Travaillez bien et ne commettez aucune mauvaise action, sinon Kira pourrait bien écrire votre nom dans le Death Note.

Publié le par Leon9000

2004, Japon. Un jeune lycéen surdoué nommé Light Yagami trouve par hasard le cahier du Dieu de la Mort lui même qui lui permet de tuer chaque personne dont il connaît le visage et le nom en écrivant celui ci sur le Death Note. Avec ce pouvoir extraordinaire, Light entreprend une quête pour créer un monde meilleur où règnera la justice et acquiert rapidement une réputation mondiale en éliminant un à un les plus grands criminels internationaux. Face à Light désormais surnommé Kira, se dresse le meilleur détective du monde connu sous l’initiale de L. Sous le regard amusé de Ryuk, le Dieu de la Mort, Kira et L engagent un duel mortel afin de découvrir l’identité de l’autre. Aucun faux pas n’est permis, aucune limite n’est fixée pour déjouer les plans de l’adversaire et de cet affrontement, dépendra l’avenir de l’humanité qui pourrait bien être écrit sur une page du Death Note.

 

Saviez vous que le Dieu de la Mort mange des pommes?

 

 

 

 

Après seulement trois volumes sortis en France, Death Note est en train de se façonner une réputation remarquable. Il faut dire qu’au Japon où la série est achevée, le manga est devenu un véritable phénomène, au succès si foudroyant qu’on se demande comment la France a pu être maintenue aussi longtemps à l’écart de cette œuvre culte. Un succès largement mérité, car dés la lecture du premier volume, Death Note étonne, intrigue et fascine. Tout d’abord par son mélange original et étonnamment réussi de polar et de fantastique. Partant sur une base totalement mystique, le manga arrive à créer une intrigue policière incroyablement bien ficelée et surtout extraordinairement réaliste. En effet, aucun détail de l’histoire n’est laissé à l’abandon, chaque détail de l’intrigue peut être réutilisé par la suite et toute l’intelligence surdéveloppée de Kira est requise pour parvenir à masquer son identité. Aussi, cela renforce considérablement l’immersion du lecteur dans le manga qui parvient à rendre une intrigue aussi démentielle parfaitement crédible grâce à la volonté de l’auteur de donner l’illusion de l’impact d’une intervention si surnaturelle dans le monde d’aujourd’hui. Et de ce fait, la question perverse et ingénieuse soulevée par le manga atteint encore plus le lecteur : si nous pouvions changer le monde, rejetterions nous une telle offre ou appliquerions nous un rôle de justicier, au risque de jouer à Dieu ? Une interrogation qui revient à maintes reprises dans le manga et qui nous fait observer ce que nous avons pu penser dans les heures sombres, ce qui est, à n’en pas douter, l’une des clés du succès de l’intrigue.

 

L’autre élément capital de la réussite de l’intrigue est le nombre impressionnant de rebondissements par volume. Une fois, le premier tome de Death Note parcouru, on a l’impression d’avoir traverser ce que d’autres mangas auraient traités en cinq volumes ou plus. Le nombre de surprises par tome est sidérant et le rythme de l’intrigue ne laisse aucun répit au lecteur, l’histoire ne cessant d’évoluer dans des directions imprévues. On a rarement vu un duel de complots et d’intrigues mené avec une telle virtuosité et un tel rythme, maintenu perpétuellement à travers les tomes. Ainsi, ne serait ce que par la qualité de son intrigue à la fois un formidable jeu de pistes, une chasse à l’homme captivante aux rebondissements incessants, et une interrogation machiavélique sur le désir de l’homme de remodeler le monde à sa manière ; Death Note mérite déjà largement son statut d’œuvre culte et l’engouement qu’il a crée.

 

 

 

 Une intrigue machiavélique à souhait, superbement ficelée et de surcroît parfaitement crédible.

 

 

Mais si Death Note constitue déjà une prouesse au niveau de l’intrigue, le manga représente également une magnifique performance graphique. En effet, le dessinateur et le scénariste de l’œuvre ne sont pas une seule et même personne comme c’est généralement le cas dans les mangas et ainsi le dessinateur est autant à louer pour la qualité de son travail que le scénariste de Death Note. Les dessins du manga sont extrêmement soignés et le design des personnages crée un juste équilibre entre leur réalisme et leur aspect maléfique (là où Monster privilégie l’aspect démoniaque des protagonistes). Le design de Ryuk le Dieu de la Mort est original et marquant, le personnage constituant la marque graphique reconnaissable de la série. Mais la grande qualité des dessins de Death Note réside avant tout dans son excellent équilibre entre ombre et lumière, à l’utilisation parfaite du noir et du blanc. Les touches graphiques de noir et de blanc opérées dans le manga confèrent à Death Note toute l’ampleur de son atmosphère machiavélique et infernale, le noir et blanc parfois considéré comme un handicap pour le manga est ici un atout majeur qui renforce considérablement l’ambiance de la série, à tel point qu’on ne pourrait jamais imaginer voir ce manga édité en couleurs ( et du coup, l’atmosphère de Death Note risque de perdre de son impact lors de son adaptation en dessin animé). Bref, le manga est une réussite autant visuelle que narrative et Death Note est bien parti pour s’imposer pour l’une des œuvres cultes majeures du manga de ces dernières années.

Un équilibre excellent entre le noir et blanc, l'ombre et la lumière pour une atmosphère saissisante.

 

Que peut t-on reprocher concrètement à la série Death Note ? Il n’y a pas de défauts majeurs à souligner, juste quelques précisions à faire : le manga est tout de même sombre et machiavélique et n’accorde pas une importance grande à la valeur humaine de l’histoire. Pour être plus clair, même si des mangas particulièrement maléfiques comme Monster ou 20 Century Boys présentent une image glorifiée du mal, c’est aussi pour mettre en avant la résistance formidable des hommes de bien et la persistance des valeurs humaines face à la montée du mal. Ce n’est pas forcément le cas dans Death Note, c’est un choix assumé par la série dans la mesure où tout dépend si vous considérez que Kira est du côté du bien ou du mal… après une évolution plus humaine du personnage pourrait être intéressante, mais les trois volumes sortis laissent penser que cela pourra ne pas être le cas par la suite, vous voilà prévenus. L’autre élément à souligner est la crainte que l’intérêt de la série s’amenuise par la suite. En effet Death Note est parti sur une base si remarquable et est parvenu à imposer un rythme d’intensité extraordinaire à la série pendant ces trois tomes, qu’on se demande si l’intrigue parviendra à être aussi captivante jusqu’à la fin de la série, même s’il ne fait aucun doute que le scénariste a beaucoup de ressources. D’ailleurs, le nombre final de tomes de la série au Japon ( puisqu’elle est déjà terminée, rappelons le , et que la France est vraiment en retard) est de douze volumes, un nombre pouvant apparaître faible compte tenu de nombre élevé de tomes par manga mais qui peut être aussi considéré comme sacrément impressionnant vu le nombre de rebondissements par tome où l’évolution de l’intrigue est souvent magistrale. L’avenir dira si la série parviendra à conserver une intensité aussi captivante jusqu’au bout.

 

Voilà pour ce qui était de l’ordre des remarques prudentes vis à vis de la série mais quoiqu’il en soit, les trois premiers volumes sont une réussite incontestable et doivent être procurés par tous les amateurs de mangas et d’intrigues policières. Terminons maintenant par quelques remarques sur l’historique de Death Note à commencer en premier lieu par son succès foudroyant au Japon. A en croire les quelques notes à la fin du volume 3 sorti récemment, Death Note est réellement devenu un phénomène au Japon. Car étant déjà l’un des plus grands succès du Manga en librairies de l’année 2006, Death Note a été également décliné sous un nombre assez impressionnant d’adaptations.

Tout d’abord en dessin animé, comme si il se doit bien entendu, mais aussi et chose beaucoup plus rare, en deux films qui ont réalisé un véritable carton au box office Japonais et qui seront bientôt suivis d’un spin off sur L. Des films qui seront, espérons le, disponibles prochainement en DVD dans nos contrées ( à défaut d’être diffusés au cinéma) et en ce qui concerne le dessin animé, compte tenu de l’immense succès de Death Note, on est en droit d’espérer une diffusion sur Canal + qui avait déjà proposé pour notre plus grand plaisir des diffusions des plus grands succès récents des mangas dont Full Metal Alchemist ( dont un article sera bientôt consacré sur ce Blog) , Monster (alléluia), Samurai Champloo, G.T.O, etc etc. (et au passage, il serait très agréable que la chaîne continue ses diffusions de mangas, inexplicablement interrompues). Pour le reste, le manga a également été adapté en un roman qui constitue une sorte de complément à l’intrigue de l’œuvre originelle, et on parle également d’un projet d’adaptation en série télévisée live (drama) et d’un remake hollywoodien comme Ring ou Grudge ( que Dieu nous en préserve, et pourvu que la rumeur comme quoi Monster serait adaptée à Hollywood soit également infondée). A noter également la sortie prochaine d’un jeu vidéo sur Nintendo DS où vous pourrez choisir d’incarner Kira ou L (les développeurs ont bien compris la série). Bref, à la vue de tout ceci, on peut se dire que la France n’est pas en retard mais qu’elle est carrément larguée. Il est temps de rattraper tout ce retard, mais pour l’heure mieux vaut plutôt attendre d’avoir le manga au complet avant de s’intéresser de plus prés aux adaptations de Death Note.

L'affiche du film Death Note (non c'est pas Harry Potter)

Et pour finir une anecdote amusante : personne ne connaît ni le nom et le visage du scénariste de Death Note qui conserve volontairement l’anonymat. Bien sûr, ça n’a aucune importance pour l’analyse de l’œuvre mais on peut admirer l’ingéniosité du processus marketing, un auteur aussi mystérieux que les personnages qu’il a crée attire toujours l’attention sur lui et de ce fait sur son œuvre également.

Voilà donc le résumé le plus global possible que l’on pouvait faire de Death Note après seulement trois volumes sortis en France. Si vous ne voulez pas vous retrouver perdu dans les années à venir où Death Note sera certainement devenu un phénomène encore plus impressionnant, commencez à lire les mangas dés maintenant afin de pouvoir suivre l’évolution du mythe dans les temps prochains mais quoiqu’il en soit, cette œuvre est indispensable pour tout amateur d’intrigues policières, de mangas et de chefs d’œuvres tout simplement. Ceci n’est que le début d’un engouement qui va certainement s’amplifier grandement dans le futur, aussi ce Blog reviendra maintes fois sur Death Note et sur le duel Kira / L, à commencer par la sortie du quatrième volume en Juin 2007. Alors d’ici là, vous avez tout le temps de découvrir Death Note et de vous demander si l’on peut vraiment jouer à Dieu.



Publié dans Mangas

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Commenter cet article

Parissima 19/04/2007 01:21

Jolie présentation de Death Note ^^
J'ai dévoré les trois premiers tomes... Par contre, j'n'ai pas la patience d'un Yoda, donc j'ai commandé la suite en version anglaise... Le suspense m'est insoutenable :P
Bref, sinon, félicitations pour ton blog qui ne cesse de s'améliorer avec le temps ;)

lili 12/04/2007 21:19

Huhu, super note ;)