Wall E: un robot tellement humain

Publié le par Leon9000

Walt Disney Studios Motion Pictures France

Voilà ce qu'on appelle un vrai moment de magie

 Alors que les films d'animation se multiplient à un rythme infernal, guidés par des ambitions mercantiles de plus en plus démesurées, la surenchère de publicité autour de Wall E pouvait laisser croire que ce nouveau Pixar n'était qu'un produit supplémentaire de ce marché si florissant. Pourtant il s'agit certainement de l'un des films d'animations les plus poétiques, touchants et adorables que le cinéma nous ait jamais offert. L'audacieux concept de Wall E, présentant des héros quasiment muets sur une terre déserte, amplifie l'émotion qui se dégage de l'oeuvre, celle ci faisant ainsi appel à la puissance originelle du cinéma: libérer des émotions par le pouvoir de l'image. Les génies de Pixar peuvent alors laisser libre cours à leur créativité visuelle et narratives, et créent des robots incroyablement humains et attachants dont chaque geste et mimique expriment plus de sentiments que des paroles futiles. Dans le même temps, le film dresse un contraste saisissant entre la romance attachante des deux robots et le monde aride qui les entoure. Wall E est ainsi l'occasion de dresser un message écologique pertinent et au ton effroyablement juste.

Malheureusement, une fois passée la première partie du film où l'émerveillement se mélange avec la crainte pour l'avenir de l'humanité, l'intrigue change d'orientation et l'oeuvre y perd une grande partie de son originalité. Le nombre de protagonistes augmente soudainement et l'isolement qui entourait les deux personnages est ainsi rompu. L'oeuvre fait alors preuve de moins de subtilité et d'ingéniosité en se basant beaucoup plus sur les dialogues et délaissant l'émotion purement visuelle de ses débuts. Cette émotion reste pourtant la principale réussite du film et rejaillit à chaque instant où les deux robots se retrouvent à nouveau seuls, telle cette séquence de danse spatiale qui restera certainement gravée dans les mémoires.

Il est regrettable que Pixar n'ait pas poussé son ingénieux thème de départ à son paroxysme en faisant de Wall E et de sa dulcinée Eve les deux seuls personnages de l'histoire, seulement entourés de ruines et d'anciens hologrammes, derniers témoignages du règne humain. La deuxième partie du film revêt ainsi une apparence plus classique et la fascination autour de cette oeuvre s'atténue, même si la magie refait surface à plusieurs occasions. Ambitieux, porté par une créativité remarquable et maniant l'émotion et la poésie pures avec brio, Wall E est certainement l'un des films d'animations les plus captivants qui aient vus le jour des mains de Pixar, mais une audace supplémentaire lui aurait permis d'atteindre le rang de chef d'oeuvre.




Publié dans Films vus en salles

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