et sa pertinence sous prétexte d'être mercantile. Il était temps, on commençait à désespérer et le résultat n'en est que plus merveilleux.

Publié dans Films vus en salles

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1492 09/10/2011 13:48



Ce film a effectivemnt l'air excellent !