Young Justice: la nouvelle jeunesse des séries DC

Publié le par Leon9000

Autrefois porte étendard flamboyant de l'animation américaine, les séries animées DC virent pourtant leur prestige s'atténuer durant ces dernières années. Bruce Timm et Paul Dini ayant quelque peu laissés la relève à la nouvelle génération après la fin de la Ligue des Justiciers, les nouvelles productions devant donner vie aux super héros en collant ne se montrèrent pas à la hauteur de leurs aînés. La série animée The Batman, supposée être le reboot animé du célèbre Justicier de Gotham, se perdit dans une direction artistique étrange et une tentative maladroite d'imiter l'animation Japonaise là où le sympathique Teen Titans offrait un hommage décomplexé aux animés Japonais mais manquait malheureusement d'ambition pour être transcendant. L'alliance des héros joua quant à lui la carte inattendue de la nostalgie en renouant avec l'esprit kitch et ridicule du Batman d'autrefois. Si ces séries possèdent néanmoins des qualités ainsi que de véritables défenseurs, elles ne pouvaient être considérées comme une succession solide aux formidables récits animés de l'époque de Bruce Timm. Néanmoins la succession est aujourd'hui bel et bien assurée et ironie de la chose, c'est avec une série traitant justement d'une nouvelle génération de super héros que les séries animées DC trouvent enfin une nouvelle jeunesse.

 

Voici les six héros principaux de la première saison. Robin (Dick Grayson) fait parti de l'équipe sans en être le leader comme à l'époque de Teen Titans. La série se révèle même davantage inspirée avec les autres protagonistes, jusque là délaissés par les adaptations animées.


  Comment s'émanciper de l'héritage des anciennes séries DC ? La solution était simple, s'intéresser à des personnages n'ayant jamais vus leur histoire transposer en animation. Young Justice se focalise ainsi sur une nouvelle génération de super héros qui souhaitant s'émanciper de leurs mentors forment leur propre ligue des justiciers. Délaissant leur rôle de simple partenaire, ces jeunes héros vont ainsi chercher à affirmer leur identité et leur indépendance en dépit de leur jeunesse. Si la Ligue des Justiciers et ses emblématiques héros demeurent toujours présents, c'est bien ces nouveaux protagonistes qui occuperont ainsi le devant de la scène.

 

  Soyons honnêtes, le synopsis peut laisser perplexe. Il n'est en effet pas rare que des séries animées se contentent de mettre des personnages plus jeunes au premier plan dans un seul but mercantile. Néanmoins la véritable réussite de Young Justice est de tirer pleinement parti de la jeunesse de ces personnages pour alimenter la richesse de son récit. Les héros de Young Justice sont des adolescents avec ce que cela implique de chaos identitaire et de désir d'émancipation. Ils sont ainsi inexpérimentés, maladroits, parfois en proie au doute ou subissant le poids du prestige de leurs aînés. Young Justice parvient par ce biais à crédibiliser et humaniser ces personnages comme jamais une série DC n'y était parvenue jusqu'à maintenant, le soin apporté aux héros constituant la qualité première de la série.

 

  Young Justice opère également une évolution plus que bienvenue dans les séries animées DC: une véritable continuité entre les épisodes de la série. Tout en mettant en place une intrigue plus consistante, cette continuité des épisodes accentue également l'évolution réelle des personnages gagnant progressivement en maturité. De surcroît, les scénaristes redoublent d'ingéniosité pour ne pas confier des aventures de seconde catégorie aux jeunes héros, trouvant en permanence des prétextes intelligents pour qu'ils constituent de véritables soutiens à la Ligue des Justiciers.

 

Cinq ans plus tard, Dick Grayson est devenu Nightwing et le superviseur de l'équipe, occupant ainsi le même rôle que Batman dans la saison 1. Jason Todd étant décidément trop hardcore pour les séries animées, c'est Tim Drake qui est désormais présent en tant que Robin.

 

 

  En parallèle de toutes ses qualités narratives, la réalisation n'est également pas en reste. Le design est globalement inspiré, même si les personnages principaux sont clairement privilégiés en charisme, néanmoins c'est du côté de l'animation que Young Justice opère un travail remarquable offrant des affrontements spectaculaires et fluides appuyés par des effets spéciaux de toute beauté. Si Young Justice flatte la rétine, l'oreille du spectateur n'est pas délaissée avec un doublage américain remarquable même s'il opère à nouveau un renouvellement complet de casting. Sans atteindre l'excellence des doublages de Batman TAS et Superman TAS, la version française de Young Justice a également de quoi se défendre opérant comme toujours une continuité appréciable dans les voix (Adrien Antoine et Emmanuel Jacomy en tête) même si à titre personnel j'ai éprouvé pas mal de difficultés avec le choix de Donald Reignoux pour Robin, lui préférant largement Alexis Tomassian (habitué du rôle) ou même Mathias Kozlowski (qui l'avait incarné dans Teen Titans). Toujours dans la bande sonore et parce que la perfection n'est pas de ce monde, il est malheureusement regrettable que les musiques soient si anecdotiques contrairement aux superbes compositions des anciennes séries DC, même le générique fait ici pale figure.

 

  Paré de toutes ses qualités, Young Justice fait également parti de ces séries exploitant habilement sa longévité et grâce à sa continuité narrative ne fait que gagner en intérêt sur le long terme. La série refuse de surcroit la stagnation et opère durant la saison 2 un saut de cinq ans dans le temps. Le récit exploite habillement cette ellipse temporelle avec une évolution notable des principaux protagonistes, néanmoins la série en profite également pour agrandir de manière conséquente son casting. Certains héros principaux de la première saison sont ainsi délaissés au profit de nouveaux personnages, malheureusement moins charismatiques, et qui de part leur nombre ont tendance à éparpiller inutilement l'intrigue. En ce sens, la série commet également, dans une moindre mesure, la même erreur que Bruce Timm et son équipe lors de la transition entre Justice League et Justice League Unlimited, cette dernière série ayant été plombée par la surenchère de personnages délaissant les sept héros fondateurs. Young Justice peut néanmoins toujours compter sur la continuité narrative entre les deux saisons pour maintenir son intérêt, d'autant que la conclusion de l'épisode 7 démontre que les scénaristes savent clairement dans quelle direction mener leur intrigue. C'est donc avec une sincère impatience que le retour de la série est attendu pour Septembre prochain.

 

 

Les nouveaux protagonistes ne sont malheureusement pas tous charismatiques.


  D'ici là vous l'aurez compris, de la même manière que les jeunes héros de Young Justice se hissent à la hauteur de leurs mentors, les jeunes enfants d'aujourd'hui n'auront plus à rougir face aux séries animées de notre jeunesse, ils ont désormais leurs propres héros à suivre sur petit écran et force est de reconnaître qu'ils ont désormais de quoi rêver. De votre côté, si vous êtes encore réceptifs aux séries animées intelligentes, bien écrites et audacieuses, il n'y a aucune raison que vous restiez bloqués devant la jeunesse des super héros de Young Justice, vous finirez par les apprécier et suivre leurs aventures avec l'enthousiasme d'un gosse.

 

Publié dans Séries

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