Starwars The Clone Wars: "Que la fête commence! "

Publié le par Leon9000

Le nouveau visage de Starwars s'est finalement dévoilé. Succédant au premier dessin animé en 2D portant lui aussi sur la guerre des clones, une deuxième série Clone Wars voit ainsi le jour et relate ce conflit titanesque dont Luke Skywalker avait fait mention dans les origines mêmes de la saga (une erreur de traduction française remplaçant "la guerre des clones" par "la guerre noire" avait malheureusement privé le public français de cette allusion). Appuyée par un design singulier, cette série se voit réservée le privilège d'une sortie dans les salles obscures, les trois premiers épisodes ayant été rassemblés pour une version cinématographique. Il s'agit bien d'un luxe que seul Georges Lucas peut se permettre et c'est donc sur grand écran que Starwars montre sa nouvelle facette.

Lucasfilm Ltd.



L'introduction du film ne fait que renforcer les inquiétudes qui pesaient autour de ce projet. Outre le massacre du générique d'ouverture sur un remix maladroit du thème de John Williams, Clone Wars débute sur une présentation du conflit intergalactique portée par la voix d'un commentateur des années cinquante. Loin d'accentuer l'importance du conflit, cette entrée en scène le discrédite au contraire et fait craindre le pire pour la suite. Pourtant, une fois que la première bataille du film fait son apparition, c'est avec une agréable surprise que l'on découvre un divertissement très relâché où se dresse un amusement beaucoup plus détendu que dans les derniers films de la saga. Clone Wars se focalise sur des ingrédients simples, décomplexés et qui ramènent au divertissement pur qu'avait autrefois offert Starwars. Entre la fureur du champ de bataille et les exploits des chevaliers Jedi, la saga retrouve ainsi une certaine magie perdue.


Il est d'ailleurs étonnant de constater à quel point les personnages emblématiques de la saga, à savoir Obi Wan Kenobi et Anakin Skywalker, apparaissent plus charismatiques en animation que dans les derniers films. Obi Wan affiche en effet une légèreté et une auto-dérision qui le rapprochent du personnage serein et sympathique qu'avait incarné Alec Guinness. Et que dire d'Anakin qui dégage enfin une véritable sympathie de part ses actes héroïques dans les batailles (où il prend souvent le premier plan) mais aussi grâce à sa relation avec sa Padawan effrontée qui le montre sous un jour moins égocentrique et plus humain, bref dans une apparence bien plus amicale que le personnage interprété par Hayden Christensen.

La relation entre les deux personnages, qui s'apparente à un lien frère-soeur, a finalement le mérite d'apporter un regard beaucoup plus sympathique sur Anakin, le pilier central de la saga.


Malheureusement une fois passée la première demi heure où les diverses péripéties se laissent suivre avec un enthousiasme inattendu, l'oeuvre montre rapidement ses limites et ses défauts prévisibles prennent de l'importance. En premier lieu vient son intrigue médiocre, principalement focalisée sur l'action et qui tente de fournir une explication aux multiples affrontements par le biais d'un complot rébarbatif et lassant. Clone Wars est également tourné vers un jeune public, il en découle ainsi un humour beaucoup trop enfantin et une absence totale d'intensité dramatique.

Il apparaît très vite évident qu'il ne s'agissait pas d'un film prévu initialement pour sortir dans les salles obscures car sa construction est beaucoup trop marquée par l'empreinte de la télévision. Il en résulte ainsi un nombre important de scènes inutiles mais qui ne seraient peut être pas déplacées dans les épisodes d'une série. Le divertissement rafraîchissant offert par le film est au final terni par une lassitude dans son déroulement, ses faibles ambitions narratives ne parvenant pas à se faire oublier même si quelques parallèles avec l'ancienne trilogie se laissent apprécier. Un dénouement ultra expéditif vient malheureusement confirmer l'impression que cette oeuvre n'a pas sa place au cinéma.

Sur le plan visuel, si la réalisation est efficace pour dépeindre la férocité d'une bataille, elle manque cruellement d'audace et d'ingéniosité pour conférer de l'intensité aux combats de sabres lasers, qui sont de surcroît alourdis par la faiblesse de leur trame narrative. Quant à la musique (l'une des qualités principales de la saga, est t-il besoin de le rappeler) , l'absence de John Williams se fait immédiatement sentir. Le thème principal a subi une mise à jour bien médiocre et aucun des autres thèmes connus des six films ne refait son apparition. La bande son privilégie davantage des compositions se rapprochant de celles d'un certain Hans Zimmer et qui usent parfois même de guitares électriques dans une orientation rock. Si la musique est ainsi déconcertante, elle appuie néanmoins honorablement l'action en accentuant son dynamisme et son énergie, même si elle est à des années lumières de la magie des morceaux de John Williams. Le doublage français est quant à lui le même que celui des précédents films, ce qui contribue à l'immersion.

Il est regrettable que le film n'affiche pas davantage d'ambitions dans son scénario, trop tourné vers un usage télévisuel.


Même si le plaisir de revoir Starwars dans les salles obscures est indéniable, Clone Wars reste un assemblage d'épisodes qui n'ont pas été conçus pour le cinéma et l'ensemble prend ainsi inévitablement l'allure d'attrape-pigeons de la part de Lucas qui y a vu une nouvelle occasion de s'enrichir un peu plus sur sa saga fétiche. Néanmoins, ce premier aperçu laisse deviner un avenir prometteur pour la série. Si Clone Wars affiche cette même atmosphère décomplexée et légère tout en faisant preuve de davantage d'audace et de diversité dans sa narration, la série aura toutes les qualités requises pour convaincre et emporter de nouveau ses spectateurs dans une galaxie lointaine. La réponse commencera à venir le 3 octobre avec la diffusion des deux premiers épisodes de la série. Espérons que la Force sera avec eux.



Publié dans Films vus en salles

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