Transmutation humaine, automail, alchimiste d'état et homonculus: bienvenue dans la vie mouvementée du (petit) Full Metal Alchemist

Publié le par Leon9000

Full Metal Achemist…Pour beaucoup, cette œuvre tient une place à part dans l’univers du manga. Lors de sa diffusion sur Canal +, le dessin animé a rappelé à tous la vraie force de l’animation japonaise et a ravivé la passion du manga dans bien des cœurs. Depuis le succès de la série télé, le manga original sort à un rythme régulier en France et c’est à l’occasion de la sortie prochaine d’un nouveau tome du manga qu’un article est consacré à cette grande œuvre. Toutefois, le dessin animé étant davantage connu et étant pour beaucoup la meilleure facette de Full Metal Alchemist, une fois n’est pas coutume c’est par la série animée et non par le manga que l’analyse va se porter en premier lieu.

 

 

A gauche le grand frère, à droite le petit frère. Non, non, il n'y a pas d'erreur.

 

Ce qui frappe à la vision de Full Metal Alchemist est l’originalité de son univers. Que ce soit dans la simple construction de l’intrigue, sur le plan visuel ou dans les thèmes abordés, le dessin animé s’écarte largement des schémas classiques des mangas qui il faut l’avouer ont tendance à beaucoup se répéter. Ici l’intrigue domine, les combats prennent pour une fois une part minoritaire pour davantage se concentrer sur la psychologie des personnages et les thèmes philosophiques abordés tels que la foi en la science ou le rapport à la mort. Les personnages symbolisent cette originalité par leur charisme particulier et leur histoire spécifique. Full Metal Alchemist témoigne d’une réelle volonté d’éviter les clichés du genre et d’aller le plus possible vers l’inhabituel et l’inattendu, ce qui lui confère un grand avantage comparer à bien des mangas qui s’appuient surtout sur des univers attrayants sans faire forcément de vraie recherche dans l’intrigue.

 

Et cette ambition de surprendre le spectateur se manifeste en grande partie par les changements extrémistes d’ambiance au sein de la série. L’atmosphère de Full Metal Alchemist subit en effet à maintes reprises des virages parfois très brutaux, ce qui a pour but de surprendre le spectateur ne pouvant s’habituer définitivement à une ambiance établie, ce qui constitue à la fois la plus grande force et la plus grande faiblesse de la série. Sa plus grande faiblesse car après avoir baigner dans une intrigue plutôt sombre, la série prend parfois une orientation à caractère beaucoup plus enfantin, avec des suites d’épisodes au ton léger et naïf succédant à de lourdes séquences dramatiques. Aussi le spectateur ne sait pas forcément toujours à quoi s’attendre au fil des épisodes. Mais également sa plus grande force et la série témoigne là d’une grande ingéniosité. En effet, après avoir fait évoluer ses héros dans un cadre très calme voir enfantin, la série habitue le spectateur à une certaine légèreté dans l’intrigue. Et soudainement un rebondissement dramatique survient et parce qu’il n’y est pas préparé et même au contraire conditionné à une atmosphère beaucoup plus paisible, le spectateur se prend le drame en pleine figure et l’efficacité de l’effet provoqué est ainsi doublée et beaucoup plus forte. Inversement, après une ambiance sombre et pesante, un épisode totalement centré sur l’humour est d’autant plus appréciable et reposant. Le changement d’atmosphère dans Full Metal Alchemist est fréquent et quelque soit l’ambiance choisie, la série fait preuve d’une grande efficacité pour la mettre en valeur, aussi faut t-il juger de la série dans son intégralité et surpasser quelques épisodes enfantins qui sont surtout là pour préparer une suite plus dramatique.

 

 

 

 

Les changements fréquents et ingénieux dans l'ambiance de la série témoignent de l'originalité remarquable du dessin animé.

 

Et bien sûr, pour parvenir à alterner si efficacement des ambiances si différentes, il fallait que la mise en scène de la série soit à la hauteur. La réalisation de Full Metal Alchemist est réellement de grande qualité, qu’il s’agisse de mettre en valeur l’humour, les scènes d’actions ou les drames la mise en scène parvient à s’adapter à chaque contexte et offre une très belle performance. Les dessins sont soignés et les excellentes touches de couleurs aident beaucoup au charisme des personnages ou à l’impact des différentes ambiances,  la qualité des effets spéciaux est également à souligner de même que la très belle musique moins répétitive que dans l’ensemble des mangas. Enfin, il convient de préciser que la diffusion du manga en France a été facilitée par la bonne qualité du doublage français et l’absence de censure dans les dialogues ou dans la violence, comme cela devrait être plus souvent le cas dans les mangas. Merci donc à Canal + d’avoir diffusé ce grand dessin animé qui conserva toujours sa part d’originalité et de surprise jusqu’à son étonnant dénouement. Il serait d’ailleurs très agréable que Canal + se décide enfin à réinstaurer une section Mangas dans son programme, ayant été la seule chaîne à diffuser des Mangas récents et dignes de ce nom plutôt que laisser les spectateurs se retaper la millième rediffusion de DragonBall Z sur le câble. Quoiqu’il en soit, le succès de la série en France appelait bien sûr à la parution du manga original qui arrive donc plus tardivement que son adaptation en dessin animé pour une raison assez particulière.

 

 

La réalisation excellente de la série animée permet le fonctionnement total de la créativité de l'oeuvre.

 

Mais voyons d’abord ce que donne ce manga original. Bien sûr la lecture des premiers tomes se fait avec le souvenir des premiers épisodes de la série et ainsi le manga se révèle au départ assez décevant. La qualité des dessins est en effet plutôt médiocre comparer à la finesse de ceux du dessin animé et si le découpage des images est assez réussi, il est loin d’égaler la grande qualité de la mise en scène de la série animée. De plus, le Mangaka traite l’univers de manière beaucoup plus humoristique que le dessin animé, et si le changement d’ambiance est toujours présent, il se révèle moins percutant en raison de cette trop grande part consacrée à l’humour, même si l’originalité de l’œuvre reste toujours forte. Aussi, on considère au départ le manga comme la base d’une adaptation en dessin animé beaucoup plus aboutie, seulement survient alors un événement assez inhabituel : la rupture pure et simple avec le dessin animé. Pour expliquer clairement, le processus des adaptations des mangas en dessins animés est souvent ridicule, car la production du dessin animé finit par rattraper le développement du manga, et à ce moment là, la production du dessin animé exige de continuer à réaliser des épisodes, mais en n’ayant plus le manga original comme base et en devant se restreindre dans la créativité afin de ne pas s’étaler sur la suite du manga. Aussi, la production peut très bien dans le pire des cas réaliser des dizaines d’épisodes inutiles et médiocres pour attendre la suite du manga mais faisant ainsi baisser la qualité générale du dessin animé, comme avec Naruto ou encore réaliser un chapitre entier indépendamment du manga, un chapitre pouvant être réussi mais en sachant que si le succès du manga s’atténue, la production du dessin animé pourra être stoppé et ainsi le dessin animé aura consacrer son temps à des intrigues indépendantes du manga plutôt que d’adapter le manga dans son intégralité (et là, les chevaliers du zodiaque en sont un parfait exemple) .

 

Bref, le problème est complexe mais assez ridicule dans son fondement et il n’en sort souvent que du négatif, autant pour le manga que pour le dessin animé. Et bien Full Metal Alchemist échappe habilement à ce processus stupide et la série manifeste encore son originalité même dans son développement. En effet, lorsque le dessin animé arriva au même niveau que le manga, le Mangaka donna son accord avec enthousiasme pour que la série suive son propre chemin dans l’intrigue et que le manga aille de son propre côté. Ainsi, la série animée avait une liberté totale dans sa créativité et pouvait assurer en toute tranquillité son développement sans avoir le soucis de suivre le manga. C’est pourquoi la série animée sera terminée bien avant le manga original et arrivera avant celui ci en France. Et de son côté, le Mangaka a en plus la chance d’avoir deux histoires différentes pour son même univers et peut ainsi continuer à son rythme le développement du manga. Le projet aurait pu être risqué mais c’était sans compter le talent des scénaristes de la série qui sont parvenus à donner une suite parfaitement crédible et réussie à Full Metal Alchemist, alors que le Mangaka avait visiblement prévu une orientation très différente.

 

En effet, si la série et le manga se suivent assez correctement pendant un long moment, lorsque survient le point de rupture, la lecture du manga surprend beaucoup, les évènements narrés sont forts différents de celui du dessin animé, et le statut de certains personnages est quasiment opposé entre le dessin animé et le manga. Ainsi, depuis plusieurs tomes, la lecture du manga Full Metal Alchemist est bien plus intéressante, car le lecteur découvre une autre suite très différente de celle qu’il connaît mais tout aussi intéressante. Quand à savoir quelle est la meilleure intrigue entre celle du dessin animé et celle du manga, il est encore trop tôt pour le dire, le manga accorde davantage de place à l’humour et l’action mais reste dans un esprit similaire que celui du dessin animé. Il faudra que le Mangaka se surpasse pour créer un dénouement aussi réussi que la surprenante fin du dessin animé mais quelques éléments narratifs dispersés dans les volumes laissent penser que ce pourrait bien être le cas.

 

 

 

Le manga, au premier abord moins intéressant que le dessin animé, propose une toute nouvelle intrigue aussi passionnante que celle de la série animée.

 

 

 

Il convient de préciser qu’il vaut donc mieux découvrir Full Metal Alchemist en dessin animé qu’en manga. Si le débat entre manga et dessin animé reste ouvert dans nombre de cas, la supériorité du dessin animé Full Metal Alchemist est assez écrasante par la grande qualité de sa réalisation et sa plus grande maîtrise que le manga dans le développement de l’intrigue, les atouts du passage en dessin animé étant de surcroît parfaitement maîtrisés. Il est ensuite très agréable de découvrir une toute autre suite à l’intrigue de base qui offre un intérêt certain au manga, même si on est fous de dessins animés. Ceux qui ne jurent que par les mangas pourront bien sûr également suivre l’œuvre originale en premier et il serait intéressant de voir leur avis sur le dessin animé même si la logique du parcours de Full Metal Alchemist implique davantage de voir en premier le dessin animé et le manga ensuite (celui ci ayant quand même été conçu dans le soucis de se différencier de l’intrigue finale proposée par le dessin animé). Quoiqu’il en soit, Full Metal Alchemist est une œuvre majeure qui est sans doute la mieux rêvée pour commencer à découvrir l’univers des mangas.

 

Il n’est pas à douter que la série est l’une des nombreuses composantes de l’énorme regain d’intérêt des mangas en France, le succès du dessin animé est tel que la série animée est l’une des rares (la seule ?) à avoir une fiche personnalisée sur Allocine. On peut donc espérer que cet immense succès amènera à une deuxième saison de Full Metal Alchemist, la fin de la première saison laissant une large ouverture pour la suite. On pourrait également penser à une adaptation en dessin animé de l’intrigue propre au manga, cette solution étant aussi intéressante que la première. Pour l’heure, quelques OAV ont été disponibles mais il s’agit d’histoires très légères qui constituent surtout un bonus pour les fans et ne s’insèrent pas vraiment dans l’intrigue du dessin animé. Beaucoup moins anecdotique par contre, un film a depuis un long moment déjà été diffusé et il est la suite directe de la fin du dessin animé. En attendant une sortie certaine du film en DVD, il est déjà disponible sur Dailymotion et sa critique est à venir sur ce Blog. Au final, le Full Metal Alchemist et son grand frère de métal ont encore un bel avenir devant eux, et leur communauté de fans est certainement appelée à s’agrandir par la suite.

Pour finir, quelques uns des trés jolis et trés nombreux artworks que l'on peut trouver sur Internet.



Publié dans Mangas

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Vandendriessche Ange 07/06/2007 16:12

QUOI? L'animé supérieur au manga?MAIS IL EST DINGUE O_o


le manga bat largement l'animé dès le tome 9!!! L'animé est vraiment moins bon! est-il nécéssaire de préciser que l'animé est le scénario non officiel????

C'est une question de gout bien sur mais la majorité des personnes preferent le manga a l'animé!!! Et ceci est HEUREUSEMENT e,n train de changer en france!


Fullmetal doit retrouver ses titres de noblesse dans ce pays et non uniquement au japon et aux usa!!! En france l'animé masque trop l'exceptionnel manga....