La Vengeance dans la Peau: Jason Bourne vous rappelle que réaliser un film recherché n'est pas incompatible avec gagner de l'argent

Publié le par Leon9000

Après un été assez désastreux en terme de qualité cinématographique où les blockbusters rivalisaient d'ingéniosité pour offrir le plus mauvais spectacle au public, il est bon de revoir enfin dans les salles obscures un film à grand budget traité de manière intelligente et sérieuse. Ce troisième volet de la saga des Jason Bourne, adapté de romans d'espionnages à succès, est à nouveau confier à Paul Greengrass talentueux réalisateur du second opus de la série. Le film rencontre actuellement un succès parfaitement mérité, en effet la Vengeance de la Peau est un film d'espionnage captivant, sérieux et loin d'être aussi facile dans sa construction que les blockbusters habituels.

Matt Damon. Paramount Pictures France

Jason aux quatres coins du monde

Petit rappel de la saga Jason Bourne avant de s'intéresser au troisième volet. La série s'inspire donc d'une saga littéraire d'espionnage à succès qui influença maints d'auteurs dont Jean Van Hamme le créateur de Thorgal, Largo Winch et de la meilleure bande dessinée actuelle: XIII (qui s'achevera dans le mois d'octobre). Il n'y avait donc rien d'étonnant à ce que la saga soit un jour adaptée au cinéma. Loin d'être un portage bâclé partant dans la dérision d'un James Bond, la première adaptation intitulée "la mémoire dans la peau" est un film d'espionnage réussi, correctement réalisé par Doug Liman (qui s'occupera par la suite du moins intéressant Mr et Mme Smith) et qui a le mérite de garder un ton sérieux et réaliste et d'ancrer de manière intelligente le scénario dans le monde d'aujourd'hui (l'action des livres se déroulant en pleine guerre froide). Mais c'est avec le deuxième opus que la série prend vraiment son envol. La réalisation est confiée à Paul Greengrass, auteur de l'excellent film engagé "Bloody Sunday" et connu pour son style de mise en scène par caméra sur l'épaule conférant un ton très réaliste à ces oeuvres. Loin d'abandonner ses premières passions pour entrer comme beaucoup d'autres dans la machine Hollywoodienne, Greengrass développe son style sur l'intrigue de Jason Bourne et confère à la série une ambiance réaliste et forte qui lui convient parfaitement.


De retour pour ce troisième opus, Greengrass, Damon et toute l'équipe du film sont motivés pour faire de ce troisième Jason Bourne un divertissement réussi et intelligent. L'oeuvre apparaît rapidement très travaillée et la maturation de la série atteint son paroxysme. Le film conserve la même ambiance que la mort dans la peau mais apparaît beaucoup plus abouti qu'il s'agisse au niveau de la réalisation que de l'intrigue. Paul Greengrass a améliorer davantage sa mise en scène depuis le second volet (il a entre temps réalisé le difficile "Vol 93" ) et son style visuel est de plus en plus percutant (ses oeuvres à venir seront à surveiller de prés!) . L'histoire ingénieuse et très cinématographique est mieux rythmer que dans les précédents volets et capte l'attention du spectateur du début à la fin grâce à une narration bien pensée. Matt Damon incarne parfaitement un personnage dans lequel il s'est depuis longtemps glissé et est appuyer par un solide casting. Les moyens mis en oeuvres sont par ailleurs assez impressionnants, on a en effet rarement vu autant de lieux différents pour un même film. La Vengeance dans la Peau est donc un film d'espionnage à la construction parfaitement maîtrisée et réalisé de main de maître. L'oeuvre rappelle ce que signifie un vrai travail sur un film même lorsqu'il s'agit d'un blockbuster américain. Et le film trouve même le moyen de placer au milieu de ses complots fouillés et ses courses poursuites effrénées un accent politiquement incorrect qui n'est pas à tomber par terre mais qui est loin d'être désagréable dans ce genre de films au public large.

Paddy Considine et Matt Damon. Paramount Pictures France

Intrigue complexe et habilement narrée, réalisation impeccable, réalisme appuyé (sauf dans la quasi invincibilité du héros), rythme haletant du début à la fin à travers un véritable tour du monde: que demander de plus?


La saga s'achève donc en beauté avec un final dépassant tout ce que Jason Bourne avait fait jusqu'alors. La série laissera le souvenir d'une saga audacieuse, intelligente et parfaitement construite. Si la porte reste ouverte pour un Jason Bourne 4, il vaudrait mieux que la série s'achève sur cette belle réussite en espérant qu'elle inspirera davantage les futures productions américaines dont on aimerait bien qu'elles prennent plus exemple sur ce genre de films très travaillés et qui rencontrent un succès largement mérité. Comme quoi, succès au box office et véritable travail cinématographique ne sont pas forcément indissociables.



Publié dans Films vus en salles

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