Thorgal Aegirsson passe le flambeau à son fils dans sa dernière aventure: le sacrifice.

Publié le par Leon9000

Le vingt-neuvième album de la série Thorgal est sorti récemment en librairies. Ce tome se présentant comme une plaque tournante capitale dans la saga, c’est donc le moment ou jamais de présenter ce qui constitue l’une des sagas majeures de la bande dessinée. Scénarisé par l’un des plus grands auteurs à succès depuis les années 90, le génialissime auteur Jean Van Hamme ( également auteur entre autre de Largo Winch et de XIII) et mis en image par le grand dessinateur Rosinski, Thorgal illustre l’épopée magistrale d’un homme qui, parce qu’il est le descendant du peuple des étoiles et qu’ainsi il ne figure pas sur les lignes de la destinée construites par les dieux pour chaque être humain sur Terre, recevra la malédiction divine qui le conduira à affronter sans cesse les pires épreuves et dangers au cours de sa vie, et à lutter sans cesse pour atteindre son idéal de paix sans cesse mis en difficulté par la folie des hommes. Les malheurs de Thorgal Aegirsson et de sa famille commencèrent il y a déjà presque trente ans pour finalement arriver à une saga fleuve de 29 tomes à la profondeur impressionnante, une série à la diversité et l’originalité magistrale qui trouve une conclusion magnifique dans le dernier tome paru intitulé le sacrifice.

 

 

Entrez dans le mythe.

Thorgal ou l’association d’un scénario incroyable à un dessin sublime. On ne peut séparer ces deux éléments tant ceux ci sont en harmonie, les traits de Rosinski illustrant à merveille l’imagination extraordinaire de Jean Van Hamme, un imaginaire qui étonne avant tout par sa diversité car à travers Thorgal Van Hamme expérimente les genres les plus divers et qui à priori n’ont rien à voir entre eux mais que le scénariste parvient à rassembler au sein d’une même histoire et ce dans un ensemble cohérent tandis que Rosinski parvient habillement à retranscrire ce vaste univers grâce à ses alternances de dessin, variant selon les ambiances que prend la série. Et la saga emprunte régulièrement les virages les plus inattendus : la science fiction, le fantastique, le paranormal,  la mythologie, les voyages temporels ou même des intrigues réaliste ancrées dans la violence de l’époque ; les tomes de Thorgal se suivent mais ne se ressemblent pas bien qu’ils forment malgré tout une seule et même histoire. On retrouve généralement les mêmes valeurs humaines au sein des tomes, de même que la complexité du scénario, Van Hamme mélangeant souvent ces intrigues, mais ensuite chaque tome de la série peut totalement se plonger dans un univers très différent de l’opus précédent, aussi ne jugez jamais Thorgal en n’ayant lu par exemple que les archers ou le maître des montagnes , car vous seriez bien surpris en découvrant les autres chapitres de la saga. Cette diversité est sans doute la plus grande qualité de la saga et confère une immense richesse à l’univers de Thorgal, et si ce changement perpétuel d’ambiance, parfois assez brutal, pourra en dérouter plusieurs, il est toutefois indissociable du succès qu’a rencontré la série. De plus ces éternels virages de la série ne sont que plus efficaces par le fait que Van Hamme fait à maintes reprises coïncider ensemble ces intrigues pourtant si différentes, afin de démontrer que sa série suit bel et bien une trajectoire précise et ne se perd pas dans des délires extravagants. Le trait de Rosinski se montre quant à lui d’une grande efficacité et ce quel que soit le genre d’ambiance qu’il est amené à illustrer, ce qui renforce de surcroît la cohérence de l’ensemble. Les dessins de Rosinski mettent aussi particulièrement en valeur la beauté de l’histoire qui reste magnifique quelque soit le genre dans lequel elle opère. Car Thorgal est avant tout une glorification de la foi en l’humanité et en l’amour sur terre face à la perfidie des hommes et à l’injustice de l’existence, et cette foi demeure quel que soit le type d’épreuves que Thorgal est amené à affronter. 

 

 

Le tome l’enfant des étoiles est l’un des volets de Thorgal qui illustre le mieux la diversité de la série qui mélange quotidiennement science fiction, fantastique et mythologie au sein d’un même univers toujours teinté de poésie et de beauté.

La diversité de Thorgal est telle que chaque tome mériterait une critique et une analyse détaillée tant chaque opus tient une place à part dans la série, et ce sera sans doute bientôt le cas mais pour l’heure, attardons nous sur le dernier volume de la série : le sacrifice. La saga Thorgal peut subir un découpage assez aléatoire selon la vision que l’on a de cet univers mais en tout cas depuis plusieurs volumes, un nouveau chapitre avait commencé amenant Thorgal à se déplacer vers des horizons plus lointains toujours en quête de son idéal de paix. Et depuis quelque temps , à travers ce chapitre, la saga commençait à donner des signes de fatigue malgré l’excellent opus les barbares. Aussi lorsque l’on annonça que le sacrifice serait le dernier volet de Thorgal, la surprise fut grande : comment allait t-on pouvoir terminer une saga à la richesse si grande en un seul volume alors que le nouveau chapitre entamé pouvait encore durer plusieurs tomes ? Mais peu à peu, la situation commença à s’éclairer, le sacrifice ne sera pas le dernier volume de Thorgal mais la fin du premier cycle, signifiant par là qu’un autre fragment du mythe suivra plus tard, toujours dessiné par Rosinski mais sans Jean Van Hamme qui, avec le sacrifice, signe ici le dernier tome de Thorgal qu’il écrira, ayant décidé de s’arrêter « avant le scénario de trop » pour mieux se concentrer sur d’autres projets, surtout hors bande dessinée ( et ainsi, le scénariste semble vouloir achever toutes ses grandes œuvres tout comme XIII dont le dernier album paraîtra prochainement) .  Le sacrifice n’est donc pas la fin de Thorgal mais une plaque tournante, l’achèvement de toutes les péripéties commencées depuis le tome 1 et le commencement d’une nouvelle série d’aventures.

 

Que ceux qui s’inquiétaient sur la qualité de cet épisode se rassurent,  le sacrifice est l’un des meilleurs tomes de la série et constitue le dernier tour de génie que livre Van Hamme pour Thorgal. Cet opus se présente bien comme une conclusion à la saga, avec beaucoup de mentions à d’anciens épisodes (dont certains avaient été inutilisés jusque là) et met un terme au périple de Thorgal ; mais l’on retiendra surtout que le sacrifice est avant tout un nouveau départ pour la série, et c’est cette nouvelle étape qui tient une place centrale dans ce volume au cours duquel Thorgal passe le flambeau à son propre fils. Des rumeurs en avaient déjà parler mais après la lecture de ce dernier tome de Thorgal, le doute n’est plus possible, le prochain cycle de Thorgal sera bel et bien consacré à Jolan, le fils du héros maudit et ainsi toute l’intrigue de ce vingt neuvième opus est avant tout consacrée à la montée en puissance de Jolan qui semble destiné à prendre le relais de son père et à affronter ses épreuves. Le sacrifice illustre un Thorgal épuisé par les épreuves qu’il a vécu et qui l’attendent encore, un Thorgal finalement soutenu par son fils qui témoigne de la même force et motivation que le héros maudit à ses débuts, un fils qui atteint la hauteur de son père et qui prendra la suite de ses aventures au moment où Thorgal ne peut plus les supporter, à l’image de cette scène magnifique où Thorgal, à bout de forces, abandonne le combat contre des créatures monstrueuses et laisse celles ci s’approcher de lui, au moment où Jolan intervient, terrasse les monstres, et se dresse en héros victorieux perché au sommet des créatures vaincues. Les aventures de Thorgal sont donc probablement achevées,  mais celles de Jolan ne font que commencer et il y aura ainsi un trentième album de l’univers Thorgal qui sortira pour le trentième anniversaire de la saga. Et pour marquer ce changement majeur dans la saga, le dessinateur Rosinski a décider lui même d’opérer une grande modification dans son style de dessins, adoptant la technique de couleurs directes, pour un résultat qui perd en détails pour les traits des personnages mais qui renforce encore plus les jeux d’ombre et lumière, les alternances de couleurs pour des ambiances encore plus intenses. Ainsi le deuxième cycle de Thorgal se démarquera du premier par un dessin à l’allure neuve et bien particulière et par le changement de héros, Jolan succédant à Thorgal, le fils succédant au père après une dernière (?) aventure commune tout simplement magnifique et qui sera particulièrement forte pour tous ceux qui auront lu toutes les précédentes aventures de la famille Aegirsson.

Le sacrifice est également l'occassion pour Rosinski d'apporter un changement à son excellent style, marquant ainsi par le dessin également, l'étape majeure que représente ce vingt-neuvième tome dans la saga.

 

Puisque le premier cycle de Thorgal est enfin achevé, c’est l’occasion rêvée de découvrir ces aventures inoubliables qui sont le symbole même du pouvoir de la bande dessinée, permettant une exploitation sans limite des plus grands rêves. Van Hamme et Rosinski ont mis tout leur talent dans l’élaboration de cette formidable saga et ont façonné un univers où l’imagination ne connaît aucune contrainte et où les aventures les plus fantastiques peuvent se perpétuer à l’infini. Et cet univers est à portée de main de tous les lecteurs alors l’hésitation n’est plus permise : la quête de Thorgal Aegirsson vous ouvre ses portes qui ne seront jamais fermées.

 



Publié dans Bandes dessinées

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Darkskywalker 17/07/2008 13:53

Content de t'avoir donné envie de découvrir cette belle série, j'espère qu'elle te plaira!

tiffenlear 16/07/2008 01:38

ouaw ! tu m'as l'air d'un sacré passionné.
En tout cas ça donne énormément envie d'essayer et je crois que je ne vais pas plus attendre pour voir et lire Thorgal ...
Je ne sais pas si je vais aimer mais bon ...
En tout cas tu pourrais me convaincre pour n'importe quoi que c'est bien ! ^^
allez, et merci !